Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10 mars 2021

Yanic, l'art du textile

A l'heure où le Centre des monuments nationaux prépare l'ouverture d'un parcours muséal au sein de l'abbaye de Beaulieu consacré principalement à l'art des années 1950-1970 grâce au don de la collection Brache-Bonnefoi, nous voudrions présenter une artiste tout à fait méconnue, mais dont le travail est caractéristique des recherches matiéristes et abstraites des avant-gardes de l'époque. 

Yanic est née en 1944 dans le sud de la France. Elle fut ensuite active à Paris, entre 1968 et 1980. Elle s'est exprimée à travers l'art du textile dans des compositions murales parfois monumentales. Elle travailla principalement la corde et le tissage. Son œuvre est assez proche des recherches de Sheila Hicks (Etats-Unis/France, 1934) et de Magdalena Abakanowicz (Pologne, 1930-2017).

Nous présentons ici une série d'œuvres caractéristiques de son travail.

Yanic_001.jpeg

Yanic_002.jpeg

Yanic_003.jpeg

Yanic_004.jpeg

Yanic_006.jpeg

Yanic_009.jpeg

Yanic_005.jpeg

Yanic_010.jpeg

(détail de l'œuvre précédente)

Yanic_007.jpeg

maquette

Yanic_008.jpeg

Yanic_011.JPEG

Yanic a reçu une médaille de bronze à la triennale du textile Arts Fabric and industrial textile, à Lodz en Pologne, en 1978, pour cette œuvre de intitulée Espace claustral (détruite) :

Yanic_012.JPEG

Portraits de l'artiste au travail dans son atelier à Paris au milieu des années 1970 :

2011-02-07 001.jpg

Yanic_018.jpg

18 janvier 2021

Colloque sur les envois de Rome

L'Institut national d’histoire de l’art organise un colloque (en visio-conférence) les 21 et 22 janvier 2021 sur le thème :

Académisme et formation artistique au XIXe siècle :
les envois de Rome en question

Ce colloque présente la diversité des recherches actuelles sur le système académique et les arts visuels. En effet, la mise en ligne sur AGORHA d’une base de données exhaustive des envois des pensionnaires peintres et sculpteurs de la Villa Médicis de 1804 à 1914 (environ 1600 entrées dont près de 600 illustrées) permet de susciter de nouvelles approches. Les notices sur les œuvres et les artistes sont accompagnées de ressources documentaires et archivistiques, notamment la transcription complète des rapports de l’Académie sur les travaux des pensionnaires. Le colloque souhaite mettre en lumière les apports multiples d’un tel outil sur la formation des artistes au long du XIXe siècle et sur les créations des artistes passés par la Villa Médicis et leur réception en France.

Il s’inscrit dans le prolongement des manifestations organisées par la Villa Médicis en 1997, 2002 et 2017 sur l’Académie, son histoire et ses acteurs, et dans la suite d’expositions fondatrices telles que Maestà di Roma. D’Ingres à Degas. Les artistes français à Rome (2003) ou 350 ans de création. Les artistes de l’Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours (2016).

En partenariat avec l’Académie de France à Rome-Villa Médicis et l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France


Comité d’organisation
Olivier Bonfait (université Bourgogne-Franche-Comté), Antoine Courtin (INHA), Servane Dargnies (Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris), Jérôme Delaplanche (Centre des monuments nationaux), Pierre-Yves Laborde (INHA), France Lechleiter (historienne de l’art)

Sans titre 1.jpg

Programme :

Jeudi 21 janvier

9h15 : Accueil par Éric de Chassey, directeur général de l’INHA

9h30 : France Lechleiter (historienne de l’art) et Antoine Courtin (INHA)

La mise en données des envois de Rome : méthodologie et exploitations

10h : Olivier Bonfait (université de Bourgogne-Franche-Comté, LIR3S, UMR 7366)

Les envois de Rome : état et perspectives de recherches

10h20 : Discussion

 

Session 1 - Collections, archives et expositions

Modération : Jérôme Delaplanche (Centre des monuments nationaux)

10h35 : Corinne Jouys-Barbelin (musée d’archéologie nationale et domaine national de Saint-Germain-en-Laye)

L’Académie de France à Rome et la Villa Médicis, deux siècles d’histoire commune. Retour sur ses archives.

10h55 : Alice Thomine-Berrada (Beaux-Arts de Paris)

Exposer les envois de Rome : l’exemple des copies conservées à l’École des beaux-arts

11h15 : Discussion

11h25 : pause

11h35 : Débat « Exposer les envois de Rome » avec Olivier Bonfait, Christophe Leribault (Petit-Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris), Alice Thomine-Berrada et Arnaud Valdenaire (Château-Musée de Nemours).

Session 2 – Envois de Rome : études de cas

Modération : Francesca Alberti (Académie de France à Rome-Villa Médicis)

14h05 : Michaël Vottero (DRAC Bourgogne-Franche-Comté)

Le dernier envoi du sculpteur Hippolyte Bonnardel

14h15 : Lisa Laborie-Barrière (musées de Salon-de-Provence)

Les envois de Rome d’Eugène Piron

14h25 : Morgane Hamon (historienne de l’art)

Photographie, peinture, Photographie : les envois de Rome d’Alexis Axilette

14h35 : Patrizia Celli (Académie de France à Rome-Villa Médicis)

Les envois de Rome de Lucienne Heuvelmans

14h45 : Discussion

 

Session 3 - Lexique critique, discours sur l’art

Modération : Catherine Méneux (université Paris I Panthéon-Sorbonne)

15h05 : Lucie Lachenal (Labex CAP)

Les envois de Rome sous le feu croisé des académiciens et des critiques d’art (1814-1830)

15h25 : Servane Dargnies-de Vitry (Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris) 

Académie versus critiques : oppositions de fond et luttes professionnelles autour des envois de Rome (1830-1848)

15h45 : Paul Perrin (musée d’Orsay)

« Il y avait longtemps (…) que l’École de Rome n’avait envoyé une page de cette importance » : Bouguereau et les espoirs (déçus) de la critique

16h05 : Discussion

 

Conférence

Modération : Barthélémy Jobert (Sorbonne Université)

16h30 : Marc Gotlieb (Williams College, Williamstown)

« Formation réelle, formation imaginaire, formation impossible »

 

Vendredi 22 janvier

Session 4 - Entre stratégie et explorations singulières : les enjeux des envois de Rome

Modération : François-René Martin (Beaux-Arts de Paris, École du Louvre)

9h05 : Claire Dupin de Beyssat (université de Tours, InTru)

Entre formation et distinction : le rôle du Prix de Rome et de la Villa Médicis dans les carrières artistiques

9h25 : Mehdi Korchane (musées d’Orléans)

Des envois sous influence ? Ingres et le nu féminin dans les envois de Rome de la première moitié du XIXe siècle

9h45 : Sara Vitacca (université Paris I Panthéon-Sorbonne)

Les envois de Rome et les copies d’après Michel-Ange : quelques considérations autour d’une fascination tardive

10h05 : France Lechleiter (historienne de l’art)

Le cas Lucien Doucet : mise en œuvre des stratégies de la modernité à l'École de Rome dans les années 1880-1890

10h25 : Louis Deltour (université de Genève)

Une révolution de salon ? La stratégie décorative des Envois de Louis Billotey et Jean Dupas

10h45 : Discussion

11h15 : pause

 

Session 5 - Horizons européens et américains

Modération : France Nerlich (INHA)

11h30 : Pierre Sérié (université de Clermont-Auvergne)

Ces envois de Rome qu'il aurait fallu à la Villa Médicis : les « équipes » de l'American Academy au travail  

11h50 : débat de clôture avec Fabio d’Almeida (centre allemand d’histoire de l’art, Paris), Giovanna Capitelli (université de Rome III), Pénélope Curtis (historienne de l’art) et Pierre Sérié

 

Capture INHA.PNG

04 janvier 2021

Les graveurs à l’Académie de France à Rome

Force-Fields_Cover-Large_v1.jpg

Sarah Linford et Devin Kovach ont publié un ouvrage précieux et fort documenté sur le rôle de Rome dans l'histoire de l'estampe jusqu'à sa pratique contemporaine : Force field, Rome and Contemporary Printmaking.

J'ai eu l'honneur d'y contribuer avec un article sur la place de la gravure à l'Académie de France à Rome : "French Printmakers in Rome. The Case of the Villa Medici French Academy".

fig_4.jpg

Jean-Pierre Velly, Rosa au soleil, 1968

FORCE FIELDS Rome and Contemporary Printmaking
Dirigé par Sarah Linford et Devin Kovach
EAN: 978-8-86060-882-6
Publication: décembre 2020
224 pages

publié par Palombi Editori et Temple University Press

23 décembre 2020

Une tradition révolutionnaire - nouvelle parution

L'Académie de France à Rome vient de faire paraître les actes du dernier colloque que j'avais organisé à la Villa Médicis et probablement celui qui me tenait le plus à cœur : Une tradition révolutionnaire. Les arts figuratifs de Rome à Paris 1905-1940

tradition révolutionnaire parution.jpg

L’étude renouvelée de l’art du premier XXe siècle est apparue comme une nécessité inattendue au moment de la préparation de l’exposition sur l’histoire artistique de l’Académie de France à Rome, 350 ans de création.  L’ambition de l’exposition était de présenter de manière équilibrée toutes les périodes historiques de l’Académie en montrant ce que les pensionnaires avaient pu produire lors de leur séjour au sein de l’institution. Si les Houdon, Fragonard, David, Ingres et Carpeaux s’imposent d’eux-mêmes, s’il est toujours plaisant de valoriser Luc-Olivier Merson, Alexandre Cabanel ou Henri Régnault, le XXe siècle « académique » devenait tout de suite plus mystérieux.
Pour se limiter à sa première moitié, les noms d’artistes que l’on pouvait regrouper n’occupent guère les cimaises des musées d’art moderne nationaux et encore moins les cours d’histoire générale de l’art de l’université française ou de l’École du Louvre. Quand bien même ils s’y trouvent présentés ou cités, c’est le plus souvent dans une optique dépréciative, selon l’accusation d’un art « antimoderne », la figuration traditionnelle devenant par essence « réactionnaire ».

L’effort accompli depuis quarante ans pour étudier sans préjugé ni mépris l’art autrefois dit « pompier » n’a donc pas, selon toute apparence, été porté sur les décennies suivantes et sur les artistes attachés à une forme de continuité stylistique avec l’Antique et Raphaël. Le présent volume entend poser un jalon dans la connaissance de cette immense production artistique marginalisée par un positionnement idéologique et politique encore aujourd’hui omniprésent.

pougheon_amazones 1926.jpg

Robert Pougheon, Amazones (qui est la toile à l'origine de l'expression "tradition révolutionnaire" due au critique Raymond Bouyer), 1926, huile sur toile, 240 x 240 cm


Cet ouvrage entreprend alors l'étude de cette part maudite de l’art français du premier XXe siècle, l’art « académique », au sens propre comme au sens figuré. Réécrire cette histoire de l’art en y intégrant des tendances longtemps écartées au nom d’un dictat moderniste qui s’est érigé en norme absolue du droit d’entrer ou non dans l’histoire, tel est l’objectif des auteurs de cet ouvrage. Il ne s'agit pas de remettre en cause la suprématie du moderne que de remettre à leur place les productions figuratives entre 1905 et 1940, en privilégiant celles, souvent décriées, des Prix de Rome.

Cette publication permet ainsi de découvrir des artistes bien plus originaux et divers que ne le laisse prévoir le discours convenu, et il semble, dès lors, bien vain de se demander s’ils étaient académiques, antimodernes, modernes qui s’ignorent, voire d’arrière-garde…
Et s’ils représentaient une tradition révolutionnaire, propre à faire exploser les rhétoriques et les positionnements idéologiques de notre discipline ?

 

Une tradition révolutionnaire. Les arts figuratifs de Rome à Paris 1905-1940

Sous la direction de Jérôme Delaplanche et Dominique Jarrassé
Publié par l'Académie de France à Rome - Villa Médicis en partenariat avec le Centre François-Georges Pariset, Université Bordeaux Montaigne

Ouvrage issu de l’atelier de recherche Autour des Prix de Rome 1905-1945 : l’art figuratif au temps de l’art déco (Académie de France à Rome – Villa Médicis : 14-16 mai 2018 ; Musée Bourdelle : Paris, 4-5 octobre 2018)

Le sommaire se découvre en cliquant ici.

 

26 septembre 2020

Femmes artistes - une hypothèse

L'explication universellement retenue pour justifier la place minime occupée par les femmes dans la création artistique à travers les siècles est une explication sociale. Les femmes auraient été empêchées (par les hommes) de s'exprimer par les arts.

Je voudrais proposer ici une autre hypothèse, disons une hypothèse complémentaire.

Deux remarques liminaires. On doit faire une distinction entre les conditions de l'activité artistique avant le milieu du XXe siècle et après. Or, même si dans le monde d'avant, les hommes faisaient plus facilement une carrière artistique que les femmes, la chose n'était pas facile pour eux non plus. Il fallait parfois se battre contre sa famille, s'opposer au contexte social pour affirmer son désir créateur.  Donc, se lamenter de la difficulté pour les femmes à être artiste néglige aussi la difficulté pour tout le monde, quel que soit son sexe, de faire une carrière dans le domaine de la création artistique.
Il y a également le contexte plus favorable des familles d'artistes où la pratique relève de la continuité artisanale et où les femmes sont souvent présentes.

Deuxième remarque, il y a eu, malgré tout, des artistes femmes. Donc si une femme avait le désir ardent de créer, d'être artiste, dans certaines conditions c'était tout de même possible. Il ne faut pas surévaluer les barrières, outrer les obstacles à l'affirmation d'un désir créateur. Quand on veut être artiste, on est capable de l'être envers et contre tous. 

Il convient donc selon moi de relativiser la part sociale dans l'empêchement de la création.

Voilà pourquoi je souhaiterais aller plus loin et tenter d'émettre l'hypothèse d'un empêchement essentialiste, c'est-à-dire d'expliquer la présence moindre des femmes artistes avant le milieu du XXe siècle par leur nature même de femme.

S’aventurer dans une carrière artiste est une transgression, le dépassement d'une norme sociale, mais aussi plus profondément c’est obéir à un surgissement de soi qui va à l’encontre de ce que la société accepte. Or les femmes sont en moyenne plus raisonnables, plus sages, plus travailleuses, plus soucieuses de construire. Les hommes sont plus violents, plus transgressifs, plus orgueilleux. C’est pourquoi, c’est mon hypothèse, dans un monde tenu par des usages de sagesse, par un idéal de respectabilité, ce sont les hommes qui ont été plus enclins à exprimer leur nature créatrice, car la transgression fait partie de leur mythologie.

Cette tentative d’explication pourrait permettre de comprendre pourquoi les hommes ont été plus souvent artistes dans un contexte où le Surmoi est puissant, où le qu'en-dira-t-on est un obstacle, où la respectabilité est centrale, où la tradition est le fondement.

Arrive alors le grand tournant du milieu du XXe siècle. Là, les paradigmes changent. L'activité artistique est de moins en moins une transgression sociale. Le mouvement est d’ailleurs similaire à la libération sexuelle. Nous sommes passés dans un monde désormais où ni l'art ni le sexe ne sont des transgressions. Ainsi la sexualité n'est plus empreinte de cette vision noire explorée par exemple par le marquis de Sade ou Georges Bataille. De même, être artiste (même si cela reste une aventure et un risque professionnel) n'est plus du tout aujourd'hui une provocation.

Nous ne sommes plus dans l'âge de la retenue de soi. Naguère, la devise implicite du bon comportement était « Je m'empêche ». Le slogan de notre temps est « Just do it ». C'est exactement l'inverse.

Si aujourd’hui nous avons autant d’artistes femmes que hommes et si, ces premières sont aussi douées que les hommes, c’est parce que pour les unes comme pour les autres, les conditions de création (et l'art même produit) n'a plus aucun rapport avec celles qui précédaient les années 1950.

On le voit bien avec une artiste comme Nikki de Saint-Phalle : elle a assimilé les codes de la transgression mais comme tout le monde à son époque. La transgression devient la norme, la transgression est devenue le discours officiel. Il n’y a donc plus de transgression.

nikki.jpg

Niki de Saint Phalle en train de viser (1972),
photographie en noir et blanc rehaussée de couleur extrait du film Daddy.
 Peter Whitehead

En s'autorisant une analyse freudienne, on pourrait dire que désormais le Surmoi est remplacé par le « Ça » et le « moi, je ». Les publicitaires ont bien compris cette mutation en multipliant les slogans et les discours de ce type : « Venez comme vous êtes », « be yourself ». 
À l’école, de la maternelle au lycée, on apprend aux enfants à « s’exprimer », à se «libérer ». L’éloge de la pulsion créatrice est continuel au cours de la scolarité, à mesure que disparaît  l'apprentissage d'un savoir technique (savoir dessiner, savoir modeler). De surcroît, les références artistiques des enseignants d’arts plastiques sont souvent bornées aux avant-gardes du XXe siècle, c’est-à-dire à un art qui fait de l’anticonformisme la norme, de la transgression une nécessité. Tout le monde se sent alors légitime à exprimer son individualité. Et dans ce nombre des gens qui «expriment ce qu'ils ont au fond d'eux-mêmes », il y a autant de femmes que d'hommes, si ce n'est même plus. Et peut-être que désormais dans cette nouvelle approche de la création artistique, les femmes sont meilleures aujourd'hui que les hommes. À titre personnel, je préfère souvent les artistes contemporains femmes aux hommes. Elles sont souvent à mes yeux moins prétentieuses, moins conceptuelles, plus sensuelles, plus sincères.


Eve Malherbe.PNG

Eve Malherbe en résidence en 2019-2020 à la fondation Dufraine (Chars)

01 septembre 2020

Artistes femmes et histoire de l'art

Les Rencontres Artistiques de Vez sont une initiative de Léopold Legros et Tancrède Hertzog, fondateurs de la Galerie T&L, avec le soutien d'Artcurial et de Francis Briest, propriétaire du donjon de Vez.

Lors de la rencontre du samedi 29 août 2020, j'ai été convié à débattre sur le thème des femmes artistes dans l'histoire de l'art ancien. Voici le contenu de ma conférence suivi des questions-réponses qui ont eu lieu.

 

* * *

Le titre donné à ce débat était "Les femmes dans l’Histoire de l’art : début d’une réévaluation ou approche du plafond de verre ?" et je voudrais commencer par dire que je suis entièrement en désaccord avec celui-ci. Comme si on était, aujourd’hui, en 2020, au début de la réévaluation d’Artemisia Gentileschi ou de Camille Claudel ! Quant à l’expression « plafond de verre », elle renvoie au monde du travail où, semble-t-il, les femmes sont empêchées d’accéder à des postes à responsabilité. Ainsi, il y aurait des artistes femmes dont on ne reconnaîtrait pas le génie parce que ce sont des femmes. Nous allons en débattre. Il s'agit toujours de cette question, de ce mythe complotiste, de "l’invisibilisation" des artistes femmes.

Ainsi, par exemple, l'annonce par France Culture de la dernière exposition Berthe Morizot au musée d'Orsay :

00 France Culture berthe Morizot.JPG

Berthe Morizot, « injustement occultée par Manet, Degas, Monet ». C'est une déclaration absurde et pourtant sereinement affirmée. Comment peut-on faire semblant de ne pas voir la disproportion de l'importance entre ces trois peintres cités et l'aimable talent de Berthe Morizot. Qui ne serait pas occulté par ces trois immenses génies ? Il n'y a aucune "injustice" à être dans leur ombre. Ou alors c'est la vie qui est injuste, et c'est un autre débat !

Sur cette question de la présence des femmes artistes, on mélange sciemment ou inconsciemment deux choses absolument distinctes : les difficultés pour une femme de faire une carrière artistique avant le XXe siècle et la question de la reconnaissance par la postérité. Le néologisme « invisibiliser » signifie rendre volontairement invisible. C’est-à-dire que l'on prétend que ces femmes artistes existent mais qu'elles sont cachées. Pourquoi ? et quand ? (à l’époque de l’artiste, par la postérité critique, jusqu’à récemment ?).

Pour illustrer ceci, je voudrais prendre en exemple une discussion autour de la musique classique, sur les réseaux sociaux, après que le journal Le Monde a fait paraître cet article :

01 compositrices.JPG

J'ai laissé le commentaire suivant :

« Les compositeurs femmes ne sont pas "éclipsées", elles sont simplement méconnues, comme des milliers  de compositeurs masculins.

Pourquoi opposer ainsi les hommes et les femmes ? Jouons et écoutons de la belle musique savante, peu importe le sexe de l'auteur.

Avec cette mentalité sectaire, vous contribuez à l'affaiblissement de l'universalisme qui fonde pourtant notre civilisation. »

Je suis alors pris à partie par un musicologue de l’Université de Cambridge qui me dit :

« Il y a beaucoup de compositeurs femmes qui étaient tout à fait "éclipsées" par des maris, des frères. Pensez (comme exemplaires) de Clara Schumann ou de Fanny Mendelssohn. Plusieurs autres étaient "éclipsées" par les mœurs de l'époque, comme celles du dix-huitième siècle (nommez l'une d'entre elles, si vous le pouvez). Vraiment, il ne s'agit pas du sexisme actuel, mais des circonstances de la vie dans le passé. »

On voit bien que se joue là le nœud de la discussion : une confusion logique et presque sémantique entre les difficultés pour faire carrière à l’époque (ce que personne ne nie) et ma critique d’un financement public pour la découverte d’artiste selon le sexe, avec ici l’idée qu’il y aurait aujourd’hui une chape de plomb sur les compositeurs femmes.

Je réponds alors :

« Oui, précisément. Elles n'ont pas pu faire carrière, elles n'ont pas donné libre cours à leur génie musical. Résultat : il n'y en a (pratiquement) aucune. Donc cela ne sert à rien de faire une archéologie sexiste. Il n'existe pas de Monteverdi femme, de Bach femme, de Mozart femme, de Beethoven femme, de Wagner femme, ni de Debussy femme (même si j'aime beaucoup Lili Boulanger). C'est un fait, c'est ainsi. On peut le regretter, mais c'est un fait de l'Histoire.

Ce que ce site met en œuvre, c'est de la recherche appliquée selon des critères purement sexistes et militants. Les finances publiques sont mises en œuvre pour aller retrouver, étudier, valoriser, des morceaux de musique uniquement parce que l'auteur est une femme. Ce n'est pas un usage républicain des efforts de la recherche académique, c'est du militantisme.

Pourquoi ne pas retrouver, étudier, valoriser, jouer et faire connaître de belles partitions méconnues sans distinction du sexe de l'auteur ? »

Il me répond :

« On ne sait pas qu'il n'existe pas de Monteverdi femme, de Bach, etc. Sans la découverte des compositeurs femmes de n'importe quelle époque, on ne saura jamais. Mais comment les découvrir, étudier, valoriser sinon avec un site Web comme celle-ci ?

Il y a beaucoup de compositeurs masculins qui restent peu connus, c'est vrai, mais les obstacles pour les femmes sont, disons, 100 fois pires ! »

Je lui réponds :

« Non c'est la triste réalité. Sauf, bien sûr, si on parvient à retrouver une compositeur d'exception dont l'œuvre a été oublié. Alors là, je serai le premier à m'en réjouir !

Imaginez, découvrir un nouveau Jean-Sébastien Bach, mais en femme !

D'ailleurs, je me moquerais alors complètement que ce nouveau compositeur soit une femme, je serai juste extatique à l'écoute d'un nouveau compositeur de génie.

Seulement voilà, ça c'est dans les rêves. C’est de la pure rhétorique théorique.

Dans la réalité, il n'existe pas de compositeurs de génies oubliés, de Mozart femme oubliée dont les partitions seraient cachées dans une bibliothèque viennoise, de Beethoven en jupon dont les œuvres seraient à retrouver dans un fonds d'archives inexploré.

Je le regrette, soyez-en sûr ! Mais c'est ainsi. On ne retrouvera pas de nouveaux génies de la musique.

On pourra juste retrouver des œuvres mineures, possiblement intéressantes, oui, mais mineures, de compositeurs hommes ou femmes mineurs.

Et je n'ai pas compris pourquoi il serait 100 fois plus difficile, selon vous, de retrouver des traces de partitions écrites par des femmes dans les fonds d'archives ou dans les bibliothèques ? »

Il ne répond pas à ma question, mais à mon affirmation qu’il n’existe pas de compositeurs femmes majeures, il me dit :

« Et Amy Beach? Et Ethel Smyth? Peu connues, peut-être, mais toutes des "compositrices" de génie. Sans oublier Francesca Caccini qui aurait même inspiré Monteverdi. Et ça se dit historien de l'art... Peut-être mais visiblement pas en histoire de la musique »

Je réponds :

« Vous me citez Amy Beach (1867-1944), Ethel Smyth (1858-1944), Francesca Caccini (1587-1640), je vous réponds Mozart, Chopin, Verdi, Stravinsky. Je crois que la démonstration est faite. »

À partir de là, la discussion s’est emballée. Surgissent d’autres intervenants, puis viennent les inévitables accusations de sexisme, d’ignorance, etc. Une collègue du précédent universitaire intervient et me lance :

« Je gage que vous n'avez écouté ni Hildegarde von Bigen, ni Elisabeth Jacquet de la Guerre, ni Francesca Caccini.

Ce qui est terrifiant c'est de constater que même un soi-disant spécialiste de l'art n'est pas même pas au fait que le manque de notoriété des femmes n'a rien à voir avec leur talent mais principalement avec la volonté des hommes qui craignaient qu'on leur fasse de l'ombre.

Visiblement vous êtes toujours dans ces mêmes schémas alors même que votre métier vous apporte la preuve chaque jour de l'historique domination masculine de la société.

En fait votre intervention est la meilleure preuve qu'un financement public est indispensable : Voilà quelqu'un qui ne connaît rien à la musique. Et qui profite de son titre d'historien d'art pour perpétuer la chape de silence autour des femmes artistes qu'elles ont eu à subir depuis des siècles.

Ce monsieur ne connaît rien de Francesca Caccini (sinon son nom aurait dû le faire réagir, 1601, préface des nuove musiche... qu'elle a mise en pratique... le fondement de la musique baroque) mais se permet de déclarer que les femmes (qu'ils n'écoutent pas, il ne connaît pas non plus Hildegarde ou Elisabeth jacquet de la Guerre) ne sont, par principe, QUE des compositrices mineur.e.s.

Certains hommes en sont encore à se trouver mis en danger quand on met en avant celles que l'histoire a si mal traitées. »

women's studies.jpg

Je lui réponds :

« Je ne pense pas qu'elles sont mineures PARCE QU'elles sont des femmes. Elles sont mineures, c'est tout. Et je ne crois pas non plus que l'on perpétue une "chape de silence" autour des femmes artistes. C'est même exactement le contraire. On fait tout un foin autour de Berthe Morizot, d'Elisabeth Vigée-Lebrun, de Rosa Bonheur ou de Louise Moillon, justement parce que ce sont des femmes, alors que ce sont simplement des peintres honorables mais qu'il n'y a pas non plus à s'extasier.

Et je ne me sens pas "mis en danger". Au contraire, je me réjouis si l'on peut redécouvrir des artistes femmes. (Mais parce que ce sont des artistes, non parce que ce sont des femmes. Je suis historien et mélomane, pas militant) »

Je vous abrège le débat, mais il reste symptomatique du dialogue de sourds. Le dernier échange fut celui-ci. Le musicologue de Cambridge me dit :

« Pour vous, il n'y a pas de "grands compositeurs" femmes parce que tous les "grands compositeurs" sont des hommes ! Même si on ne sait rien des compositeurs femmes ! D'après moi, cela n'est pas une position tenable pour un vrai académique. »

Et je lui réponds :

« Je n'ai jamais dit : "Il n'y a pas de "grands compositeurs" femmes parce que tous les "grands compositeurs" sont des hommes même si on ne sait rien des compositeurs femmes !" Ce serait effectivement absurde.

Voici ma position et ma critique.

1/ L'éducation artistique et les carrières artistiques étant réservées aux hommes avant le XXe siècle, les femmes n'ont pas pu exprimer librement leur talent.

2/ Conséquence : il n'y a pas de compositeurs femmes d'importance avant le XXe siècle.

3/ Je me réjouis des efforts pour mettre en valeur des partitions perdues ou oubliées mais je déplore que le critère d'attribution des financements publics soit un critère sexiste.

4/ Je serais heureux de découvrir de nouvelles œuvres de qualité écrites par des compositeurs femmes inconnues. Mais pas parce que ce sont des femmes, parce que ce seront des belles œuvres. »

 


Fin des débats. 

Cette discussion entre personnes érudites est intéressante pour ce qu’elle révèle des mentalités et de l’opposition entre une recherche académique universaliste et scientifique, et un nouveau mode de travaux universitaires guidés par le militantisme, la revanche, le complotisme, le victimisme.

Il y a quelques mois, pendant le confinement, Nicolas Milovanovic, conservateur bien connu des peintures du musée du Louvre, s’était amusé à faire un petit jeu sur twitter pour élire le plus grand peintre français. À l’imitation des compétitions de football, il avait fait des pools de 4 peintres regroupés par période. Et pour le XVIIe siècle, à côté de Georges de La Tour, de Nicolas Poussin et de Simon Vouet, il y avait … Louise Moillon ! Je lui disais que ce choix était absurde, et il me répondit « Mais que verrais-tu comme peintre femme français du XVIIe siècle alors ? » Mais aucun, cher ami !

En finale, nous avions : Monet, Delacroix, Poussin et... Vigée-Lebrun ! Exit Manet, Watteau, De Stael, Cézanne, Degas, Fouquet, Matisse, Géricault, Chardin, Fragonard, Gustave Moreau, La Tour, Le Nain, Soulages, La Hyre, Ingres, Vouet, Seurat, Toulouse-Lautrec, Fautrier, Gauguin… Place à Vigée-Lebrun ! Fascinante malhonnêteté. Le concours était biaisé pour des raisons sexistes. Et, dans le résultat final, 17% des participants à ce jeu ont voté pour Elisabeth Vigée-Lebrun au titre du plus grand peintre français de tous les temps. Sublime sottise du militantisme.

peintres français.JPG

Au même moment, un concours concurrent est apparu sur Twitter, traitant ce cher Nicolas de sexiste (alors que le pauvre avait tenté coûte que coûte d’introduire des femmes), et qui ne comportait que des peintres femmes. Et j’ai beau être historien de l’art depuis 25 ans, je n’en connaissais aucun (hormis les inévitables Berthe Morisot, Adélaïde Labille-Guillard, Rosa Bonheur, etc.)

Mais le mythe de la femme artiste géniale rendue invisible par les hommes a désormais pris racine. Il est devenu une évidence, alors qu'il est sans cesse contredit par les faits. Des femmes de talent ont pu pratiquer leur art ou ont été empêchées de le pratiquer, mais dans tous les cas, ce qui existe aujourd'hui reste secondaire par rapport à la production artistique masculine. Mais peu importe la réalité, ce qui compte c'est la construction idéologique progressiste. Ainsi le journal Libération, le bréviaire du progressisme, écrit au sujet d'une exposition sur Lavinia Fontana et Sofonisba Anguissola :

02 libé Anguissola.JPG

Or on sait bien qu’elles n'ont jamais été oubliées des historiens de l'art. On les rencontre dans bien des cours sur le portrait à la Renaissance. On les trouve sur le marché de l'art à des prix élevés. Si Libération parle de « redécouverte », c'est simplement que nos contemporains sont ignorants en histoire de l'art. Ce sont deux peintres connues, importantes, étudiées, mais ce ne sont pas non plus des peintres de tout premier plan. À l'époque, Giovanni Battista Moroni qui est leur contemporain, est bien plus génial. Mais je fais le pari que Libération ne connaît pas ce Giovanni Battista Moroni. Lui aussi est un "oublié" alors selon leurs critères, lui aussi mériterait dans ce cas une "renaissance" et une "réhabilitation".

Par ailleurs, on ne saurait distinguer la manière de peindre d'un artiste femme d'un artiste homme. L'essentialisation, c'est-à-dire le fait de tout ramener à l'identité première des êtres, en l'occurrence ici le fait d'être un homme ou une femme, n'entre guère en ligne de compte dans l'étude de la manière de peindre.

02 Lavinia Fontana 1595 Madrid, Fundación Casa de Alba..jpg

Lavinia Fontana, Mars et Vénus, de 1595, Madrid, Fundación Casa de Alba.

Il n'y a donc pas "d'effacement injuste", car il n'y a pas d'effacement tout court. Personne, ni le marché de l'art, ni les collectionneurs, ni les musées, n'efface volontairement la mémoire des peintres parce que ce serait des femmes, refuserait d’accrocher une toile parce que l'œuvre serait peinte par une femme. Le féminisme contemporain est devenu un complotisme.

C'est la même chose par exemple pour Odette Pauvert ou Lucienne Heuvelmans que l'on présente régulièrement désormais comme des « prix de Rome méconnus ». Mais aucun prix de Rome de l’époque n’est connu ! Et s'il fallait les comparer à leurs collègues contemporains, on serait forcé d'admettre que Robert Pougheon est objectivement un bien meilleur peintre qu’Odette Pauvert et que Marcel Gaumont ou Alfred Janniot sont de bien meilleurs sculpteurs que Lucienne Heuvelmans. Et au fond, le plus terrible c’est qu’on ne sait plus dire autre chose de ces artistes femmes : elles ont été en peinture et en sculpture, les premières artistes Prix de Rome. Oui, très bien, et ensuite ? Encore un triste triomphe de l’essentialisation du néo-féminisme d'aujourd'hui.

 

Nous sommes entrés dans une guerre sexiste absurde. Ainsi, la prestigieuse université de Yale aux États-Unis a supprimé le cours d’introduction générale à l’histoire de l’art car il y avait trop d’hommes blancs parmi les artistes (« overwhelmingly white, straight, European and male. »)

03 bis.JPG

Or ce triste positionnement est désormais valorisé dans la politique d'acquisition de bien des musées aujourd'hui, et pas uniquement anglo-saxons. Il faudrait acquérir des œuvres parce que ce sont des œuvres réalisées par des femmes. Il faudrait corriger l’histoire. Ça s’appelle le révisionnisme.

Il ne s’agit pas de nier une réalité historique d’une difficulté de carrière (qui n’était d’ailleurs pas une impossibilité, soyons nuancé). Mais qu’on ne prétende pas qu’aujourd’hui, les femmes artistes sont invisibilisées, ni qu’il y a des génies à redécouvrir, des Raphaël femmes, des Rembrandt femmes, des Fragonard femmes cachées. Il y a des peintres, des artistes, des compositeurs, des écrivains à mieux connaître, mais tout l’art est à mieux connaître. Et si tel était le cas, si un Baudelaire féminin existait, si un Wagner femme était cachée, si un Klimt femme était oublié, mais quelle joie de découvrir un tel artiste ! Montrez-le-nous, vite !

 

Je voudrais conclure cette conférence par un dernier exemple. Voici deux académiciens français : Louis-Philippe de Ségur (1753-1830), membre de l’Académie française, pair de France, maréchal d’Empire, etc, et son fils : Philippe-Paul de Ségur (1780-1873), général, lui aussi académicien, historien, pair de France également. Évidemment personne aujourd'hui ne serait capable de citer un seul titre de leurs ouvrages. Mais le petit-fils du premier fut Eugène de Ségur, pair de France, qui épousa une aristocrate russe Sofia Fedorovna Rostoptchina, autrement dit : la Comtesse de Ségur, qui elle, est un de nos grands auteurs !

Et c’est ça qui est intéressant : qui est-ce que l’histoire de la littérature française retient ? Une femme – qui plus est d’origine étrangère. Qui est-ce qu’elle oublie ? Deux hommes académiciens qui ont combattu pour la France. Et c’est cela que les féministes appellent « invisibiliser les femmes » ? Et c’est cela qu'on appelle « le début d’une reconnaissance », le « plafond de verre » ?

Mais de toute façon, le débat est miné. Critiquer ce militantisme néo-féministe fait de vous un sexiste, surtout quand vous êtes un homme. Le fameux dessin de Voutch résume tout :

voutch 2.jpg

"- Un jour, les hommes et les femmes seront parfaitement égaux, Michalon. Mais pour autant que je sache, nous en sommes toujours à l'épisode 2 : l'Implacable Revanche."

 

* * *

 

A la suite de cette conférence, la salle a vivement réagi. La première remarque fut : "Dire qu'il n'y a pas de femme artiste, c'est nier l'histoire de l'art qui a pour but justement de faire de la recherche et de retrouver des artistes".

J'ai répondu : "Nullement. Continuons la recherche, retrouvons des artistes inconnus et célébrons-les. Mais hommes ou femmes. Et si nous redécouvrons une femme artiste géniale comme on a découvert Georges de la Tour, mais quelle joie  pour nous tous ! Mais j'estime que cette hypothèse de redécouverte est de la pure dialectique théorique".

Deuxième objection : "Mais s'il n'y a pas de femmes artistes c'est qu'on les en a empêchées".

J'ai répondu : "C'est exactement ce que j'ai dit. Mais le (triste) résultat, c'est qu'il n'y en a pas."

Troisième objection : "Je pense qu'il est nécessaire de financer la recherche pour retrouver des artistes femmes. On ne peut ignorer la moitié de l'humanité"

J'ai répondu : "Les femmes artistes représentent numériquement moins de 1% des artistes, comment allez-vous faire pour faire monter ce chiffre à 50 % ?"

offended.JPG

Cette question des compositeurs femmes a rejailli, quelques jours plus tard, sur France Culture (évidemment). Dans une émission, la violoncelliste Héloïse Luzzati explique qu'elle veut valoriser les compositeurs femmes. Elle dit être choquée que dans les conservatoires les noms de salles sont des noms de compositeurs hommes. Elle dit qu'elle trouve "oppressant" de n'avoir jamais joué antérieurement de la musique écrite par une femme.

Voici mon commentaire sous la vidéo de France Culture :

"Que ce féminisme anti-histoire, victimiste et essentialiste est lassant ! Il y a très peu de compositeurs femmes avant la fin du XXe siècle, c'est ainsi. On peut le regretter, mais c'est comme cela. On ne va pas survaloriser des composteurs femmes mineures uniquement parce que ce sont des femmes. Ce qui compte c'est le talent pas l'essentialisation de la personne.

Il y a des centaines de compositeurs hommes méconnus, célèbres en leur temps et aujourd'hui totalement oubliés (Qui connaît Max d'Ollone ?, pourtant vainqueur du Prix de Rome).
Pourquoi ne réhabiliter que des compositeurs qui seraient des femmes ? Pourquoi ne pas réhabiliter toute sorte de compositeurs de talent sans considération pour leur genre ?
Quelle époque idiote qui s'offusque qu'une salle s'appelle Maurice Ravel parce que Ravel était un homme ! C'est du sexisme inversé."
 
Je reçus le soutien d'une femme dans une réponse à mon commentaire :
"Pour ceux qui écoutent vraiment de la musique : la réhabilitation des compositrices oubliées fait déjà l’objet de nombre de concerts, d’éditions et d’émissions de radio mais attention au relativisme ... Est-ce que tout se vaut ? Ce n’est pas parce qu’une compositrice a été oubliée qu’elle est digne d’intérêt."

On ne saurait mieux dire.

 

 

21 janvier 2020

Femme, art et Italie - Parution du dernier numéro de Studiolo

L'Académie de France à Rome - Villa Médicis vient de publier le dernier numéro de Studiolo, la revue annuelle du département d'histoire de l'art de l'Académie.

La revue se compose de plusieurs rubriques : un dossier dont le thème change à chaque numéro, un varia qui contient des articles sans lien avec le thème annuel, une rubrique regards critiques qui regroupe des points de vue critiques et historiographiques et enfin les informations relatives aux activités scientifiques et patrimoniales de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis.

En tant que rédacteur en chef de la revue, j'avais eu plaisir de proposer comme thème de ce numéro la question de la place des femmes dans la création artistique. Depuis quelques temps, cette question agite vivement la sphère sociale, politique et culturelle. Il m'a semblé nécessaire que la revue Studiolo prenne part à ce débat en y apportant son regard rigoureux et savant.

IMG_9788.JPG

En voici le sommaire :

 

Dossier thématique : Femme, art et Italie

Delphine Trébosc

Catherine de Médicis, les collections de raretés et la monarchie des Valois : autopsie d’une pratique concertée

Valeria Viola

The Black Velvet Chair. Donna Margherita Alliata and the lost Chapel of Palazzo Villafranca in Palermo

Alessandra Acocella

Per una visione sperimentale dell’arte. L’attività di Lara-Vinca Masini negli anni Sessanta

Laura Iamurri

Un libro e una mostra per la storia delle artiste italiane del xx secolo: Il complesso di Michelangelo di Simona Weller, 1976

 

dossier/champ libre

Giulia Andreani

L’image manquante : femmes pensionnaires au début du XXe siècle

Stéphanie Solinas

L'Inexpliqué (voile d’extase), 2018

 

Varia

Bertrand Madeline

La Dame à l’hermine de Léonard de Vinci : sensuelle et sans suite

Mathilde Bert

Entre monochromie et tétrachromie. Pline dans la peinture italienne de la Renaissance

Jean-Christophe Stuccilli

Un tableau romain inédit. À propos d’une œuvre de Sebastiano Conca découverte dans une église de Haute-Savoie

Pierre Sérié

Sous la bannière italienne : maîtres anciens et nouvelle peinture au Salon de 1865

Fausto Minervini

Domenico Morelli e i meccanismi d’editoria: partenariato tra Napoli e Parigi

 

Regards critiques

Giacomo Biagi

Sulla traccia della citazione. Achille Bonito Oliva: un’arte della critica tra effimero permanente e linguaggio come paralisi

 

L’histoire de l’art à la Villa Médicis

Alessandra Gariazzo

La « Mission Patrimoine » de l’Académie de France à Rome

Patrizia Celli

Le donne e il Grand Prix de Rome

Giulia Andreani

La Neviera et la fresque retrouvée de Pierre Vieilledent dit Dionisi

Morgane Hamon

Les photographies de Gabrielle Hébert-D’Uckermann : une pensionnaire du quotidien à la Villa Médicis ?

11 juillet 2018

Prise de fonctions

Depuis le début du mois de juillet 2018, de retour en France après trois ans passés à la Villa Médicis à la tête du département d'histoire de l'art, j'ai pris mes nouvelles fonctions au Centre des Monuments nationaux à Paris en tant que chef de département au sein de la Direction de la Conservation des Monuments et des Collections.

J'encadre un département de 16 agents, répartis en 3 pôles : pôle de l’inventaire et du récolement des collections, pôle de la coordination scientifique et technique, pôle de la conservation préventive.

2018-07-09 006.JPG

Château de Bussy-Rabutin

 

 

 

01:09 Publié dans Patrimoine | Lien permanent | Commentaires (3)

11 mai 2018

Appel à articles - Studiolo 16

Capture.PNG

Publiée par l’Académie de France à Rome-Villa Médicis, Studiolo est une revue annuelle d’histoire de l’art dédiée aux échanges artistiques entre l’Italie, la France et l’Europe de la Renaissance à nos jours.
Elle constitue un espace ouvert aux recherches les plus actuelles qui occupent l’histoire de l’art, dans ses objets comme dans ses méthodes.
Chaque livraison comporte un dossier thématique, des varia, une rubrique regards critiques consacrée à l’historiographie et, dans la rubrique l’histoire de l’art à la Villa Médicis, une actualité des activités du département d'histoire de l’art et des chantiers de restauration de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis. Enfin, dans champ libre, Studiolo ouvre ses pages aux pensionnaires artistes de l’année en cours.


Dossier thématique :

La main de l’artiste

Dans ces murs voués aux merveilles
J'accueille et garde les ouvrages
De la main prodigieuse de l'artiste,
Égale et sans rivale de sa pensée.
L'une n'est rien sans l'autre


Ces vers fameux de Paul Valéry formulent puissamment une idée centrale des théoriciens de l’art d’Alberti à Vasari qui cherchaient à montrer que l’art n’était pas une pratique simplement mécanique mais une expression supérieure de l’inspiration créatrice. Le glissement linguistique puis conceptuel de « main » à « manière » et de « manière » à « style » souligne l’importance des enjeux symboliques et spéculatifs à l’œuvre.
La main de l’artiste devient progressivement le symbole même de la création artistique dans une interprétation démiurgique de l’artiste qu’incarne parfaitement, jusqu’à son accomplissement anagogique, La main de Dieu de Rodin (1902).
Cependant, peu d’années plus tard, le premier ready-made de Marcel Duchamp provoqua une cassure esthétique qui renversa brutalement ce paradigme. De fait, tout au long du XXe siècle, une part toujours croissante de la production artistique jeta un regard critique et soupçonneux sur la pratique du beau métier et l’antique valorisation de la main.
Le 16e numéro de la revue Studiolo s’intéresse à tous les enjeux conceptuels autour de la main de l’artiste dans une perspective aussi bien historique qu’historiographique sans négliger les questions de style et d’attributions.


Les articles peuvent être publiés en trois langues, français, italien et anglais, et doivent être inédits. Dans les rubriques dossier, varia et regards critiques, les articles doivent être compris entre 30 000 et 80 000 signes (espaces et notes comprises). Dans la dernière rubrique histoire de l’art à la Villa Médicis, ils doivent être compris entre 10 000 et 50 000 signes (espaces et notes comprises).
Les œuvres reproduites doivent être fournies par les auteurs et libres de droits.
Les auteurs devront se charger de mettre en forme leur article selon les normes éditoriales de la revue.
L’article doit être accompagné d’un résumé de 800 signes environ et d’une biographie de l’auteur de 800 signes également présentant ses fonctions, ses recherches en cours et ses publications récentes, et complété par son adresse électronique. Ce résumé et cette biographie sont transmis dans un document distinct.


Tous ces documents sont à envoyer par courriel, au format Word, à Patrizia Celli, secrétaire de rédaction : patrizia.celli@villamedici.it


Remise des articles : 15 décembre 2018
Parution : fin 2019

Directeur de la publication : Muriel Mayette-Holtz
Rédacteur en chef : Jérôme Delaplanche
Coordination éditoriale : Patrizia Celli et Cecilia Trombadori

Comité de rédaction : Marc Bayard (Mobilier National), Olivier Bonfait (Université de Bourgogne), Maurice Brock (CESR, Tours), Luisa Capodieci (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Stefano Chiodi (Università di Roma 3), Elena Fumagalli (Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia), Sophie Harent (musée Magnin, Dijon), June Hargrove (University of Maryland), Michel Hochmann (EPHE) Dominique Jarrassé (Université de Bordeaux 3, École du Louvre), Fabrice Jesné (École Française de Rome), Annick Lemoine (Université Rennes 2, Festival de Fontainebleau), Christophe Leribault (Petit-Palais, Paris), François-René Martin (ENSBA, École du Louvre), Maria Grazia Messina (Università degli Studi di Firenze), Patrick Michel (Université Charles de Gaulle - Lille 3), Philippe Morel (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Pierre Pinon (CNRS), Rodolphe Rapetti (Ministère de la culture), Patricia Rubin (Institute of Fine Arts, New York), Tiziana Serena (Università degli Studi di Firenze), Anne-Elisabeth Spica (Université de Lorraine).

11 avril 2018

Les collections de la Villa Médicis en ligne

Colbert (6).JPGCréée en 1666, l’Académie de France à Rome a pour mission principale d’encourager les arts par l’accueil à Rome de pensionnaires pour des résidences de relatives longues durées. Cette mission est désignée au sein de l’Académie comme la « mission Colbert », du nom du principal acteur de la fondation de l’institution.

Après les événements de mai 1968 et face à l’épuisement du mode de fonctionnement traditionnel des arts, une importante réforme de l’Académie fut mise en œuvre par André Malraux, alors ministre des affaires culturelles. Cette réforme ouvrit les portes à d’autres formes artistiques comme la littérature et l’écriture de scénario, mais elle introduisit surtout une nouvelle catégorie de pensionnaires : à côté des créateurs, les artistes, il y eut ceux qui étudiaient la création, les historiens de l’art et les restaurateurs. Ainsi, une seconde section « Histoire de l’art et restauration » vit le jour en 1970. Les travaux de ces pensionnaires d’un genre nouveau furent encadrés par un Chargé de mission pour l’histoire de l’art.

L’autre transformation fondamentale de cette réforme fut l’instauration d’une mission de diffusion culturelle, qu’on appela « Mission Malraux ». Le décret n° 71-1140 du 21 décembre 1971 précise ainsi que l’Académie « organise des expositions, des concerts, des projections cinématographiques, des colloques ou séminaires sur des sujets relevant des arts, des lettres et de leur histoire. » Dans le décret n° 2002-537 du 18 avril 2002, cette mission est précisée en indiquant que l’Académie de France à Rome « peut diffuser ses travaux, notamment sous forme de publications, y compris sur support électronique ».

En 2012, l’Académie se voit confier (décret n°  2012-823 du 26 juin 2012) une nouvelle mission : « conserver, restaurer, faire connaître et mettre en valeur la Villa Médicis, ses jardins et dépendances, ainsi que les biens culturels qui y sont conservés et dont elle a la garde. » C’est ce que l’on baptisa la « mission patrimoine ».

Pour répondre à ce nouvel objectif, l’appel à candidature publié en janvier 2015 pour le nouveau chargé de mission pour l’histoire de l’art plaçait en tête des objectifs du poste la gestion du patrimoine mobilier de l’Académie. À la dimension universitaire traditionnellement privilégiée pour ce poste, s’adjoignait désormais une dimension pour ainsi dire muséale de gestion des collections.

Si le monument et ses décors (fresques de la Renaissance, reliefs antiques, la grande Dea Roma) de la Villa Médicis avaient été étudiés et restaurés, les collections mobilières de l’Académie (tableaux, sculptures, objets d’art) attendaient encore, pour la plupart, de recevoir les mêmes soins. En trois ans, de 2015 à 2018 une campagne de restauration sans précédent a pu être menée. Près de cinquante tirages en plâtre, vingt-sept portraits de pensionnaire, huit autres huiles sur toile, dix-neuf médailles et plaquettes, un grand nombre de meubles avec ou sans assise, deux grandes statues antiques, ont été restaurés avec le plus grand soin.

Un nouvel inventaire des œuvres de l’Académie fut ouvert, avec la mise en place des opérations de marquage des collections. Le récolement, l’inventoriage et le marquage sont encore en cours. Les 630 tirages en plâtre et les 498 tableaux ont été traités, mais il reste encore un fond graphique considérable à côté du reste des sculptures, tapisseries, instruments de musique, meubles, etc.

Le travail du département d’histoire de l’art s’appuie désormais sur un nouvel outil informatisé de gestion des collections : la base de ses collections, dite base d’Antin. Elle tient son nom du Surintendant des Bâtiments du Roi, Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, Duc d’Antin, qui fut le premier à envoyer des œuvres d’art appartenant à la Couronne pour embellir le siège de l’Académie situé alors au Palais Mancini. (cf. Pierre Arizzoli-Clementel, « Les Envois de la couronne à l'Académie de France à Rome au XVIIIe siècle », Revue de l’Art, 1985, n°68, p. 73-84).

Cette base n’est pas qu’un inventaire des collections : elle a pour capacité de recueillir toutes les informations (historiques, techniques) relatives aux œuvres de l’Académie. Créée à partir de l’automne 2015, elle compte aujourd’hui plus de 3700 notices d’œuvre. À terme, en particulier lorsque sera inclus le fonds graphique, la base devrait comporter plus de 8000 notices.

Le 4 avril 2018 a été mise en ligne sur le site internet de la Villa Médicis une interface publique de la base donnant accès aux informations principales pour chaque œuvre.

image: Eugène Guillaume, Jean-Baptiste Colbert, bronze, 1902-1903, Villa Médicis

09:23 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)

17 mars 2018

Ravissement

ravissement.jpgLes représentations artistiques des scènes d’enlèvement sont des images à la fois sensuelles et extraordinairement dynamiques. Mettant en scène les rapports entre les sexes sur un mode à la fois passionné et conflictuel, elles ont permis aux artistes de déployer leur virtuosité dans la description du mouvement opposé, du muscle contracté et de la fuite contrariée.

L'essai que je publie examine ce thème en questionnant les options iconographiques de l’artiste, ses recherches stylistiques et les implications culturelles et idéologiques des œuvres.

Les différentes approches dans la manière de décrire des scènes d’enlèvements sont étudiées en fonction des sources (antiques souvent, mais parfois aussi littéraires ou populaires) mais également de l’intention expressive recherchée (agressivité et affrontement ou au contraire tendresse, abandon et complicité).

Souvent, dans ce mélange de sexe et de violence, la qualité de victime n’est pas reconnue à la femme enlevée, bien au contraire : la femme a séduit l’homme par ses charmes, son corps ravissant a provoqué le désir de l’homme, ce dernier n’est donc pas entièrement responsable.

La polysémie du mot ravissement, entre violence et jouissance, dit bien toute l’ambiguïté commodément entretenue par les poètes et les artistes. Je croise dans mon livre l’élaboration d’une morale sexuelle à partir de Platon et des Pères de l’Église, et le discours critique issu de la sphère universitaire féministe américaine. Entre ces deux pôles extrêmes, se tiennent les œuvres d’art et les travaux des historiens de l’art traditionnels.

L’étude couvre une chronologie large qui va de l’Antiquité au XXIe siècle et concerne tous les supports : peinture, sculpture, dessin, gravure, cinéma, pratiques contemporaines.

La publication comporte en annexe les sources textuelles qui définissent les sujets de cette riche iconographie d’un désir porté jusqu’à la saisie.


Éditeur : Citadelles & Mazenod (7 mars 2018)
Relié: 223 pages
ISBN-10: 2850887501
ISBN-13: 978-2850887505
Dimensions du produit: 19,9 x 2,3 x 26,3 cm

19 janvier 2018

Les nomenclatures stylistiques à l’épreuve de l’objet – Appel à participation

Académie de France à Rome – Institut suisse à Rome

Atelier de recherche en histoire de l’art

24-26 octobre 2018

Les nomenclatures stylistiques à l’épreuve de l’objet
Construction et déconstruction du langage de l’histoire de l’art

 illustration.jpg

L’Académie de France à Rome – Villa Médicis et l’Institut suisse à Rome organisent un atelier de recherche consacré au vocabulaire stylistique du 24 au 26 octobre 2018.

Dans la perspective de rénover le format traditionnel du colloque, nous proposons de réunir pendant trois jours à Rome des chercheurs invités et des doctorants sélectionnés sur appel à participation afin de développer une nouvelle approche de la thématique.

Présentation

Tandis que l’histoire de l’art adopte de plus en plus une perspective globale en restructurant complètement sa façon de théoriser et d’enseigner la discipline, le présent atelier de recherche se propose de réfléchir aux notions de styles et d’époques qui ont forgé le champ d’étude et à leur pertinence actuelle. Quelle fut l’histoire, les usages et la critique des expressions comme « antique », « réalisme », « moderne », « contemporain », « avant-garde », termes sans cesse utilisés, mais de façon continuellement ambiguë ?

En alternant les communications avec des analyses menées directement sur le terrain face aux objets, il s’agira non seulement d’aborder les constructions lexicales véhiculées par l’historiographie, mais également de confronter ces représentations à la réalité des objets artistiques – qu’ils soient peintures, sculptures, objets décoratifs ou encore ensembles architecturaux – et d’interroger les diverses valeurs et significations culturelles inscrites dans la matérialité même de l’œuvre d’art.

 

Organisation

Chaque participant, qu’il soit doctorant ou chercheur confirmé, sera tenu de faire parvenir au comité scientifique un essai de 30 000 signes environ développant en détail son thème de recherche. Cet essai sera partagé entre tous les participants quelques semaines avant la manifestation.

Lors du séminaire, le chercheur devra présenter à l’ensemble des participants l’essentiel de son essai (contribution de quinze minutes suivie d’une discussion autour du concept abordé).

Les séances de travail alterneront avec des visites de monuments et d’institutions culturelles à Rome.

Les langues du colloque seront le français, l’italien et l’anglais : chaque participant s’exprimera dans l’une de ces trois langues et il est demandé à tous de certifier au comité organisateur une compréhension suffisante des trois langues du colloque qui ne sera pas traduit.

Les articles/essais formeront les chapitres d’une publication scientifique sur ce sujet.

 

Appel à participation

Le présent appel à participation s’adresse aux doctorants et jeunes docteurs en histoire de l’art dont la thématique de recherche s’inscrit dans le sujet de l’atelier. Les propositions de communication (essai) devront être soumises avant le 28 février 2018, et devront comporter :

  • un texte de 5 000 signes présentant le projet d’essai + références bibliographiques ;
  • un résumé biographique de 800 signes maximum, ainsi qu’un CV et une liste des publications.
  • un exemple des quinze meilleures pages (reading sample) écrites par le candidat, issues d’une publication de son choix.

Les participants seront informés de la sélection en mars 2018.

Les doctorants et jeunes docteurs sélectionnés auront l’opportunité de séjourner une semaine, soit à l’Académie de France à Rome, soit à l’Institut suisse à Rome, dans le but de préparer leur essai. La période de séjour sera à discuter d’entente avec les instituts concernés. Les transports seront à la charge des participants.

Les propositions devront être soumises par courriel, en spécifiant « nomenclatures stylistiques » dans l’objet du message, et envoyées à patrizia.celli@villamedici.it.

Comité organisateur : Jérôme Delaplanche (Académie de France à Rome – Villa Médicis), Valérie Kobi (Istituto Svizzero di Roma).

Comité scientifique : Simon Baier (Universität Basel), Claudia Conforti (Rome, Università di Tor Vergata), Jérôme Delaplanche (Académie de France à Rome – Villa Médicis), Maarten Delbeke (ETH Zürich), Michèle-Caroline Heck (Montpellier, Université Paul Valéry), Valérie Kobi (Istituto Svizzero di Roma), Sarah Linford (Rome, Accademia di Belle Arti), Christian Michel (Université de Lausanne), Caroline van Eck (University of Cambridge), Tristan Weddigen (Bibliotheca Hertziana, Max-Planck-Institut für Kunstgeschichte).

09 septembre 2017

Appel à candidatures | Lauréats Daniel Arasse 2018

bourse Arasse.jpg

L’École française de Rome et l’Académie de France à Rome – Villa Médicis ouvrent l’appel à candidature pour la sélection des lauréats Daniel Arasse 2018.


Depuis 2001, dans le cadre d’échanges scientifiques, l’École française de Rome et l’Académie de France à Rome – Villa Médicis attribuent chaque année huit bourses de lauréats Daniel Arasse pour des recherches doctorales portant sur l’art de la Renaissance à nos jours. Ces bourses sont destinées aux chercheurs en histoire de l’art, français et étrangers, titulaires d’un Master 2 français ou d’un diplôme équivalent (laurea specialistica), inscrits en doctorat et souhaitant se rendre à Rome pour y effectuer des recherches.
Les dossiers de candidature pour la sélection 2018 doivent parvenir à l’École française de Rome et à l’Académie de France à Rome au plus tard le 31 octobre 2017 avant minuit (par courriel uniquement). Le dossier de candidature doit être envoyé par courriel aux deux adresses suivantes :


École française de Rome : secrmod@efrome.it
Académie de France à Rome : patrizia.celli@villamedici.it.

Plus d'information.

Enregistrer

08:42 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)

Appel à contributions – L’art figuratif au temps de l’Art déco

Poughéon.jpg

L’Académie de France à Rome – Villa Médicis et l’université Bordeaux-Montaigne organisent un séminaire de recherche sur la peinture et la sculpture de la première moitié du XXe siècle autour de la production des récipiendaires du Prix de Rome.
Ce séminaire prendra la forme d’un atelier d’écriture et se déroulera pendant trois jours du lundi 14 mai au mercredi 16 mai 2018 à la Villa Médicis à Rome.
Les participants de ce séminaire se rassembleront pendant trois jours dans l’un des salons de la Villa Médicis pour échanger et confronter les savoirs, et pour amorcer la mise en forme de la réflexion critique. Ils auront à leur disposition de la bibliographie (ouvrages, articles), des documents d’archives, des images. Les œuvres issues des collections de la Villa Médicis et datant de la période 1905-1945 seront présentés aux participants.
Au terme de ces trois jours d’atelier d’écriture, une fois la matière historique et artistique problématisée, le travail sera réparti entre les chercheurs pour la rédaction d’essais qui formeront les chapitres du livre sur le sujet selon un calendrier qui sera proposé aux participants.

La langue du séminaire sera le français.
Les propositions de participation devront être soumises avant le 31 octobre 2017, et devront comporter :
– une lettre témoignant de l’intérêt pour le sujet et pour les modalités de travail du séminaire, et proposant des perspectives de contributions ;
– une brève présentation biographique avec une liste des publications du candidat en rapport avec le sujet du séminaire ;
– une liste de suggestions bibliographiques sur le sujet du séminaire.
Les participants seront informés de la sélection vers le 30 novembre 2017.
Les propositions devront être soumises par courriel, en spécifiant « Art Déco » dans l’objet du message, et envoyées à patrizia.celli@villamedici.it.

Plus d'information.

Enregistrer

Enregistrer

Appel à candidature pour la bourse André Chastel (INHA / Villa Médicis)

cs_fr_chastel-2018.jpgL’Institut National d’Histoire de l’Art et l’Académie de France à Rome ouvrent l’appel à candidature pour la sélection des lauréats André Chastel 2018

Depuis 2010, l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) et l’Académie de France à Rome attribuent chaque année trois bourses pour des recherches de niveau postdoctoral portant sur l’art de la Renaissance à nos jours.

Ces bourses sont destinées aux chercheurs en histoire de l’art, français ou étrangers, souhaitant se rendre à Rome pour y effectuer des recherches. Les candidats doivent être titulaires d’un doctorat, justifier d’une expérience professionnelle équivalente ou être conservateurs du patrimoine.

Le montant de la bourse s’élève à 1500 €. Les lauréats sont logés à la Villa Médicis pour une durée de quatre à six semaines (participation de 10 € par jour au titre des frais d’entretien).

COMMISSION DE SÉLECTION

La commission de sélection est composée du directeur général de l’INHA, de la directrice de l’Académie de France à Rome, de la directrice du département des études et de la recherche de l’INHA, du chargé de mission pour l’histoire de l’art à l’Académie de France à Rome et d’une personnalité extérieure. La commission se réunit une fois par an à l’automne pour choisir les lauréats de l’année suivante.

DOSSIER DE CANDIDATURE

Les dossiers de candidature pour la sélection 2018 doivent parvenir à l’INHA et à l’Académie de France à Rome au plus tard le 8 octobre 2017 avant minuit.

Plus d'information.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

08:07 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)

20 juillet 2017

Appel à article : Studiolo n° 15

Villa loggia.jpg

 

Appel à articles

Studiolo no 15 – 2018

 

Publiée par l’Académie de France à Rome, Studiolo est une revue annuelle d’histoire de l’art dédiée aux échanges artistiques entre l’Italie, la France et l’Europe de la Renaissance à nos jours.

Elle constitue un espace ouvert aux recherches les plus actuelles qui occupent l’histoire de l’art, dans ses objets comme dans ses méthodes.

Chaque livraison comporte un dossier, des varia, une rubrique regards critiques consacrée à l’historiographie et, dans la rubrique l’histoire de l’art à la Villa Médicis, une actualité des activités du département d'histoire de l’art et des chantiers de restauration à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis. Enfin, dans champ libre, Studiolo ouvre ses pages aux pensionnaires artistes de l’année en cours.

 

Dossier Studiolo 15 :

 

 

Femmes, art et Italie

                                              

Artistes, mécènes, inspiratrices… c’est à ces femmes que veut s’intéresser le prochain numéro de Studiolo. L’histoire de l’art est en quête d’elles et redécouvre progressivement le rapport privilégié qu’elles ont eu avec les œuvres. Du collectionnisme vorace d’Isabelle d’Este à la fièvre de bâtir de Catherine de Médicis, des peintures tourmentées d’Artemisia Gentileschi à la touche délicate de Rosalba Carriera ou aux installations singulières de Tatiana Trouvé, fatales ou muses, les femmes sont à la source de bien des créations.

Dans le domaine extrêmement dynamique des études actuelles (historiques, anthropologiques, sociologiques, économiques…) s’ouvrent ainsi des champs d’investigation nouveaux autour de la spécificité féminine, afin de mieux saisir les diverses stratégies mises en place par les femmes pour légitimer leur pouvoir ou promouvoir leur réputation et leur carrière artistique.

Longtemps écartées de l’apprentissage et de la pratique artistique, réduites à s’exprimer dans des genres secondaires, elles ont progressivement conquis autonomie et reconnaissance, réussissant peu à peu à concilier identité féminine et vocation artistique.

Ce nouveau numéro de Studiolo interrogera la place et le rôle des femmes dans la création artistique en Europe, et notamment en Italie, de la Renaissance à aujourd’hui à travers différents éclairages : la formation des femmes artistes ; la création au féminin, notamment dans son rapport au masculin ; les grandes figures du collectionnisme et du mécénat au féminin ; l’influence des mouvements féministes sur la création artistique aux xxe et xxie siècles ; les femmes écrivant sur l’art ; ou encore la place des femmes dans les institutions culturelles en France et en Italie.

Les articles peuvent être publiés en trois langues, français, italien et anglais, et doivent être inédits. Dans les rubriques dossier, varia et regards critiques, les articles doivent être compris entre 30 000 et 80 000 signes (espaces et notes comprises). Dans la dernière rubrique histoire de l’art à la Villa Médicis, ils doivent être compris entre 10 000 et 50 000 signes (espaces et notes comprises).

Les œuvres reproduites doivent être fournies par les auteurs et libres de droits.

Les auteurs devront se charger de mettre en forme leur article selon les normes éditoriales.

 

L’article doit être accompagné d’un résumé de 800 signes environ et d’une biographie de l’auteur de 800 signes également présentant ses fonctions, ses recherches en cours et ses publications récentes, et complété par son adresse électronique. Ce résumé et cette biographie sont transmis dans un document distinct.

Tous ces documents sont à envoyer par courriel, au format Word, à Jérôme Delaplanche, rédacteur en chef de la revue : jerome.delaplanche@villamedici.it

 

Remise des articles : 15 décembre 2017

Parution : fin 2018

 

 

Directeur de la publication : Muriel Mayette-Holtz

Rédacteur en chef : Jérôme Delaplanche

Coordination éditoriale : Patrizia Celli et Cecilia Trombadori

Comité de rédaction : Claire Barbillon (Université Paris Ouest Nanterre), Marc Bayard (Mobilier National), Olivier Bonfait (Université de Bourgogne), Maurice Brock (CESR, Tours), Luisa Capodieci (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Stefano Chiodi (Università di Roma 3), Elena Fumagalli (Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia), Sophie Harent (musée Bonnat-Helleu, Bayonne), June Hargrove (University of Maryland), Michel Hochmann (EPHE) Dominique Jarrassé (Université de Bordeaux 3, École du Louvre), Fabrice Jesné (École française de Rome), Annick Lemoine (Université Rennes 2, Festival de Fontainebleau), Christophe Leribault (Petit Palais, Paris), François-René Martin (ENSBA, École du Louvre), Maria Grazia Messina (Università degli Studi di Firenze), Patrick Michel (Université Charles de Gaulle - Lille 3), Philippe Morel (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Pierre Pinon (CNRS), Rodolphe Rapetti (Ministère de la culture), Patricia Rubin (Institute of Fine Arts, New York), Tiziana Serena (Università degli Studi di Firenze), Anne Spica (Université de Lorraine).

 

 

 

 

 

03 avril 2017

Dépaysé / Spaesato - Parution du dernier numéro de Studiolo

Studiolo 13.jpgL'Académie de France à Rome - Villa Médicis vient de publier le dernier numéro de Studiolo, la revue annuelle du département d'histoire de l'art de l'Académie.

Le dossier thématique de ce numéro 13 (2016) est consacré au dépaysement.

"Mille motivations peuvent pousser l’artiste à voyager et à changer de pays. Mais sa sensibilité créative, une fois sur le lieu, est rarement épargnée par l’expérience du dépaysement. L’exemple de l’Italie est le plus fréquent dans la culture occidentale : depuis la Renaissance, le voyage vers la Péninsule par les artistes français et plus largement européens, et même d’encore plus loin, fut un mouvement pratiquement continuel tout au long des siècles. On s’y rend souvent à la recherche d’un modèle supérieur, l’Antique, Raphaël, mais on y trouve également autre chose, une lumière, une vie populaire, une campagne. La question du dépaysement permet ainsi de repenser les échanges entre l’Europe et l’Italie sous l’angle de l’étonnement et non plus seulement celui de la reconnaissance de la Patrie des Arts. Le voyage de l’artiste, qui est un des topos de l’histoire de l’art, est ainsi exploré par un éclairage différent, attentif à la part d’étrangeté, d’inattendu pour ne pas dire d’incongru. Car au fond cette expérience du dépaysement est celle de l’altérité.

L’Italie est aussi une porte vers un plus lointain, un Orient qui désoriente, et ainsi le thème du dépaysé est l’occasion pour Studiolo de s’ouvrir vers des terres nouvelles, du « mystérieux Orient » à la « lointaine Afrique » et d’interroger la présence (coloniale ?) de nations étrangères. L’Académie de France à Rome elle-même est une institution dépaysée qui a pris sa place dans le paysage culturel italien. Mais ce dépaysement peut être exploré en sens inverse : il y a le regard de l’Européen sur le monde, mais également, et de plus en plus, le regard du monde sur l’Europe. Le dépaysement s’explore aussi sans mobilité, par la réception des apports de l’étranger."

 

Sommaire

Dossier : Dépaysé / Spaesato

Tamara Dominici

Quentin Metsys e l’Italia: immagini di un viaggio

Gabrielle de Lassus Saint-Geniès

Raphaël dépaysé par le siècle des Romantiques

Juliette Milbach

L’Italie des peintres soviétiques : un déracinement temporel

Teresa Leonor M. Vale

Uno scultore portoghese a Roma: José de Almeida (1708-1770) e l’Accademia di Portogallo nella prima metà del Settecento

dossier / champs libre

Lek & Sowat

Adina Mocanu & Alexandra Sand

Anne-Margot Ramstein & Laurent Bazin

 

Varia

Cécile Beuzelin

Le sourire du Laocoon dans la Pala Pucci de Jacopo Pontormo

Adriano Amendola

Ripensare Ottavio Leoni. I rapporti con gli Orsini e un nuovo ritratto in piccolo

Esther Theiler

Valentin de Boulogne’s Portraits of Raffaello Menicucci: The Buffoon Count of Monte San Savino

Rachel George

Organisation et mise en place de l’atelier de l’Accademia di San Luca de Rome au primo Seicento

Pascale Cugy

Variations européennes autour des gravures de modes parisiennes. Commerce, copies et adaptations

d’images d’habits sous le règne du Roi-Soleil

Jean-Marc Hofman

Une collection de plâtres méconnue. Les moulages de sculpture du Moyen Âge français de la Villa Médicis

 

Regards critiques

Bruno Chenique

Géricault en Italie : libre arbitre et république du génie. Deux siècles de recherches (1816-2016)

Dominique Jarrassé

Usage fasciste de l’art colonial et dénis d’histoire de l’art. Les Mostre d’arte coloniale (Rome 1931 et Naples 1934)

Myriam Metayer

Art national ou art universel ? L’impérialisme des manuels et des synthèses publiés en Italie et en France : une relecture postcoloniale

Carmen Belmonte

Biografia di un dipinto. La Battaglia di Dogali di Michele Cammarano tra retorica coloniale e sfortuna espositiva

 

L’histoire de l’art à la Villa Médicis

Le département d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome

Patrimoine

Les chantiers de restauration à la Villa Médicis, 2015

Sophie Kervran

Le fonds graphique de l’Académie de France à Rome : une collection révélatrice de l’histoire de l’institution

Lena-Maria Perfettini

Catalogue raisonné des tableaux de chevalet de la Villa Médicis, hors portraits de pensionnaires

Patrizia Celli

L’Accademia di Francia e le conseguenze della Grande Guerra

 

20 mars 2017

Colloque : Appel à communication. L’ART DE LA BATAILLE

Colloque international d’histoire de l’art

Appel à communication

 

panorama de Waterloo 1912.jpg

Louis-Jules Dumoulin, Panorama de la bataille de Waterloo
Braine-l'Alleud (Belgique), 1912

 

 

L’ART DE LA BATAILLE
Stratégies visuelles de la scène de bataille
de la Renaissance à nos jours

 

L’Académie de France à Rome – Villa Médicis organise un colloque international sur la mise en images de la bataille par les artistes depuis la Renaissance, dans toutes les techniques visuelles, de la peinture au cinéma. Ce colloque, dirigé par Jérôme Delaplanche, chargé de mission pour l’histoire de l’art à l’Académie, est soutenu par la Bibliotheca Hertziana (Institut Max Planck pour l’Histoire de l’art), l’université Lumière Lyon 2, l’École Pratique des Hautes Études, l’université Paris Diderot - Paris 7 et par le Dipartimento di Studi Umanistici de l’université Roma Tre.

Il se déroulera à Rome les 16 et 17 novembre 2017 avec des sessions à la Villa Médicis et à la Bibliotheca Hertziana.

 

Présentation

La mise en images de la bataille a toujours représenté un défi pour les artistes car l’action militaire requiert un agencement formel capable de transmettre l’ampleur – géographique, humaine, matérielle, mais aussi politique et idéologique – des événements.  Pour répondre à cette exigence, les artistes ont déployé des ressources créatives liées aux spécificités de chaque médium artistique, afin de donner au spectateur une image immersive ou pédagogique de la scène de bataille.

Le colloque propose d’étudier la naissance de cette ambition et les modalités selon lesquelles des artistes, dans différents contextes de commande ou de création, ont mis en espace ou en séquence temporelle le récit guerrier de manière à susciter une expérience du regard, voire une expérience physique de l’événement chez le spectateur.

Le colloque se tiendra sur deux jours. Une première partie, coordonnée par Joana Barreto (MCF, université Lumière-Lyon 2, membre du LARHRA) et Pauline Lafille (doctorante, EPHE, membre du SAPRAT), sera consacrée à la fortune particulière de la scène de bataille à partir de la Renaissance, à ses expérimentations spatiales et à ses évolutions morphologiques et iconographiques.

Le nouvel élan mimétique révolutionne la narration historique dans les images fixes ou mobiles, souvent caractérisés par une monumentalité inédite, en introduisant une tension entre une démarche inclusive du spectateur dans l’action afin de susciter l’empathie et la recherche d’un point de vue panoramique propice au développement narratif. Les scènes de bataille se multiplient alors dans différents espaces palatiaux (grandes salles, appartements privés, galeries) et tendent à adopter des dispositifs iconographiques variés et souvent originaux (séquence linéaire, face-à-face, décomposition de l’action) destinés à provoquer un effet puissant sur le spectateur : celui-ci oscille alors entre un sentiment d’écrasement face à l’image de la bataille et la recherche active de son intelligibilité.

Outre les scènes isolées, le colloque propose d’interroger également la création de typologies d’espaces associés exclusivement au thème militaire, la salle et la galerie des batailles, qui témoignent des nouvelles ambitions politiques et figuratives de la scène de guerre depuis la « Révolution militaire ». Les prémisses, majoritairement italiennes, de ces images de guerre des XVe et XVIe siècles, puis leur développement européen, en Espagne, en France, en Angleterre, en Europe centrale et du Nord, seront à envisager jusqu'au XVIIIe siècle.

Une deuxième partie, coordonnée par Gaspard Delon (MCF, université Paris 7, membre du CERILAC) et Laura Iamurri (Prof. associata, università Roma Tre, Dipartimento di Studi Umanistici), sera dédiée aux périodes où l'invention de la photographie puis du cinéma renouvelle les conditions de la mimesis dans la représentation de la guerre. Alors que la mise en images de la bataille apparaît dans des contextes de commande et de réception assez différents de la période précédente, l’ambition de figurer la bataille tend à rapprocher toujours davantage l’expérience vécue par le spectateur de celle du soldat.

Les panoramas du XIXe siècle cherchent à employer de nouveaux moyens pour renforcer encore l’expérience vécue en augmentant l’illusion visuelle et spatiale de manière inédite. La visualisation panoptique de l'action offerte par ces dispositifs qui tendent à inclure parfois d'autres sens que la vue, notamment l'ouïe, est encore redéfinie par l’arrivée du cinéma. Corps en mouvement, montage entre points de vue successifs, déplacements de caméra, musique et bruitages y sont autant de paramètres susceptibles de contribuer à l’immersion du spectateur et à la mise en forme de l’affrontement. De Griffith et Eisenstein jusqu’aux expérimentations numériques dans les films du XXIe siècle, les représentations de batailles rangées stimulent et mettent à l’épreuve l’évolution des techniques audiovisuelles : formats larges, procédés de sonorisation et de spatialisation, recherches rythmiques, trucages, simulations de foule. Elles retrouvent ainsi, en les reformulant, les défis et ambitions esthétiques rencontrés par les artistes des siècles précédents dans leurs évocations de l’action guerrière.

 

Organisation

Les langues du colloque seront le français, l’italien, l’anglais et l’allemand. Les propositions de communication devront être soumises avant le 15 mai 2017, et devront comporter un titre, un texte de 2500 signes maximum ainsi qu’une présentation biographique de l’auteur de 2000 signes maximum. Les participants seront informés de la sélection vers le 15 juin 2017.

Chaque communication durera 20 minutes. Les textes issus des communications feront l’objet d’une expertise en vue de leur publication éventuelle.

 

Les propositions devront être soumises par courriel, en spécifiant « art de la bataille » dans l’objet du message, et envoyées à patrizia.celli@villamedici.it.

 

 

Comité scientifique : Jérôme Delaplanche (Académie de France à Rome – Villa Médicis), Joana Barreto (Lyon 2, LARHRA), Gaspard Delon (Paris 7, CERILAC), Sybille Ebert-Schifferer (Bibliotheca Hertziana, Max-Planck-Institut für Kunstgeschichte), Laura Iamurri (Roma Tre, Dipartimento di Studi Umanistici), Pauline Lafille (EPHE, SAPRAT).

 

             

27 février 2017

Offre de stage

Carpeaux 1.jpg

 

STAGE AU DÉPARTEMENT D’HISTOIRE DE L’ART

DE L’ACADÉMIE DE FRANCE À ROME – VILLA MÉDICIS

 

 

Description de l’organisme

 

L’Académie de France à Rome – Villa Médicis favorise la création artistique et la recherche en histoire de l’art à travers des résidences et une programmation culturelle qui vise à valoriser le dialogue entre la France et l’Italie. Créée en 1666, l’Académie de France à Rome a également pour mission de conserver et de valoriser la Villa Médicis, son siège depuis 1803, ses jardins et ses collections d’art.

 

Le département d’histoire de l’art, dirigé par un chargé de mission, développe différents programmes de recherche sur l’histoire de l’art européen de la Renaissance à nos jours en lien avec d’autres centres de recherche français, italiens et étrangers. Il coordonne la publication de Studiolo, la revue scientifique d’histoire de l’art de l’Académie. Il organise également plusieurs colloques par an qui sont régulièrement publiés par l’Académie dans sa Collection d’histoire de l’art. Il encadre les pensionnaires historiens de l’art et restaurateurs ainsi que les lauréats Daniel Arasse (huit doctorants par année, en partenariat avec l’École française de Rome) et les lauréats André Chastel (trois chercheurs post-doctorat par année, en partenariat avec l’Institut National d’Histoire de l’Art). Le département est également responsable de la conservation, de l’étude et de la valorisation des collections d’œuvres d’art de l’Académie.

 

Lieu : Rome, Italie

Nature : Stage

Fonction : Assistance au département d’histoire de l’art

Durée : 6 mois

Début : 4 septembre 2017

Informations complémentaires : convention de stage obligatoire

 

 

Descriptif :

 

Le stagiaire participera aux activités éditoriales, patrimoniales et logistiques du département.

 

Activités principales

  1. Colloque et publications, en collaboration avec l’Assistante chargée des colloques et des publications :
  • Aide à l’organisation de colloques ;
  • Aide à la relecture de textes.

 

 

  1. Patrimoine et archives, en collaboration avec l’Assistante chargée du patrimoine et des archives :

 

  • Aide à l’enrichissement de l’outil informatique de gestion des collections ;
  • Aide à la mise au point de dossiers individuels d’œuvres ;
  • Aide au suivi des restaurations des collections ;
  • Aide à l’organisation muséographique des collections.

 

Profil recherché :

 

  • Étudiant(e) niveau Master (1 ou 2) ;
  • Solide formation en histoire de l’art ;
  • Maitrise parfaite des langues française et italienne (parlé et écrit) ;
  • La connaissance de l’anglais est appréciée ;
  • Maîtrise des outils bureautiques standards ;
  • Intéressé par l’édition ;
  • Intéressé par la recherche en histoire de l’art.

 

Compétences:

 

  • Rigueur et sens de l’organisation ;
  • Dynamisme, disponibilité ;
  • Autonomie et capacité d’adaptation ;
  • Très bonnes qualités relationnelles et capacité à travailler en équipe ;
  • Curiosité intellectuelle ;
  • Esprit méticuleux ;
  • Très bonne orthographe.

 

 

 

Envoyer CV et lettre de motivation en français à la Responsable des Ressources Humaines avant le 9 avril 2017 : lavinia.triglia @ villamedici.it

30 novembre 2016

Appel à communication

L’Académie de France à Rome et l’Université Paris 8 organisent, avec la participation du Centro Sperimentale di Cinematografia – Cineteca Nazionale di Roma, un colloque international à la Villa Médicis les 15 et 16 juin 2017.

 

VERS UNE ESTHÉTIQUE DU SPECTACULAIRE

Le cinéma muet italien au croisement des arts plastiques, scéniques et décoratifs

1896-1930

Thais (1917) - Anton Giulio Bragaglia.jpg

Thais (1917) - Anton Giulio Bragaglia

Présentation

Ce colloque entend questionner, sous un angle esthétique, les phénomènes ou processus de circulations conscients ou inconscients – reprises, citations, survivances, migrations – des arts et des médiums antérieurs et contemporains au cinéma. Nous réfléchirons aux rapprochements possibles entre l’industrie du cinéma et les milieux artistiques dans leur volonté de toucher un large public. L’industrie naissante du film est, en effet, prise dans une tension entre, d’une part, une quête de légitimation artistique et, d’autre part, la constitution d’un grand spectacle « populaire » qui puise dans la part visuelle des spectacles scéniques de l’époque (danse, opéra, théâtre, pantomime, tableau vivant).


Plusieurs axes sont privilégiés :
- Une énergie figurative en circulation : l’étude iconographique des motifs répétés entre les arts visuels et le cinéma ; la représentation romantique du paysage ; le futurisme et les avant-gardes.
- Des talents mis au service des arts : la contribution des peintres à la réalisation des décors et costumes de cinéma ; l’étude iconographique et historique des affiches des films et du graphisme des revues de l’époque.
- Rome, musée à ciel ouvert : la représentation de Rome en peinture et en cinéma ; les répétitions des mêmes points de vue, lieux, et cadrages. Une étude comparée des vues filmées depuis la Villa Medici et des tableaux reprenant le même point de vue sera particulièrement appréciée.
- Un cinéma de son temps : les écrits d’artistes sur le cinéma et les relations entre les différents milieux artistiques au temps du muet ; les écrits de cinéastes, de critiques et de théoriciens qui se réfèrent à la peinture, à la sculpture, et aux arts décoratifs.
- Une conception du cinéma comme « art total » : la manière dont le film art a été
conçu comme le moyen d’expression suprême, susceptible d’accomplir les aspirations de
diverses tendances artistiques situées dans l’héritage wagnérien, allant du symbolisme aux avant-gardes.

Organisation
Les langues du colloque seront le français, l’italien et l’anglais. Chaque communication durera 20 minutes. Les textes issus des communications feront l’objet d’une expertise en vue de leur publication.
Les propositions de communication devront être soumises avant le 11 mars 2017, et devront comporter un titre, un texte de 2500 signes maximum et une présentation biographique de l’auteur. Les participants seront informés de la sélection autour du 20 mars.

Les propositions devront être soumises par courriel, en spécifiant « colloque cinéma italien muet » dans l’objet du message, et envoyées à patrizia.celli @ villamedici.it.

 

Comité d’organisation
Jérôme Delaplanche (Chargé de mission pour l’histoire de l’art, Académie de France à Rome – Villa Médicis)
Céline Gailleurd (Maître de Conférences, Université de Paris 8, ESTCA)

Comité scientifique
Silvio Alovisio (Professore Associato, Università degli Studi di Torino)
Ivo Blom (Professor, Vrije Universiteit, Amsterdam)
Gian Piero Brunetta (Professore Emerito, Università degli Studi di Padova)
Michele Canosa (Professore Associato confermato, Università degli Studi di Bologna)
Laurent Guido (Professeur, Université de Lille, CEAC)
Anne-Violaine Houcke (Maître de Conférences, Université Paris Ouest-Nanterre, HAR)
Luca Mazzei (Ricercatore, Università degli Studi di Roma "Tor Vergata")

 

8 Il fuoco -  Giovanni Pastrone - 1916.jpg

Il fuoco (1916) - Giovanni Pastrone

 

 

 

28 octobre 2016

Appel à article : Studiolo n° 14

Appel à articles

Studiolo no 14 – 2017

 

 

Publiée par l’Académie de France à Rome, Studiolo est une revue annuelle d’histoire de l’art.

Elle se compose de plusieurs rubriques : un dossier dont le thème change à chaque numéro, un varia qui contient des articles sans lien avec le thème annuel, une rubrique regards critiques qui regroupe des points de vue historiographiques et enfin les informations relatives aux activités scientifiques et patrimoniales de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis.

Tous les articles des différentes rubriques de Studiolo s’inscrivent dans une perspective italienne.

 

Dossier Studiolo 14 :

 

Désir

 

En dépit de l’hostilité des défenseurs de la morale contre « le piège de la volupté charnelle » (saint Augustin), les artistes n’ont eu de cesse depuis la Renaissance de retranscrire dans la matière la sensualité du corps humain. Le modèle de l’Antiquité gréco-romaine imposait un monde de récits et d’images mettant en scène le désir et parfois le suscitant chez le spectateur. Le resurgissement à l’âge moderne de cet héritage créa alors une certaine tension entre la nudité admise de l’art classique et les pulsions de désir que ce dévoilement pouvait susciter. De l’image populaire au grand art, la création européenne a développé un goût pour l’érotisation du corps tout en entretenant un rapport complexe avec la nudité, comme l’a démontré par exemple Leo Steinberg dans l’image du Christ (1983).

L’aptitude à modeler un corps que ce soit en peinture ou dans la terre, avec la sanguine ou le burin, repose indubitablement sur la sensibilité de l’artiste. Et c’est cette sensibilité que ressent le spectateur lorsqu’il regarde attentivement les formes et les ombres. Le modelé renvoie au sens du toucher. La vision se fait tactile et la lumière devient une caresse.

Enfin, si l’œuvre d’art suscite un émoi, le seul fait même de convoiter ou de posséder l’œuvre semble s’appuyer sur les mêmes ressorts que la pulsion de désir. Le collectionnisme entretient un rapport amoureux avec l’objet d’art. Au xviie siècle, collectionner la peinture apparaissait comme un vice pour les prudes du temps.

La question du désir est ainsi à la fois très centrale dans la création artistique et régulièrement refoulée. Terre d’origine des vestiges antiques, siège de l’Église catholique, patrie de Michel-Ange et de Caravage, de Titien et de Bernin, l’Italie se place à la croisée de tous les enjeux de cette riche problématique.

Les articles peuvent être publiés en trois langues, français, italien et anglais, et doivent être inédits. Dans les rubriques dossier, varia et  regards critiques, les articles doivent être compris entre 30 000 et 80 000 signes (espaces et notes comprises). Dans la rubrique informations, ils doivent être compris entre 10 000 et 50 000 signes.

Les œuvres reproduites doivent fournies par les auteurs et libres de droits.

Si un article est retenu par le comité de rédaction, les auteurs devront se charger de mettre en forme leur article selon les normes éditoriales (disponibles sur le site de l’Académie de France à Rome www.villamedici.it).

 

L’article doit être accompagné d’un résumé de 800 signes environ et d’une biographie de l’auteur de 800 signes également présentant ses fonctions, ses recherches en cours et ses publications récentes, et complété par son adresse électronique. Ce résumé et cette biographie sont transmis dans un document distinct.

Tous ces documents sont à envoyer par courriel, au format Word, à Jérôme Delaplanche, rédacteur en chef de la revue : jerome.delaplanche@villamedici.it

 

 

Remise des articles : 28 février 2017

Parution : fin 2017

 

 

Directeur de la publication : Muriel Mayette-Holtz

Rédacteur en chef : Jérôme Delaplanche

Coordination éditoriale : Patrizia Celli et Cecilia Trombadori

Comité de rédaction : Claire Barbillon (Université Paris Ouest Nanterre), Marc Bayard (Mobilier National), Olivier Bonfait (Université de Bourgogne), Maurice Brock (CESR, Tours), Luisa Capodieci (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Stefano Chiodi (Università di Roma 3), Elena Fumagalli (Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia), Sophie Harent (musée Bonnat, Bayonne), June Hargrove (University of Maryland), Dominique Jarrassé (Université de Bordeaux 3, École du Louvre), Fabrice Jesné (École Française de Rome), Christophe Leribault (Petit-Palais, Paris), François-René Martin (ENSBA, École du Louvre), Maria Grazia Messina (Università degli Studi di Firenze), Patrick Michel (Université Charles de Gaulle - Lille 3), Philippe Morel (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Pierre Pinon (CNRS), Rodolphe Rapetti (Ministère de la culture), Patricia Rubin (Institute of Fine Arts, New York), Tiziana Serena (Università degli Studi di Firenze), Anne Spica (Université de Lorraine).

15 octobre 2016

350 ans de création - Exposition à la Villa Médicis

bandeau 350.jpg

L'Académie de France à Rome célèbre les 350 ans de son existence avec une grande exposition à la Villa Médicis :

350 ANS DE CRÉATION
les artistes de l’Académie de France à Rome
de Louis XIV à nos jours

L’exposition, qui se tient du 14 octobre 2016 au 15 janvier 2017 et dont j'ai assuré le commissariat, permet de découvrir l’activité créatrice des artistes de l’Académie de France à Rome, pensionnaires et directeurs, lors de leur séjour romain.

Elle présente plus d’une centaine d’œuvres créées à l’Académie de France à Rome de 1666 à nos jours par des artistes tels que Fragonard, David, Ingres, Berlioz, Garnier, Carpeaux, Debussy et Balthus. Le parcours se termine par une installation vidéo due à Justine Emard mettant en scène les œuvres de pensionnaires des dernières décennies.

L'exposition est complétée par la programmation de deux concerts consacrés aux compositions d'anciens pensionnaires les jeudis 17 novembre et 8 décembre 2016. 

Le projet est accompagné par deux autres expositions organisées à Rome par l’Accademia Nazionale di San Luca et l’Accademia di Belle Arti di Roma sur les relations entre les deux académies romaines et l’institution française.

Ces trois expositions se concluront par un colloque organisé par les trois académies les 11, 12 et 13 janvier 2017 et intitulé Les Académies artistiques entre héritage et débats artistiques contemporains.

Le catalogue de l’exposition de la Villa Médicis est publié par Officina Libraria (en français et en italien).

Justine Emard.jpg

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

29 septembre 2016

Offre de stage

 

621A1271.jpg

© Thibaut de Rohan

 

 

STAGE AU DÉPARTEMENT D’HISTOIRE DE L’ART

DE L’ACADÉMIE DE FRANCE À ROME – VILLA MÉDICIS

 

 Description de l’organisme

L’Académie de France à Rome – Villa Médicis favorise la création artistique et littéraire dans tous ses domaines à travers des résidences pour artistes et chercheurs et une programmation culturelle qui vise à valoriser le dialogue entre la France et l’Italie, dans un esprit d’ouverture sur le reste du monde. Créée en 1666, l’Académie de France à Rome s’occupe également de conserver et de faire connaître la Villa Médicis, son siège depuis 1803, ses jardins et ses collections d’art.

Le département d’histoire de l’art est dirigé par un chargé de mission pour l’histoire de l’art. Le département organise des colloques qui sont régulièrement publiés par l’Académie dans sa Collection d’histoire de l’art. Il coordonne la publication de Studiolo, la revue d’histoire de l’art de l’Académie, dont le comité de rédaction sélectionne chaque année des articles pour le dossier thématique ou les varia. En lien avec d’autres centres de recherche français, italiens et étrangers, il développe différents programmes sur l’histoire de l’art européen de la Renaissance à nos jours. Il encadre les pensionnaires historiens de l’art et restaurateurs ainsi que les lauréats Daniel Arasse (huit doctorants par année, en partenariat avec l’École française de Rome) et  les lauréats André Chastel (trois chercheurs post-doctorat par année, en partenariat avec l’Institut National d’Histoire de l’Art).

Le département  est également responsable de la conservation, de l’étude et de la valorisation des collections d’œuvres d’art, du patrimoine et des archives de l’Académie. Il assure le support scientifique des visites guidées de la Villa Médicis.

 

Lieu: Rome, Italie

Nature: Stage

Fonction : Assistance au département d’histoire de l’art

Durée: 5 mois

Début: mars 2017

Informations complémentaires: convention de stage obligatoire

 

 

Descriptif :

Le stage consiste à assister le département dans son action éditoriale, patrimoniale (archives, collection de l’Académie et  patrimoine de la Villa Médicis) et dans son activité logistique (organisation des colloques, des journées d’études, des présentations de livres).

 

 

Activités principales

Publications et colloques, en collaboration avec l’Assistante chargée des colloques et des publications :

  • Aide à l’envoi et à la réception des épreuves ;
  • Aide au contact avec le comité de rédaction ;
  • Aide à l’organisation de colloques, journées d’études, présentation de livres.

 Patrimoine et archives, en collaboration avec l’Assistante chargée du patrimoine et des archives :

  • Aide au pré-marquage et au marquage des collections ;
  • Aide à l’enrichissement du nouvel inventaire en cours de réalisation ;
  • Aide à la mise au point de dossiers individuels d’œuvres ;
  • Aide au suivi des restaurations des collections ;
  • Aide à l’organisation muséographique des collections.

 

Profil recherché:

  • Étudiant(e) niveau Master (1 ou 2) ;
  • Formation en histoire de l’art ;
  • Maitrise parfaite des langues française et italienne (parlé et écrit) ;
  • La connaissance de l’anglais est appréciée ;
  • Maîtrise des outils bureautiques standards ;
  • Intéressé par l’édition ;
  • Intéressé par la recherche.

 

Compétences:

  • Rigueur et sens de l’organisation ;
  • Dynamisme, disponibilité ;
  • Autonomie et capacité d’adaptation ;
  • Très bonnes qualités relationnelles et capacité à travailler en équipe ;
  • Curiosité intellectuelle ;
  • Esprit méticuleux ;
  • Très bonne orthographe.

 

Envoyer CV et lettre de motivation en français à la Responsable des Ressources Humaines Lavinia Triglia avant le 20 octobre 2016: lavinia.triglia@villamedici.it

 

 

09 septembre 2016

Appel à candidature pour la bourse André Chastel (INHA / Villa Médicis)

Lauréats André Chastel

L’Institut National d’Histoire de l’Art et l’Académie de France à Rome ouvrent l’appel à candidature pour la sélection des lauréats André Chastel 2017

 

Depuis 2010, l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) et l’Académie de France à Rome attribuent chaque année trois bourses pour des recherches de niveau postdoctoral portant sur l’art de la Renaissance à nos jours.

Ces bourses sont destinées aux historiens de l’art (maîtres de conférences, professeurs des universités, conservateurs du patrimoine, chercheurs indépendants), français ou étrangers, souhaitant se rendre à Rome pour y effectuer des recherches. Les candidats doivent être titulaires d’un doctorat ou justifier d’une expérience professionnelle équivalente ou être conservateurs du patrimoine.

Les lauréats sont logés à la Villa Médicis pour une durée de quatre à six semaines.

 

COMMISSION DE SÉLECTION

 

La commission de sélection est composée du directeur général de l’INHA, de la directrice de l’Académie de France à Rome, de la directrice du département des études et de la recherche de l’INHA, du chargé de mission pour l’histoire de l’art à l’Académie de France à Rome et d’une personnalité extérieure. La commission se réunit une fois par an à l’automne pour choisir les lauréats de l’année suivante.

 

 

 

DOSSIER DE CANDIDATURE

 

Les dossiers de candidature pour la sélection 2017 doivent parvenir à l’INHA et à l’Académie de France à Rome au plus tard le 8 octobre 2016 avant minuit (par courriel uniquement – cf. adresses ci-dessous).

 

Le dossier doit comprendre :

 

  1. Une lettre de candidature adressée au directeur général de l’INHA et à la directrice de l’Académie de France à Rome.
  2. Un curriculum vitae
  3. Un programme de travail détaillé (4 pages maximum) en langue française, italienne ou anglaise comprenant :
    • une présentation générale de la recherche ;
    • un argumentaire explicitant la nécessité de la présence du candidat à Rome dans le cadre de son sujet de recherche ;
    • les institutions de recherche où se trouvent la documentation et les archives à consulter.
  4. Une attestation de deux personnalités scientifiques appuyant la candidature.
  5. Une fiche de renseignements dûment remplie, à télécharger :
  • soit sur le site de l’INHA : inha.fr (Recherche – Le Département des études et de la recherche – Appels à candidatures – Liste annuelle des appels à candidature – Bourses André Chastel);
  • soit sur le site de l’Académie : villamedici.it (Résidences – Lauréats – Lauréats André Chastel).

 

Le dossier de candidature doit être envoyé par courriel aux trois adresses suivantes :

 

Pour l’INHA à : Chantal Georgel (chantal.georgel [at] inha.fr)

 

Pour l’Académie de France à Rome à :

Jérôme Delaplanche (jerome.delaplanche [at] villamedici.it)

et copie à Patrizia Celli  (patrizia.celli [at] villamedici.it)

 

09:30 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)

08 septembre 2016

Appel à candidature pour la Bourse Daniel Arasse

 Lauréats Daniel Arasse

 

 L’École française de Rome et l’Académie de France à Rome ouvrent l’appel à candidature pour la sélection des lauréats Daniel Arasse 2017

 

Depuis 2001, dans le cadre d’échanges scientifiques, l’École française de Rome et l’Académie de France à Rome attribuent chaque année huit bourses pour des recherches doctorales portant sur l’art de la Renaissance à nos jours.

Ces bourses sont destinées aux chercheurs en histoire de l’art, français et étrangers, titulaires d’un Master 2 français ou d’un diplôme équivalent (laurea specialistica), inscrits en doctorat et souhaitant se rendre à Rome pour y effectuer des recherches.

Les lauréats sont logés à la Villa Médicis pour une durée de quatre semaines.

Le montant de la bourse s’élève à 900 €. Le lauréat devra s’acquitter d’une participation de 10 € par jour au titre des frais d’entretien.

Une caution sera demandée à l’arrivée sous la forme d’un chèque bancaire qui sera restitué au moment du départ.

S’agissant d’un séjour de recherche, les lauréats doivent résider à la Villa Médicis sans famille. Ils ne peuvent pas non plus accueillir des hôtes de passage.

Les lauréats doivent arriver et repartir du lundi au jeudi de 9h à 13h et de 14h à 16h30 et le vendredi de 9h à 13h et de 14h à 15h30.

 

Commission de sélection 

La commission de sélection est composée du directeur de l’École française de Rome, du directeur de l’Académie de France à Rome, du directeur des études pour les Époques moderne et contemporaine à l’École française de Rome et du chargé de mission pour l’histoire de l’art à l’Académie de France à Rome.

La commission se réunit une fois par an à l’automne pour choisir les lauréats de l’année suivante.

 

Dossier de candidature

Les dossiers de candidature pour la sélection 2017, doivent parvenir à l’École française de Rome et à l’Académie de France à Rome au plus tard le 31 octobre 2016 avant minuit (par courriel uniquement – cf. adresses ci-dessous).

Le dossier doit comprendre :

  1. Une lettre de candidature adressée au directeur de l'École française de Rome et au directeur de l’Académie de France à Rome.
  2. Un curriculum vitae
  3. Un programme de travail détaillé en quatre points (4 pages maximum) en langue française comprenant:
    1. la présentation générale de la recherche de doctorat (20-30 lignes maximum) ;
    2. le sujet particulier nécessitant la présence du candidat à Rome pendant un mois (15-20 lignes) ;
    3. la méthode proposée pour traiter ce sujet déterminé (1 page maximum) ;
    4. les institutions de recherche où se trouvent la documentation et les archives, et la bibliographie à consulter (une à deux pages maximum).
  4. Une attestation du directeur de recherche.
  5. Une fiche de renseignements dûment remplie, à télécharger : 
  • soit sur le site de l’EFR : efrome.it (Accueil > Candidater > Devenir boursier);
  • soit sur le site de l’Académie : villamedici.it (Résidences > Lauréats > Lauréats Daniel Arasse).

Le dossier de candidature doit être envoyé par courriel aux deux adresses suivantes :

École Française de Rome : secrmod [at] efrome.it  

Académie de France à Rome : patrizia.celli [at] villamedici.it

09:02 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)

06 août 2016

Exposition Charles Le Brun

Formidable exposition Charles Le Brun au Louvre Lens actuellement ! Coysevox.jpgLa dernière rétrospective un peu globale sur l'artiste datait de 1963 (par Jacques Thuiller à Versailles) et il reste toujours difficile de comprendre pourquoi les monographies sur le premier peintre de Louis XIV étaient depuis cette date pour ainsi dire inexistantes. Pourquoi cet artiste à l'activité si prodigieuse, à l’œuvre si central dans la culture française du Grand Siècle a dû attendre 2016 pour être célébré comme il se doit ? Peu importe en définitive car cette longue maturation a finalement abouti à une exposition parfaitement réussie, dont le commissariat est assuré par Bénédicte Gady et Nicolas Milovanovic, et à un catalogue somme. Il y avait bien eu quelques études ponctuelles sur des chantiers particuliers (de plus en plus nombreuses d'ailleurs ces derniers temps), l'inventaire des dessins du fonds du Louvre (2000) et naturellement la remarquable thèse de Bénédicte Gady. Nous avons désormais ce beau catalogue d'exposition, mais nous attendons impatiemment aujourd'hui la monographie chez Arthena, souvent annoncée et devant paraître prochainement.

712202267_B978684881Z.1_20160518104143_000_GQO6QDABB.3-0.jpgL'un des premiers mérites de cette exposition est de faciliter le contact avec la peinture de Le Brun souvent très dispersée, mal visible dans les églises, cachée dans les collections privées. Voici qu'aujourd'hui on peut VOIR Charles Le Brun. Le Saint Jean à la porte Latine de Saint-Nicolas du Chardonnet si mal présenté ordinairement, sous un spot jaune infâme, apparaît à Lens dans toute sa splendeur. Les coups de pinceau d'un blanc crémeux sont superbes... Le drapé au centre de la Suzanne justifiée par Daniel est saisissant. Le bélier dont la laine se mêle au buisson dans le Sacrifice d'Isaac est confondant de virtuosité. Les Noces de Moïse et Séphora, l'un des tableaux de la toute fin de la vie du peintre, offrent un spectacle subjuguant.

67.jpg

Nicolas Le Brun.jpg

tumblr_o81ux5lRXd1skc38no1_1280.jpg

Intelligente, inventive, généreuse, l'exposition met naturellement en valeur la variété exceptionnelle des activités de Charles Le Brun, montrant son actions et son intervention continuelle dans les arts décoratifs, pour les tapisseries, les sculptures, la théorie de l'art, et jusqu'aux fêtes royales...

Souvent les expositions monographiques sont de redoutables épreuves pour les peintres qui deviennent vite lassant, répétitif et qui parfois dévoilent leur faiblesse. Le Brun est au contraire un esprit prodigieusement multiple et l'exposition comme l'artiste ne lassent jamais. C'est continuellement passionnant.

 

752539972_B978684881Z.1_20160518104143_000_GQO6QDAD3.3-0.jpg

On aurait tant aimé y retourner dix fois. Cependant, le choix de cette localisation décentralisée est particulièrement cruel pour l'amateur d'art. (Avec un train qui arrive à 9h pour une musée qui ouvre à 10h, et pas un lieu pour attendre l'ouverture, aucun aménagement, pas même un banc pour s'asseoir). Heureusement, la galerie du Temps est toujours aussi agréable et stimulante.

10 juin 2016

Italie rêvée, Italie fantasmée - Parution du dernier numéro de Studiolo

Studiolo 12 (2).jpgL'Académie de France à Rome - Villa Médicis vient de faire paraître (avec un peu de retard) le dernier numéro de Studiolo, la revue scientifique du département d'histoire de l'art.

Le dossier thématique de ce numéro 12 (2015) est consacré à l'Italie rêvée, l'Italie fantasmée.

"Sanctuaire des chefs-d’œuvre de l’Antiquité, cœur des innovations de la Renaissance, rivale de la France pendant le Grand siècle, l’Italie est devenue la patrie du Grand Tour, le chemin vers l’Orient, une terre d’accueil pour des artistes en quête de lumières prodigieuses, ou nostalgiques de la grandeur classique. Elle a été parcourue, rêvée ou fantasmée par nombre d’artistes. Son paysage apparaît alternativement comme un souvenir, une recomposition ou un protagoniste (dans le cinéma d’Antonioni ou de Fellini, par exemple). Depuis le fantasme de l’Italie idéale ou au contraire l'image de la malavita, l’allégorie ou la caricature, en passant par la célébration ou le monument (durant le Risorgimento), les Italie(s) sont multiples."

Studiolo a ainsi constitué un dossier qui rend compte de quelques-unes de ces visions et mythologies, fantasmes ou représentations artistiques de l’Italie, de la Renaissance à nos jours.

 

 

 

 

 

Sommaire:

 

DOSSIER : Italie rêvée, Italie fantasmée

Andrea E. Bell

From Subject to Style in French Neoclassicism: Architectural Drawing in the Campagne

Anna Jolivet

L’artiste comme figure romantique. Un exemple de processus de mythification de l’école vénitienne en France au XIXe siècle

Elena Marchetti

Paul Flandrin in Italia (1834-1838), tra Ingres et Corot

Sara Vitacca

Les rêves de pierre: Gustave Moreau et l’inspiration des modèles sculptés de Michel-Ange

Cecilia Ferrari

Savonarola, 1935: le fantasme de Benito Mussolini, le fantasme de Jacques Copeau

DOSSIER : CHAMP LIBRE

Josephine Holvorson

 

VARIA

Clarisse Evrard

La suite gravée des Vases de Jacques Ier Androuet du Cerceau (c.1511-1585), de l'anthologie d'estampes italiennes au cahier de modèles à vocation pédagogique

Éric Pagliano

Commencement potentiel «Se servir des inventions d'autrui» et les modifier

Florian Métral

L’art est une histoire de création. Retour sur la chapelle Chigi de Santa Maria del Popolo à Rome

Costanza Barbieri

Venezia a Roma: “la maniera disforme” di Sebastiano nella Loggia della Galatea

Clovis Whitfield

Domenichino and the ‘Carracci’ Landscape

Alessandro De Stefani

Modigliani alla Cité Falguière: la prima fase della scultura nel suo contesto immediato

 

REGARDS CRITIQUES

Elisa Coletta

La descrizione della pittura: Louis Marin e Nicolas Poussin a confronto

 

L’HISTOIRE DE L’ART À L’ACADÉMIE DE FRANCE À ROME – VILLA MÉDICIS, 2014

Cécile Lebrenne

Un portrait d’Ingres par Henry Lehmann, dernier hommage de l’élève au maître

Emiliano Ricchi

Balthus e i «décors Balthus» a Villa Medici. L’opera dell’artista e gli interventi del restauratore Angelo Arnolfo Crucianelli

Patrizia de Culli

L’Accademia di Francia nella Grande Guerra: storia di un microcosmo

 

Studiolo n° 12 - 2015

Italie rêvée, Italie fantasmée
Coédition Académie de France à Rome – Villa Médicis / Somogy
353 pages
21,5 x 28,5 cm
29 €
ISBN 978-2-7572-211786
ISSN 1635-0871
Imprimé en Italie en avril 2016

 

Le numéro suivant de Studiolo sera consacré au thème du dépaysement et sortira à la fin de l'année 2016.

Enregistrer

23 avril 2016

Nouvelle publication : un tableau n'est pas qu'une image

couverture HDR.jpgLes Presses Universitaires de Rennes viennent de faire paraître ma thèse d'Habilitation à Diriger des Recherches que j'avais soutenue en décembre 2014.

Voici le propos :

La progressive prise en considération de la facture de la peinture dans la culture artistique du XVIIIe siècle est l’histoire d’un enrichissement du regard. La peinture était décrite jusqu’alors comme une fenêtre ou comme un miroir. Elle devint aussi une matière. Au commentaire d’une image s’ajouta le commentaire d’une surface. Nous sommes aujourd’hui entièrement redevables de ce retournement paradigmatique qui eut lieu vers 1760.

Ce livre ambitionne d’expliquer de quelle manière la question de la nature picturale de la peinture devient peu à peu prééminente dans les esprits de  l’époque, jusqu’à fonder notre regard critique actuel. Il analyse les tensions et interactions entre le discours et la pratique, en partant du théoricien André Félibien jusqu’au peintre Jacques-Louis David.

Textes et tableaux sont rassemblés autour de quatre lieux : (1) l’Académie et les textes théoriques ; (2) l’atelier et l'étude des pratiques ; (3) le Salon et la critique d’art  ; (4) la salle de vente et le vocabulaire des  catalogues de vente.

Sur ce dernier lieu, la méthode statistique permet de suivre très finement l’évolution chronologique du champ lexical. Chargée de promouvoir les tableaux, cette nouvelle littérature artistique n’hésite pas à en souligner audacieusement les qualités proprement picturales.

Une nouvelle voie s’ouvre alors, qui permettra, un siècle plus tard, à Delacroix d’affirmer précisément que « le premier mérite d’un tableau est d’être une fête pour l’œil ».

 

On trouvera en accès libre sur le site de l'éditeur le texte entier de l'introduction.

Je présenterai l'ouvrage au musée des Beaux-Arts de Tours le samedi 4 juin 2016 à 16h.

 

Un tableau n’est pas qu’une image. La reconnaissance de la matière de la peinture en France au XVIIIe siècle, Rennes, Presses Universitaire de Rennes, collection "Art et Société", 2016

Format : 17 x 24,5 cm
Nombre de pages : 240 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

ISBN : 978-2-7535-4370-6

Disponibilité : en librairie
Prix : 26,00 €

21 mars 2016

Colloque à la Villa Médicis - janvier 2017

Appel à communication :

Les Académies artistiques

entre héritage et débats artistiques contemporains

Gypsothèque 2015 © Justine Emard, ADAGP.jpg

© Justine Emard, ADAGP

 

L’Académie de France à Rome, l’Accademia Nazionale di San Luca et l’Accademia di Belle Arti di Roma organisent un colloque international à l’occasion des 350 ans de la fondation de l’Académie de France à Rome. Ce colloque international coïncidera avec la clôture de trois expositions reliées : une à la Villa Médicis, 350 ans de création. Les artistes de l’Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours ; la deuxième à l’Accademia di San Luca, Roma-Parigi: accademie a confronto. Rapporti tra l'Accademia di San Luca e la Francia secc. XVII-XIX ; et la troisième à l’Accademia di Belle Arti, Accademia, Accademie: tra ricerca, trasmissione e creazione artistica, secc. XIX-XXI.
Il se tiendra dans ces trois institutions, successivement les 11, 12 et 13 janvier 2017.

Le colloque entend réfléchir sur les enjeux historiques et actuels du fonctionnement des académies artistiques à Rome et ailleurs, en particulier dans leurs rapports à la tradition dans un contexte de transmission du savoir et de soutien à la création. Il s’attardera sur la manière dont les académies se sont organisées entre-elles, autonomisant leurs activités didactiques et scientifiques, depuis l’Accademia del Disegno fondée à Rome en 1593, aux grandes réformes institutionnelles du XIXème siècle et jusqu'à la création contemporaine.

Les langues du colloque seront le français, l’italien et l’anglais. Les propositions de communication devront être soumises avant le 15 juin 2016, et devront comporter un titre, un texte de 2500 signes maximum et une présentation biographique de l’auteur. Le comité scientifique et organisationnel, composé de représentants des trois institutions, choisira un maximum de 30 participants. Les participants seront informés de la sélection autour du 15 juillet 2016.

Les propositions devront être soumises par courriel, en spécifiant « colloque 350 ans » dans l’objet du message, et envoyées à patrizia.celli[at]villamedici.it

Toutes les informations se trouvent ici.

 

28 janvier 2016

Concours 2016 des pensionnaires de la Villa Médicis - Académie de France à Rome

Le concours de recrutement des nouveaux pensionnaires de la Villa Médicis s'est ouvert il y a quelques jours. Les candidatures doivent parvenir à l'Académie de France à Rome avant 17 février 2016.

Tous les renseignements se trouvent sur le site internet de l'Académie.

À l'origine réservé aux artistes, ce concours est depuis la réforme Malraux de 1971 ouvert aux historiens de l'art travaillant sur l'art européen de la Renaissance à nos jours et aux restaurateurs.

2015-07-23 003.jpg

 (Au centre de la photo, derrière un arbre, les bureaux du département d'histoire de l'art de la Villa Médicis)

 

 

00:00 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)