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09 septembre 2017

Appel à candidatures | Lauréats Daniel Arasse 2018

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L’École française de Rome et l’Académie de France à Rome – Villa Médicis ouvrent l’appel à candidature pour la sélection des lauréats Daniel Arasse 2018.


Depuis 2001, dans le cadre d’échanges scientifiques, l’École française de Rome et l’Académie de France à Rome – Villa Médicis attribuent chaque année huit bourses de lauréats Daniel Arasse pour des recherches doctorales portant sur l’art de la Renaissance à nos jours. Ces bourses sont destinées aux chercheurs en histoire de l’art, français et étrangers, titulaires d’un Master 2 français ou d’un diplôme équivalent (laurea specialistica), inscrits en doctorat et souhaitant se rendre à Rome pour y effectuer des recherches.
Les dossiers de candidature pour la sélection 2018 doivent parvenir à l’École française de Rome et à l’Académie de France à Rome au plus tard le 31 octobre 2017 avant minuit (par courriel uniquement). Le dossier de candidature doit être envoyé par courriel aux deux adresses suivantes :


École française de Rome : secrmod@efrome.it
Académie de France à Rome : patrizia.celli@villamedici.it.

Plus d'information.

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08:42 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)

Appel à contributions – L’art figuratif au temps de l’Art déco

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L’Académie de France à Rome – Villa Médicis et l’université Bordeaux-Montaigne organisent un séminaire de recherche sur la peinture et la sculpture de la première moitié du XXe siècle autour de la production des récipiendaires du Prix de Rome.
Ce séminaire prendra la forme d’un atelier d’écriture et se déroulera pendant trois jours du lundi 14 mai au mercredi 16 mai 2018 à la Villa Médicis à Rome.
Les participants de ce séminaire se rassembleront pendant trois jours dans l’un des salons de la Villa Médicis pour échanger et confronter les savoirs, et pour amorcer la mise en forme de la réflexion critique. Ils auront à leur disposition de la bibliographie (ouvrages, articles), des documents d’archives, des images. Les oeuvres issues des collections de la Villa Médicis et datant de la période 1905-1945 seront présentés aux participants.
Au terme de ces trois jours d’atelier d’écriture, une fois la matière historique et artistique problématisée, le travail sera réparti entre les chercheurs pour la rédaction d’essais qui formeront les chapitres du livre sur le sujet selon un calendrier qui sera proposé aux participants.

La langue du séminaire sera le français.
Les propositions de participation devront être soumises avant le 31 octobre 2017, et devront comporter :
– une lettre témoignant de l’intérêt pour le sujet et pour les modalités de travail du séminaire, et proposant des perspectives de contributions ;
– une brève présentation biographique avec une liste des publications du candidat en rapport avec le sujet du séminaire ;
– une liste de suggestions bibliographiques sur le sujet du séminaire.
Les participants seront informés de la sélection vers le 30 novembre 2017.
Les propositions devront être soumises par courriel, en spécifiant « Art Déco » dans l’objet du message, et envoyées à patrizia.celli@villamedici.it.

Plus d'information.

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Appel à candidature pour la bourse André Chastel (INHA / Villa Médicis)

cs_fr_chastel-2018.jpgL’Institut National d’Histoire de l’Art et l’Académie de France à Rome ouvrent l’appel à candidature pour la sélection des lauréats André Chastel 2018

Depuis 2010, l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) et l’Académie de France à Rome attribuent chaque année trois bourses pour des recherches de niveau postdoctoral portant sur l’art de la Renaissance à nos jours.

Ces bourses sont destinées aux chercheurs en histoire de l’art, français ou étrangers, souhaitant se rendre à Rome pour y effectuer des recherches. Les candidats doivent être titulaires d’un doctorat, justifier d’une expérience professionnelle équivalente ou être conservateurs du patrimoine.

Le montant de la bourse s’élève à 1500 €. Les lauréats sont logés à la Villa Médicis pour une durée de quatre à six semaines (participation de 10 € par jour au titre des frais d’entretien).

COMMISSION DE SÉLECTION

La commission de sélection est composée du directeur général de l’INHA, de la directrice de l’Académie de France à Rome, de la directrice du département des études et de la recherche de l’INHA, du chargé de mission pour l’histoire de l’art à l’Académie de France à Rome et d’une personnalité extérieure. La commission se réunit une fois par an à l’automne pour choisir les lauréats de l’année suivante.

DOSSIER DE CANDIDATURE

Les dossiers de candidature pour la sélection 2018 doivent parvenir à l’INHA et à l’Académie de France à Rome au plus tard le 8 octobre 2017 avant minuit.

Plus d'information.

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08:07 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)

20 juillet 2017

Appel à article : Studiolo n° 15

Villa loggia.jpg

 

Appel à articles

Studiolo no 15 – 2018

 

Publiée par l’Académie de France à Rome, Studiolo est une revue annuelle d’histoire de l’art dédiée aux échanges artistiques entre l’Italie, la France et l’Europe de la Renaissance à nos jours.

Elle constitue un espace ouvert aux recherches les plus actuelles qui occupent l’histoire de l’art, dans ses objets comme dans ses méthodes.

Chaque livraison comporte un dossier, des varia, une rubrique regards critiques consacrée à l’historiographie et, dans la rubrique l’histoire de l’art à la Villa Médicis, une actualité des activités du département d'histoire de l’art et des chantiers de restauration à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis. Enfin, dans champ libre, Studiolo ouvre ses pages aux pensionnaires artistes de l’année en cours.

 

Dossier Studiolo 15 :

 

 

Femmes, art et Italie

                                              

Artistes, mécènes, inspiratrices… c’est à ces femmes que veut s’intéresser le prochain numéro de Studiolo. L’histoire de l’art est en quête d’elles et redécouvre progressivement le rapport privilégié qu’elles ont eu avec les œuvres. Du collectionnisme vorace d’Isabelle d’Este à la fièvre de bâtir de Catherine de Médicis, des peintures tourmentées d’Artemisia Gentileschi à la touche délicate de Rosalba Carriera ou aux installations singulières de Tatiana Trouvé, fatales ou muses, les femmes sont à la source de bien des créations.

Dans le domaine extrêmement dynamique des études actuelles (historiques, anthropologiques, sociologiques, économiques…) s’ouvrent ainsi des champs d’investigation nouveaux autour de la spécificité féminine, afin de mieux saisir les diverses stratégies mises en place par les femmes pour légitimer leur pouvoir ou promouvoir leur réputation et leur carrière artistique.

Longtemps écartées de l’apprentissage et de la pratique artistique, réduites à s’exprimer dans des genres secondaires, elles ont progressivement conquis autonomie et reconnaissance, réussissant peu à peu à concilier identité féminine et vocation artistique.

Ce nouveau numéro de Studiolo interrogera la place et le rôle des femmes dans la création artistique en Europe, et notamment en Italie, de la Renaissance à aujourd’hui à travers différents éclairages : la formation des femmes artistes ; la création au féminin, notamment dans son rapport au masculin ; les grandes figures du collectionnisme et du mécénat au féminin ; l’influence des mouvements féministes sur la création artistique aux xxe et xxie siècles ; les femmes écrivant sur l’art ; ou encore la place des femmes dans les institutions culturelles en France et en Italie.

Les articles peuvent être publiés en trois langues, français, italien et anglais, et doivent être inédits. Dans les rubriques dossier, varia et regards critiques, les articles doivent être compris entre 30 000 et 80 000 signes (espaces et notes comprises). Dans la dernière rubrique histoire de l’art à la Villa Médicis, ils doivent être compris entre 10 000 et 50 000 signes (espaces et notes comprises).

Les œuvres reproduites doivent être fournies par les auteurs et libres de droits.

Les auteurs devront se charger de mettre en forme leur article selon les normes éditoriales (disponibles sur le site de l’Académie de France à Rome www.villamedici.it).

 

L’article doit être accompagné d’un résumé de 800 signes environ et d’une biographie de l’auteur de 800 signes également présentant ses fonctions, ses recherches en cours et ses publications récentes, et complété par son adresse électronique. Ce résumé et cette biographie sont transmis dans un document distinct.

Tous ces documents sont à envoyer par courriel, au format Word, à Jérôme Delaplanche, rédacteur en chef de la revue : jerome.delaplanche@villamedici.it

 

Remise des articles : 15 décembre 2017

Parution : fin 2018

 

 

Directeur de la publication : Muriel Mayette-Holtz

Rédacteur en chef : Jérôme Delaplanche

Coordination éditoriale : Patrizia Celli et Cecilia Trombadori

Comité de rédaction : Claire Barbillon (Université Paris Ouest Nanterre), Marc Bayard (Mobilier National), Olivier Bonfait (Université de Bourgogne), Maurice Brock (CESR, Tours), Luisa Capodieci (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Stefano Chiodi (Università di Roma 3), Elena Fumagalli (Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia), Sophie Harent (musée Bonnat-Helleu, Bayonne), June Hargrove (University of Maryland), Michel Hochmann (EPHE) Dominique Jarrassé (Université de Bordeaux 3, École du Louvre), Fabrice Jesné (École française de Rome), Annick Lemoine (Université Rennes 2, Festival de Fontainebleau), Christophe Leribault (Petit Palais, Paris), François-René Martin (ENSBA, École du Louvre), Maria Grazia Messina (Università degli Studi di Firenze), Patrick Michel (Université Charles de Gaulle - Lille 3), Philippe Morel (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Pierre Pinon (CNRS), Rodolphe Rapetti (Ministère de la culture), Patricia Rubin (Institute of Fine Arts, New York), Tiziana Serena (Università degli Studi di Firenze), Anne Spica (Université de Lorraine).

 

 

 

 

 

03 avril 2017

Dépaysé / Spaesato - Parution du dernier numéro de Studiolo

Studiolo 13.jpgL'Académie de France à Rome - Villa Médicis vient de publier le dernier numéro de Studiolo, la revue annuelle du département d'histoire de l'art de l'Académie.

Le dossier thématique de ce numéro 13 (2016) est consacré au dépaysement.

"Mille motivations peuvent pousser l’artiste à voyager et à changer de pays. Mais sa sensibilité créative, une fois sur le lieu, est rarement épargnée par l’expérience du dépaysement. L’exemple de l’Italie est le plus fréquent dans la culture occidentale : depuis la Renaissance, le voyage vers la Péninsule par les artistes français et plus largement européens, et même d’encore plus loin, fut un mouvement pratiquement continuel tout au long des siècles. On s’y rend souvent à la recherche d’un modèle supérieur, l’Antique, Raphaël, mais on y trouve également autre chose, une lumière, une vie populaire, une campagne. La question du dépaysement permet ainsi de repenser les échanges entre l’Europe et l’Italie sous l’angle de l’étonnement et non plus seulement celui de la reconnaissance de la Patrie des Arts. Le voyage de l’artiste, qui est un des topos de l’histoire de l’art, est ainsi exploré par un éclairage différent, attentif à la part d’étrangeté, d’inattendu pour ne pas dire d’incongru. Car au fond cette expérience du dépaysement est celle de l’altérité.

L’Italie est aussi une porte vers un plus lointain, un Orient qui désoriente, et ainsi le thème du dépaysé est l’occasion pour Studiolo de s’ouvrir vers des terres nouvelles, du « mystérieux Orient » à la « lointaine Afrique » et d’interroger la présence (coloniale ?) de nations étrangères. L’Académie de France à Rome elle-même est une institution dépaysée qui a pris sa place dans le paysage culturel italien. Mais ce dépaysement peut être exploré en sens inverse : il y a le regard de l’Européen sur le monde, mais également, et de plus en plus, le regard du monde sur l’Europe. Le dépaysement s’explore aussi sans mobilité, par la réception des apports de l’étranger."

 

Sommaire

Dossier : Dépaysé / Spaesato

Tamara Dominici

Quentin Metsys e l’Italia: immagini di un viaggio

Gabrielle de Lassus Saint-Geniès

Raphaël dépaysé par le siècle des Romantiques

Juliette Milbach

L’Italie des peintres soviétiques : un déracinement temporel

Teresa Leonor M. Vale

Uno scultore portoghese a Roma: José de Almeida (1708-1770) e l’Accademia di Portogallo nella prima metà del Settecento

dossier / champs libre

Lek & Sowat

Adina Mocanu & Alexandra Sand

Anne-Margot Ramstein & Laurent Bazin

 

Varia

Cécile Beuzelin

Le sourire du Laocoon dans la Pala Pucci de Jacopo Pontormo

Adriano Amendola

Ripensare Ottavio Leoni. I rapporti con gli Orsini e un nuovo ritratto in piccolo

Esther Theiler

Valentin de Boulogne’s Portraits of Raffaello Menicucci: The Buffoon Count of Monte San Savino

Rachel George

Organisation et mise en place de l’atelier de l’Accademia di San Luca de Rome au primo Seicento

Pascale Cugy

Variations européennes autour des gravures de modes parisiennes. Commerce, copies et adaptations

d’images d’habits sous le règne du Roi-Soleil

Jean-Marc Hofman

Une collection de plâtres méconnue. Les moulages de sculpture du Moyen Âge français de la Villa Médicis

 

Regards critiques

Bruno Chenique

Géricault en Italie : libre arbitre et république du génie. Deux siècles de recherches (1816-2016)

Dominique Jarrassé

Usage fasciste de l’art colonial et dénis d’histoire de l’art. Les Mostre d’arte coloniale (Rome 1931 et Naples 1934)

Myriam Metayer

Art national ou art universel ? L’impérialisme des manuels et des synthèses publiés en Italie et en France : une relecture postcoloniale

Carmen Belmonte

Biografia di un dipinto. La Battaglia di Dogali di Michele Cammarano tra retorica coloniale e sfortuna espositiva

 

L’histoire de l’art à la Villa Médicis

Le département d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome

Patrimoine

Les chantiers de restauration à la Villa Médicis, 2015

Sophie Kervran

Le fonds graphique de l’Académie de France à Rome : une collection révélatrice de l’histoire de l’institution

Lena-Maria Perfettini

Catalogue raisonné des tableaux de chevalet de la Villa Médicis, hors portraits de pensionnaires

Patrizia Celli

L’Accademia di Francia e le conseguenze della Grande Guerra

 

20 mars 2017

Colloque : Appel à communication. L’ART DE LA BATAILLE

Colloque international d’histoire de l’art

Appel à communication

 

panorama de Waterloo 1912.jpg

Louis-Jules Dumoulin, Panorama de la bataille de Waterloo
Braine-l'Alleud (Belgique), 1912

 

 

L’ART DE LA BATAILLE
Stratégies visuelles de la scène de bataille
de la Renaissance à nos jours

 

L’Académie de France à Rome – Villa Médicis organise un colloque international sur la mise en images de la bataille par les artistes depuis la Renaissance, dans toutes les techniques visuelles, de la peinture au cinéma. Ce colloque, dirigé par Jérôme Delaplanche, chargé de mission pour l’histoire de l’art à l’Académie, est soutenu par la Bibliotheca Hertziana (Institut Max Planck pour l’Histoire de l’art), l’université Lumière Lyon 2, l’École Pratique des Hautes Études, l’université Paris Diderot - Paris 7 et par le Dipartimento di Studi Umanistici de l’université Roma Tre.

Il se déroulera à Rome les 16 et 17 novembre 2017 avec des sessions à la Villa Médicis et à la Bibliotheca Hertziana.

 

Présentation

La mise en images de la bataille a toujours représenté un défi pour les artistes car l’action militaire requiert un agencement formel capable de transmettre l’ampleur – géographique, humaine, matérielle, mais aussi politique et idéologique – des événements.  Pour répondre à cette exigence, les artistes ont déployé des ressources créatives liées aux spécificités de chaque médium artistique, afin de donner au spectateur une image immersive ou pédagogique de la scène de bataille.

Le colloque propose d’étudier la naissance de cette ambition et les modalités selon lesquelles des artistes, dans différents contextes de commande ou de création, ont mis en espace ou en séquence temporelle le récit guerrier de manière à susciter une expérience du regard, voire une expérience physique de l’événement chez le spectateur.

Le colloque se tiendra sur deux jours. Une première partie, coordonnée par Joana Barreto (MCF, université Lumière-Lyon 2, membre du LARHRA) et Pauline Lafille (doctorante, EPHE, membre du SAPRAT), sera consacrée à la fortune particulière de la scène de bataille à partir de la Renaissance, à ses expérimentations spatiales et à ses évolutions morphologiques et iconographiques.

Le nouvel élan mimétique révolutionne la narration historique dans les images fixes ou mobiles, souvent caractérisés par une monumentalité inédite, en introduisant une tension entre une démarche inclusive du spectateur dans l’action afin de susciter l’empathie et la recherche d’un point de vue panoramique propice au développement narratif. Les scènes de bataille se multiplient alors dans différents espaces palatiaux (grandes salles, appartements privés, galeries) et tendent à adopter des dispositifs iconographiques variés et souvent originaux (séquence linéaire, face-à-face, décomposition de l’action) destinés à provoquer un effet puissant sur le spectateur : celui-ci oscille alors entre un sentiment d’écrasement face à l’image de la bataille et la recherche active de son intelligibilité.

Outre les scènes isolées, le colloque propose d’interroger également la création de typologies d’espaces associés exclusivement au thème militaire, la salle et la galerie des batailles, qui témoignent des nouvelles ambitions politiques et figuratives de la scène de guerre depuis la « Révolution militaire ». Les prémisses, majoritairement italiennes, de ces images de guerre des XVe et XVIe siècles, puis leur développement européen, en Espagne, en France, en Angleterre, en Europe centrale et du Nord, seront à envisager jusqu'au XVIIIe siècle.

Une deuxième partie, coordonnée par Gaspard Delon (MCF, université Paris 7, membre du CERILAC) et Laura Iamurri (Prof. associata, università Roma Tre, Dipartimento di Studi Umanistici), sera dédiée aux périodes où l'invention de la photographie puis du cinéma renouvelle les conditions de la mimesis dans la représentation de la guerre. Alors que la mise en images de la bataille apparaît dans des contextes de commande et de réception assez différents de la période précédente, l’ambition de figurer la bataille tend à rapprocher toujours davantage l’expérience vécue par le spectateur de celle du soldat.

Les panoramas du XIXe siècle cherchent à employer de nouveaux moyens pour renforcer encore l’expérience vécue en augmentant l’illusion visuelle et spatiale de manière inédite. La visualisation panoptique de l'action offerte par ces dispositifs qui tendent à inclure parfois d'autres sens que la vue, notamment l'ouïe, est encore redéfinie par l’arrivée du cinéma. Corps en mouvement, montage entre points de vue successifs, déplacements de caméra, musique et bruitages y sont autant de paramètres susceptibles de contribuer à l’immersion du spectateur et à la mise en forme de l’affrontement. De Griffith et Eisenstein jusqu’aux expérimentations numériques dans les films du XXIe siècle, les représentations de batailles rangées stimulent et mettent à l’épreuve l’évolution des techniques audiovisuelles : formats larges, procédés de sonorisation et de spatialisation, recherches rythmiques, trucages, simulations de foule. Elles retrouvent ainsi, en les reformulant, les défis et ambitions esthétiques rencontrés par les artistes des siècles précédents dans leurs évocations de l’action guerrière.

 

Organisation

Les langues du colloque seront le français, l’italien, l’anglais et l’allemand. Les propositions de communication devront être soumises avant le 15 mai 2017, et devront comporter un titre, un texte de 2500 signes maximum ainsi qu’une présentation biographique de l’auteur de 2000 signes maximum. Les participants seront informés de la sélection vers le 15 juin 2017.

Chaque communication durera 20 minutes. Les textes issus des communications feront l’objet d’une expertise en vue de leur publication éventuelle.

 

Les propositions devront être soumises par courriel, en spécifiant « art de la bataille » dans l’objet du message, et envoyées à patrizia.celli@villamedici.it.

 

 

Comité scientifique : Jérôme Delaplanche (Académie de France à Rome – Villa Médicis), Joana Barreto (Lyon 2, LARHRA), Gaspard Delon (Paris 7, CERILAC), Sybille Ebert-Schifferer (Bibliotheca Hertziana, Max-Planck-Institut für Kunstgeschichte), Laura Iamurri (Roma Tre, Dipartimento di Studi Umanistici), Pauline Lafille (EPHE, SAPRAT).

 

             

27 février 2017

Offre de stage

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STAGE AU DÉPARTEMENT D’HISTOIRE DE L’ART

DE L’ACADÉMIE DE FRANCE À ROME – VILLA MÉDICIS

 

 

Description de l’organisme

 

L’Académie de France à Rome – Villa Médicis favorise la création artistique et la recherche en histoire de l’art à travers des résidences et une programmation culturelle qui vise à valoriser le dialogue entre la France et l’Italie. Créée en 1666, l’Académie de France à Rome a également pour mission de conserver et de valoriser la Villa Médicis, son siège depuis 1803, ses jardins et ses collections d’art.

 

Le département d’histoire de l’art, dirigé par un chargé de mission, développe différents programmes de recherche sur l’histoire de l’art européen de la Renaissance à nos jours en lien avec d’autres centres de recherche français, italiens et étrangers. Il coordonne la publication de Studiolo, la revue scientifique d’histoire de l’art de l’Académie. Il organise également plusieurs colloques par an qui sont régulièrement publiés par l’Académie dans sa Collection d’histoire de l’art. Il encadre les pensionnaires historiens de l’art et restaurateurs ainsi que les lauréats Daniel Arasse (huit doctorants par année, en partenariat avec l’École française de Rome) et les lauréats André Chastel (trois chercheurs post-doctorat par année, en partenariat avec l’Institut National d’Histoire de l’Art). Le département est également responsable de la conservation, de l’étude et de la valorisation des collections d’œuvres d’art de l’Académie.

 

Lieu : Rome, Italie

Nature : Stage

Fonction : Assistance au département d’histoire de l’art

Durée : 6 mois

Début : 4 septembre 2017

Informations complémentaires : convention de stage obligatoire

 

 

Descriptif :

 

Le stagiaire participera aux activités éditoriales, patrimoniales et logistiques du département.

 

Activités principales

  1. Colloque et publications, en collaboration avec l’Assistante chargée des colloques et des publications :
  • Aide à l’organisation de colloques ;
  • Aide à la relecture de textes.

 

 

  1. Patrimoine et archives, en collaboration avec l’Assistante chargée du patrimoine et des archives :

 

  • Aide à l’enrichissement de l’outil informatique de gestion des collections ;
  • Aide à la mise au point de dossiers individuels d’œuvres ;
  • Aide au suivi des restaurations des collections ;
  • Aide à l’organisation muséographique des collections.

 

Profil recherché :

 

  • Étudiant(e) niveau Master (1 ou 2) ;
  • Solide formation en histoire de l’art ;
  • Maitrise parfaite des langues française et italienne (parlé et écrit) ;
  • La connaissance de l’anglais est appréciée ;
  • Maîtrise des outils bureautiques standards ;
  • Intéressé par l’édition ;
  • Intéressé par la recherche en histoire de l’art.

 

Compétences:

 

  • Rigueur et sens de l’organisation ;
  • Dynamisme, disponibilité ;
  • Autonomie et capacité d’adaptation ;
  • Très bonnes qualités relationnelles et capacité à travailler en équipe ;
  • Curiosité intellectuelle ;
  • Esprit méticuleux ;
  • Très bonne orthographe.

 

 

 

Envoyer CV et lettre de motivation en français à la Responsable des Ressources Humaines avant le 9 avril 2017 : lavinia.triglia @ villamedici.it

30 novembre 2016

Appel à communication

L’Académie de France à Rome et l’Université Paris 8 organisent, avec la participation du Centro Sperimentale di Cinematografia – Cineteca Nazionale di Roma, un colloque international à la Villa Médicis les 15 et 16 juin 2017.

 

VERS UNE ESTHÉTIQUE DU SPECTACULAIRE

Le cinéma muet italien au croisement des arts plastiques, scéniques et décoratifs

1896-1930

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Thais (1917) - Anton Giulio Bragaglia

Présentation

Ce colloque entend questionner, sous un angle esthétique, les phénomènes ou processus de circulations conscients ou inconscients – reprises, citations, survivances, migrations – des arts et des médiums antérieurs et contemporains au cinéma. Nous réfléchirons aux rapprochements possibles entre l’industrie du cinéma et les milieux artistiques dans leur volonté de toucher un large public. L’industrie naissante du film est, en effet, prise dans une tension entre, d’une part, une quête de légitimation artistique et, d’autre part, la constitution d’un grand spectacle « populaire » qui puise dans la part visuelle des spectacles scéniques de l’époque (danse, opéra, théâtre, pantomime, tableau vivant).


Plusieurs axes sont privilégiés :
- Une énergie figurative en circulation : l’étude iconographique des motifs répétés entre les arts visuels et le cinéma ; la représentation romantique du paysage ; le futurisme et les avant-gardes.
- Des talents mis au service des arts : la contribution des peintres à la réalisation des décors et costumes de cinéma ; l’étude iconographique et historique des affiches des films et du graphisme des revues de l’époque.
- Rome, musée à ciel ouvert : la représentation de Rome en peinture et en cinéma ; les répétitions des mêmes points de vue, lieux, et cadrages. Une étude comparée des vues filmées depuis la Villa Medici et des tableaux reprenant le même point de vue sera particulièrement appréciée.
- Un cinéma de son temps : les écrits d’artistes sur le cinéma et les relations entre les différents milieux artistiques au temps du muet ; les écrits de cinéastes, de critiques et de théoriciens qui se réfèrent à la peinture, à la sculpture, et aux arts décoratifs.
- Une conception du cinéma comme « art total » : la manière dont le film art a été
conçu comme le moyen d’expression suprême, susceptible d’accomplir les aspirations de
diverses tendances artistiques situées dans l’héritage wagnérien, allant du symbolisme aux avant-gardes.

Organisation
Les langues du colloque seront le français, l’italien et l’anglais. Chaque communication durera 20 minutes. Les textes issus des communications feront l’objet d’une expertise en vue de leur publication.
Les propositions de communication devront être soumises avant le 11 mars 2017, et devront comporter un titre, un texte de 2500 signes maximum et une présentation biographique de l’auteur. Les participants seront informés de la sélection autour du 20 mars.

Les propositions devront être soumises par courriel, en spécifiant « colloque cinéma italien muet » dans l’objet du message, et envoyées à patrizia.celli @ villamedici.it.

 

Comité d’organisation
Jérôme Delaplanche (Chargé de mission pour l’histoire de l’art, Académie de France à Rome – Villa Médicis)
Céline Gailleurd (Maître de Conférences, Université de Paris 8, ESTCA)

Comité scientifique
Silvio Alovisio (Professore Associato, Università degli Studi di Torino)
Ivo Blom (Professor, Vrije Universiteit, Amsterdam)
Gian Piero Brunetta (Professore Emerito, Università degli Studi di Padova)
Michele Canosa (Professore Associato confermato, Università degli Studi di Bologna)
Laurent Guido (Professeur, Université de Lille, CEAC)
Anne-Violaine Houcke (Maître de Conférences, Université Paris Ouest-Nanterre, HAR)
Luca Mazzei (Ricercatore, Università degli Studi di Roma "Tor Vergata")

 

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Il fuoco (1916) - Giovanni Pastrone

 

 

 

28 octobre 2016

Appel à article : Studiolo n° 14

Appel à articles

Studiolo no 14 – 2017

 

 

Publiée par l’Académie de France à Rome, Studiolo est une revue annuelle d’histoire de l’art.

Elle se compose de plusieurs rubriques : un dossier dont le thème change à chaque numéro, un varia qui contient des articles sans lien avec le thème annuel, une rubrique regards critiques qui regroupe des points de vue historiographiques et enfin les informations relatives aux activités scientifiques et patrimoniales de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis.

Tous les articles des différentes rubriques de Studiolo s’inscrivent dans une perspective italienne.

 

Dossier Studiolo 14 :

 

Désir

 

En dépit de l’hostilité des défenseurs de la morale contre « le piège de la volupté charnelle » (saint Augustin), les artistes n’ont eu de cesse depuis la Renaissance de retranscrire dans la matière la sensualité du corps humain. Le modèle de l’Antiquité gréco-romaine imposait un monde de récits et d’images mettant en scène le désir et parfois le suscitant chez le spectateur. Le resurgissement à l’âge moderne de cet héritage créa alors une certaine tension entre la nudité admise de l’art classique et les pulsions de désir que ce dévoilement pouvait susciter. De l’image populaire au grand art, la création européenne a développé un goût pour l’érotisation du corps tout en entretenant un rapport complexe avec la nudité, comme l’a démontré par exemple Leo Steinberg dans l’image du Christ (1983).

L’aptitude à modeler un corps que ce soit en peinture ou dans la terre, avec la sanguine ou le burin, repose indubitablement sur la sensibilité de l’artiste. Et c’est cette sensibilité que ressent le spectateur lorsqu’il regarde attentivement les formes et les ombres. Le modelé renvoie au sens du toucher. La vision se fait tactile et la lumière devient une caresse.

Enfin, si l’œuvre d’art suscite un émoi, le seul fait même de convoiter ou de posséder l’œuvre semble s’appuyer sur les mêmes ressorts que la pulsion de désir. Le collectionnisme entretient un rapport amoureux avec l’objet d’art. Au xviie siècle, collectionner la peinture apparaissait comme un vice pour les prudes du temps.

La question du désir est ainsi à la fois très centrale dans la création artistique et régulièrement refoulée. Terre d’origine des vestiges antiques, siège de l’Église catholique, patrie de Michel-Ange et de Caravage, de Titien et de Bernin, l’Italie se place à la croisée de tous les enjeux de cette riche problématique.

Les articles peuvent être publiés en trois langues, français, italien et anglais, et doivent être inédits. Dans les rubriques dossier, varia et  regards critiques, les articles doivent être compris entre 30 000 et 80 000 signes (espaces et notes comprises). Dans la rubrique informations, ils doivent être compris entre 10 000 et 50 000 signes.

Les œuvres reproduites doivent fournies par les auteurs et libres de droits.

Si un article est retenu par le comité de rédaction, les auteurs devront se charger de mettre en forme leur article selon les normes éditoriales (disponibles sur le site de l’Académie de France à Rome www.villamedici.it).

 

L’article doit être accompagné d’un résumé de 800 signes environ et d’une biographie de l’auteur de 800 signes également présentant ses fonctions, ses recherches en cours et ses publications récentes, et complété par son adresse électronique. Ce résumé et cette biographie sont transmis dans un document distinct.

Tous ces documents sont à envoyer par courriel, au format Word, à Jérôme Delaplanche, rédacteur en chef de la revue : jerome.delaplanche@villamedici.it

 

 

Remise des articles : 28 février 2017

Parution : fin 2017

 

 

Directeur de la publication : Muriel Mayette-Holtz

Rédacteur en chef : Jérôme Delaplanche

Coordination éditoriale : Patrizia Celli et Cecilia Trombadori

Comité de rédaction : Claire Barbillon (Université Paris Ouest Nanterre), Marc Bayard (Mobilier National), Olivier Bonfait (Université de Bourgogne), Maurice Brock (CESR, Tours), Luisa Capodieci (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Stefano Chiodi (Università di Roma 3), Elena Fumagalli (Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia), Sophie Harent (musée Bonnat, Bayonne), June Hargrove (University of Maryland), Dominique Jarrassé (Université de Bordeaux 3, École du Louvre), Fabrice Jesné (École Française de Rome), Christophe Leribault (Petit-Palais, Paris), François-René Martin (ENSBA, École du Louvre), Maria Grazia Messina (Università degli Studi di Firenze), Patrick Michel (Université Charles de Gaulle - Lille 3), Philippe Morel (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Pierre Pinon (CNRS), Rodolphe Rapetti (Ministère de la culture), Patricia Rubin (Institute of Fine Arts, New York), Tiziana Serena (Università degli Studi di Firenze), Anne Spica (Université de Lorraine).

09 septembre 2016

Appel à candidature pour la bourse André Chastel (INHA / Villa Médicis)

Lauréats André Chastel

L’Institut National d’Histoire de l’Art et l’Académie de France à Rome ouvrent l’appel à candidature pour la sélection des lauréats André Chastel 2017

 

Depuis 2010, l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) et l’Académie de France à Rome attribuent chaque année trois bourses pour des recherches de niveau postdoctoral portant sur l’art de la Renaissance à nos jours.

Ces bourses sont destinées aux historiens de l’art (maîtres de conférences, professeurs des universités, conservateurs du patrimoine, chercheurs indépendants), français ou étrangers, souhaitant se rendre à Rome pour y effectuer des recherches. Les candidats doivent être titulaires d’un doctorat ou justifier d’une expérience professionnelle équivalente ou être conservateurs du patrimoine.

Les lauréats sont logés à la Villa Médicis pour une durée de quatre à six semaines.

 

COMMISSION DE SÉLECTION

 

La commission de sélection est composée du directeur général de l’INHA, de la directrice de l’Académie de France à Rome, de la directrice du département des études et de la recherche de l’INHA, du chargé de mission pour l’histoire de l’art à l’Académie de France à Rome et d’une personnalité extérieure. La commission se réunit une fois par an à l’automne pour choisir les lauréats de l’année suivante.

 

 

 

DOSSIER DE CANDIDATURE

 

Les dossiers de candidature pour la sélection 2017 doivent parvenir à l’INHA et à l’Académie de France à Rome au plus tard le 8 octobre 2016 avant minuit (par courriel uniquement – cf. adresses ci-dessous).

 

Le dossier doit comprendre :

 

  1. Une lettre de candidature adressée au directeur général de l’INHA et à la directrice de l’Académie de France à Rome.
  2. Un curriculum vitae
  3. Un programme de travail détaillé (4 pages maximum) en langue française, italienne ou anglaise comprenant :
    • une présentation générale de la recherche ;
    • un argumentaire explicitant la nécessité de la présence du candidat à Rome dans le cadre de son sujet de recherche ;
    • les institutions de recherche où se trouvent la documentation et les archives à consulter.
  4. Une attestation de deux personnalités scientifiques appuyant la candidature.
  5. Une fiche de renseignements dûment remplie, à télécharger :
  • soit sur le site de l’INHA : inha.fr (Recherche – Le Département des études et de la recherche – Appels à candidatures – Liste annuelle des appels à candidature – Bourses André Chastel);
  • soit sur le site de l’Académie : villamedici.it (Résidences – Lauréats – Lauréats André Chastel).

 

Le dossier de candidature doit être envoyé par courriel aux trois adresses suivantes :

 

Pour l’INHA à : Chantal Georgel (chantal.georgel [at] inha.fr)

 

Pour l’Académie de France à Rome à :

Jérôme Delaplanche (jerome.delaplanche [at] villamedici.it)

et copie à Patrizia Celli  (patrizia.celli [at] villamedici.it)

 

09:30 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)

08 septembre 2016

Appel à candidature pour la Bourse Daniel Arasse

 Lauréats Daniel Arasse

 

 L’École française de Rome et l’Académie de France à Rome ouvrent l’appel à candidature pour la sélection des lauréats Daniel Arasse 2017

 

Depuis 2001, dans le cadre d’échanges scientifiques, l’École française de Rome et l’Académie de France à Rome attribuent chaque année huit bourses pour des recherches doctorales portant sur l’art de la Renaissance à nos jours.

Ces bourses sont destinées aux chercheurs en histoire de l’art, français et étrangers, titulaires d’un Master 2 français ou d’un diplôme équivalent (laurea specialistica), inscrits en doctorat et souhaitant se rendre à Rome pour y effectuer des recherches.

Les lauréats sont logés à la Villa Médicis pour une durée de quatre semaines.

Le montant de la bourse s’élève à 900 €. Le lauréat devra s’acquitter d’une participation de 10 € par jour au titre des frais d’entretien.

Une caution sera demandée à l’arrivée sous la forme d’un chèque bancaire qui sera restitué au moment du départ.

S’agissant d’un séjour de recherche, les lauréats doivent résider à la Villa Médicis sans famille. Ils ne peuvent pas non plus accueillir des hôtes de passage.

Les lauréats doivent arriver et repartir du lundi au jeudi de 9h à 13h et de 14h à 16h30 et le vendredi de 9h à 13h et de 14h à 15h30.

 

Commission de sélection 

La commission de sélection est composée du directeur de l’École française de Rome, du directeur de l’Académie de France à Rome, du directeur des études pour les Époques moderne et contemporaine à l’École française de Rome et du chargé de mission pour l’histoire de l’art à l’Académie de France à Rome.

La commission se réunit une fois par an à l’automne pour choisir les lauréats de l’année suivante.

 

Dossier de candidature

Les dossiers de candidature pour la sélection 2017, doivent parvenir à l’École française de Rome et à l’Académie de France à Rome au plus tard le 31 octobre 2016 avant minuit (par courriel uniquement – cf. adresses ci-dessous).

Le dossier doit comprendre :

  1. Une lettre de candidature adressée au directeur de l'École française de Rome et au directeur de l’Académie de France à Rome.
  2. Un curriculum vitae
  3. Un programme de travail détaillé en quatre points (4 pages maximum) en langue française comprenant:
    1. la présentation générale de la recherche de doctorat (20-30 lignes maximum) ;
    2. le sujet particulier nécessitant la présence du candidat à Rome pendant un mois (15-20 lignes) ;
    3. la méthode proposée pour traiter ce sujet déterminé (1 page maximum) ;
    4. les institutions de recherche où se trouvent la documentation et les archives, et la bibliographie à consulter (une à deux pages maximum).
  4. Une attestation du directeur de recherche.
  5. Une fiche de renseignements dûment remplie, à télécharger : 
  • soit sur le site de l’EFR : efrome.it (Accueil > Candidater > Devenir boursier);
  • soit sur le site de l’Académie : villamedici.it (Résidences > Lauréats > Lauréats Daniel Arasse).

Le dossier de candidature doit être envoyé par courriel aux deux adresses suivantes :

École Française de Rome : secrmod [at] efrome.it  

Académie de France à Rome : patrizia.celli [at] villamedici.it

09:02 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)

10 juin 2016

Italie rêvée, Italie fantasmée - Parution du dernier numéro de Studiolo

Studiolo 12 (2).jpgL'Académie de France à Rome - Villa Médicis vient de faire paraître (avec un peu de retard) le dernier numéro de Studiolo, la revue scientifique du département d'histoire de l'art.

Le dossier thématique de ce numéro 12 (2015) est consacré à l'Italie rêvée, l'Italie fantasmée.

"Sanctuaire des chefs-d’œuvre de l’Antiquité, cœur des innovations de la Renaissance, rivale de la France pendant le Grand siècle, l’Italie est devenue la patrie du Grand Tour, le chemin vers l’Orient, une terre d’accueil pour des artistes en quête de lumières prodigieuses, ou nostalgiques de la grandeur classique. Elle a été parcourue, rêvée ou fantasmée par nombre d’artistes. Son paysage apparaît alternativement comme un souvenir, une recomposition ou un protagoniste (dans le cinéma d’Antonioni ou de Fellini, par exemple). Depuis le fantasme de l’Italie idéale ou au contraire l'image de la malavita, l’allégorie ou la caricature, en passant par la célébration ou le monument (durant le Risorgimento), les Italie(s) sont multiples."

Studiolo a ainsi constitué un dossier qui rend compte de quelques-unes de ces visions et mythologies, fantasmes ou représentations artistiques de l’Italie, de la Renaissance à nos jours.

 

 

 

 

 

Sommaire:

 

DOSSIER : Italie rêvée, Italie fantasmée

Andrea E. Bell

From Subject to Style in French Neoclassicism: Architectural Drawing in the Campagne

Anna Jolivet

L’artiste comme figure romantique. Un exemple de processus de mythification de l’école vénitienne en France au XIXe siècle

Elena Marchetti

Paul Flandrin in Italia (1834-1838), tra Ingres et Corot

Sara Vitacca

Les rêves de pierre: Gustave Moreau et l’inspiration des modèles sculptés de Michel-Ange

Cecilia Ferrari

Savonarola, 1935: le fantasme de Benito Mussolini, le fantasme de Jacques Copeau

DOSSIER : CHAMP LIBRE

Josephine Holvorson

 

VARIA

Clarisse Evrard

La suite gravée des Vases de Jacques Ier Androuet du Cerceau (c.1511-1585), de l'anthologie d'estampes italiennes au cahier de modèles à vocation pédagogique

Éric Pagliano

Commencement potentiel «Se servir des inventions d'autrui» et les modifier

Florian Métral

L’art est une histoire de création. Retour sur la chapelle Chigi de Santa Maria del Popolo à Rome

Costanza Barbieri

Venezia a Roma: “la maniera disforme” di Sebastiano nella Loggia della Galatea

Clovis Whitfield

Domenichino and the ‘Carracci’ Landscape

Alessandro De Stefani

Modigliani alla Cité Falguière: la prima fase della scultura nel suo contesto immediato

 

REGARDS CRITIQUES

Elisa Coletta

La descrizione della pittura: Louis Marin e Nicolas Poussin a confronto

 

L’HISTOIRE DE L’ART À L’ACADÉMIE DE FRANCE À ROME – VILLA MÉDICIS, 2014

Cécile Lebrenne

Un portrait d’Ingres par Henry Lehmann, dernier hommage de l’élève au maître

Emiliano Ricchi

Balthus e i «décors Balthus» a Villa Medici. L’opera dell’artista e gli interventi del restauratore Angelo Arnolfo Crucianelli

Patrizia de Culli

L’Accademia di Francia nella Grande Guerra: storia di un microcosmo

 

Studiolo n° 12 - 2015

Italie rêvée, Italie fantasmée
Coédition Académie de France à Rome – Villa Médicis / Somogy
353 pages
21,5 x 28,5 cm
29 €
ISBN 978-2-7572-211786
ISSN 1635-0871
Imprimé en Italie en avril 2016

 

Le numéro suivant de Studiolo sera consacré au thème du dépaysement et sortira à la fin de l'année 2016.

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23 avril 2016

Nouvelle publication : un tableau n'est pas qu'une image

couverture HDR.jpgLes Presses Universitaires de Rennes viennent de faire paraître ma thèse d'Habilitation à Diriger des Recherches que j'avais soutenue en décembre 2014.

Voici le propos :

La progressive prise en considération de la facture de la peinture dans la culture artistique du XVIIIe siècle est l’histoire d’un enrichissement du regard. La peinture était décrite jusqu’alors comme une fenêtre ou comme un miroir. Elle devint aussi une matière. Au commentaire d’une image s’ajouta le commentaire d’une surface. Nous sommes aujourd’hui entièrement redevables de ce retournement paradigmatique qui eut lieu vers 1760.

Ce livre ambitionne d’expliquer de quelle manière la question de la nature picturale de la peinture devient peu à peu prééminente dans les esprits de  l’époque, jusqu’à fonder notre regard critique actuel. Il analyse les tensions et interactions entre le discours et la pratique, en partant du théoricien André Félibien jusqu’au peintre Jacques-Louis David.

Textes et tableaux sont rassemblés autour de quatre lieux : (1) l’Académie et les textes théoriques ; (2) l’atelier et l'étude des pratiques ; (3) le Salon et la critique d’art  ; (4) la salle de vente et le vocabulaire des  catalogues de vente.

Sur ce dernier lieu, la méthode statistique permet de suivre très finement l’évolution chronologique du champ lexical. Chargée de promouvoir les tableaux, cette nouvelle littérature artistique n’hésite pas à en souligner audacieusement les qualités proprement picturales.

Une nouvelle voie s’ouvre alors, qui permettra, un siècle plus tard, à Delacroix d’affirmer précisément que « le premier mérite d’un tableau est d’être une fête pour l’œil ».

 

On trouvera en accès libre sur le site de l'éditeur le texte entier de l'introduction.

Je présenterai l'ouvrage au musée des Beaux-Arts de Tours le samedi 4 juin 2016 à 16h.

 

Un tableau n’est pas qu’une image. La reconnaissance de la matière de la peinture en France au XVIIIe siècle, Rennes, Presses Universitaire de Rennes, collection "Art et Société", 2016

Format : 17 x 24,5 cm
Nombre de pages : 240 p.

Illustrations : Couleurs et N & B

ISBN : 978-2-7535-4370-6

Disponibilité : en librairie
Prix : 26,00 €

21 mars 2016

Colloque à la Villa Médicis - janvier 2017

Appel à communication :

Les Académies artistiques

entre héritage et débats artistiques contemporains

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© Justine Emard, ADAGP

 

L’Académie de France à Rome, l’Accademia Nazionale di San Luca et l’Accademia di Belle Arti di Roma organisent un colloque international à l’occasion des 350 ans de la fondation de l’Académie de France à Rome. Ce colloque international coïncidera avec la clôture de trois expositions reliées : une à la Villa Médicis, 350 ans de création. Les artistes de l’Académie de France à Rome de Louis XIV à nos jours ; la deuxième à l’Accademia di San Luca, Roma-Parigi: accademie a confronto. Rapporti tra l'Accademia di San Luca e la Francia secc. XVII-XIX ; et la troisième à l’Accademia di Belle Arti, Accademia, Accademie: tra ricerca, trasmissione e creazione artistica, secc. XIX-XXI.
Il se tiendra dans ces trois institutions, successivement les 11, 12 et 13 janvier 2017.

Le colloque entend réfléchir sur les enjeux historiques et actuels du fonctionnement des académies artistiques à Rome et ailleurs, en particulier dans leurs rapports à la tradition dans un contexte de transmission du savoir et de soutien à la création. Il s’attardera sur la manière dont les académies se sont organisées entre-elles, autonomisant leurs activités didactiques et scientifiques, depuis l’Accademia del Disegno fondée à Rome en 1593, aux grandes réformes institutionnelles du XIXème siècle et jusqu'à la création contemporaine.

Les langues du colloque seront le français, l’italien et l’anglais. Les propositions de communication devront être soumises avant le 15 juin 2016, et devront comporter un titre, un texte de 2500 signes maximum et une présentation biographique de l’auteur. Le comité scientifique et organisationnel, composé de représentants des trois institutions, choisira un maximum de 30 participants. Les participants seront informés de la sélection autour du 15 juillet 2016.

Les propositions devront être soumises par courriel, en spécifiant « colloque 350 ans » dans l’objet du message, et envoyées à patrizia.celli[at]villamedici.it

Toutes les informations se trouvent ici.

 

28 janvier 2016

Concours 2016 des pensionnaires de la Villa Médicis - Académie de France à Rome

Le concours de recrutement des nouveaux pensionnaires de la Villa Médicis s'est ouvert il y a quelques jours. Les candidatures doivent parvenir à l'Académie de France à Rome avant 17 février 2016.

Tous les renseignements se trouvent sur le site internet de l'Académie.

À l'origine réservé aux artistes, ce concours est depuis la réforme Malraux de 1971 ouvert aux historiens de l'art travaillant sur l'art européen de la Renaissance à nos jours et aux restaurateurs.

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 (Au centre de la photo, derrière un arbre, les bureaux du département d'histoire de l'art de la Villa Médicis)

 

 

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21 octobre 2015

Appel à article : Studiolo n° 13

 

Appel à articles

 

Studiolo no 13 – 2016

 

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Publiée par l’Académie de France à Rome, Studiolo est une revue d'histoire de l'art annuelle qui traite des relations entre l’Italie, la France et l’Europe. Elle se compose de plusieurs rubriques : un dossier dont le thème change à chaque numéro, un varia qui contient des articles sans lien avec le thème annuel, une rubrique regards critiques qui regroupe des points de vue critiques et historiographiques et enfin les informations relatives aux activités scientifiques et patrimoniales de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis.

 

Dossier de Studiolo no 13 :

 

Dépaysé / Spaesato

Mille motivations peuvent pousser l’artiste à voyager et à changer de pays. Mais sa sensibilité créative, une fois sur le lieu, est rarement épargnée par l’expérience du dépaysement. L’exemple de l’Italie est le plus fréquent dans la culture occidentale : depuis la Renaissance, le voyage vers la Péninsule par les artistes français et plus largement européens, et même d’encore plus loin, fut un mouvement pratiquement continuel tout au long des siècles. On s’y rend souvent à la recherche d’un modèle supérieur, l’Antique, Raphaël, mais on y trouve également autre chose, une lumière, une vie populaire, une campagne. La question du dépaysement permet ainsi de repenser les échanges entre l’Europe et l’Italie sous l’angle de l’étonnement et non plus seulement celui de la reconnaissance de la Patrie des Arts. Le voyage de l’artiste, qui est un des topos de l’histoire de l’art, est ainsi exploré par un éclairage différent, attentif à la part d’étrangeté, d’inattendu pour ne pas dire d’incongru. Car au fond cette expérience du dépaysement est celle de l’altérité.

L’Italie est aussi une porte vers un plus lointain, un Orient qui désoriente, et ainsi le thème du dépaysé sera l’occasion pour Studiolo de s’ouvrir vers des terres nouvelles, du « mystérieux Orient » à la « lointaine Afrique » et d’interroger la présence (coloniale ?) de nations étrangères. L’Académie de France à Rome elle-même est une institution dépaysée qui a pris sa place dans le paysage culturel italien. Mais ce dépaysement peut être exploré en sens inverse : il y a le regard de l’Européen sur le monde, mais également, et de plus en plus, le regard du monde sur l’Europe. Le dépaysement s’explore aussi sans mobilité, par la réception des apports de l’étranger. Ce numéro thématique abordera ainsi les formes les plus diverses du dépaysement.

 

Les articles peuvent être publiés en quatre langues : français, italien, anglais, allemand. Ils doivent être inédits et compter entre 30 000 et 80 000 signes, espaces compris. Les œuvres reproduites doivent être libres de droits et fournies par les auteurs.

L’article doit être accompagné d’un résumé de 800 signes environ et d’une biographie de l’auteur de 800 signes également présentant ses fonctions, ses recherches en cours et ses publications récentes, et complété par son adresse électronique. Ce résumé et cette biographie sont transmis dans un document distinct.

Les articles sont à envoyer par courriel, au format Word, à Jérôme Delaplanche, rédacteur en chef de la revue : jerome.delaplanche [at] villamedici.it

 

 

Tous les articles proposés pour les différentes rubriques de Studiolo doivent s’inscrire dans la perspective italienne ou méditerranéenne propre à la revue.

 

Remise des articles : 28 février 2016

Parution : fin 2016

 

 

Directeur de la publication : Muriel Mayette-Holtz

Rédacteur en chef : Jérôme Delaplanche

Coordination éditoriale : Patrizia Celli et Cecilia Trombadori

Comité de rédaction : Claire Barbillon (Université Paris Ouest Nanterre), Marc Bayard (Mobilier National), Olivier Bonfait (Université de Bourgogne), Maurice Brock (CESR, Tours), Luisa Capodieci (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Stefano Chiodi (Università di Roma 3), Elena Fumagalli (Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia), Sophie Harent (musée Bonnat, Bayonne), June Hargrove (University of Maryland), Dominique Jarrassé (Université de Bordeaux 3, École du Louvre), Fabrice Jesné (École Française de Rome), Annick Lemoine (Université Rennes 2, INHA), Christophe Leribault (Petit-Palais, Paris), François-René Martin (ENSBA, École du Louvre), Maria Grazia Messina (Università degli Studi di Firenze), Patrick Michel (Université Charles de Gaulle - Lille 3), Philippe Morel (Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne), Pierre Pinon (CNRS), Rodolphe Rapetti (INHA), Patricia Rubin (Institute of Fine Arts, New York), Tiziana Serena (Università degli Studi di Firenze), Anne Spica (Université de Lorraine).

04 décembre 2014

Soutenance d'HDR

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Le mardi 9 décembre 2014 à 14h, je soutiens à l'université de Bourgogne de Dijon mon Habilitation à Diriger des Recherches (HDR).

Le titre du manuscrit inédit qui constitue la partie principale de mon dossier est :

La Peinture comme matière

La reconnaissance du faire de la peinture en France au dix-huitième siècle

 

 

Mon directeur de recherche est le Professeur Olivier Bonfait. Le jury est constitué de  :

Mme Michèle-Caroline Heck, Professeur, Université Montpellier III

Mme Jacqueline Lichtenstein, Professeur émérite, Université Paris Sorbonne

M. Christian Michel, Professeur, Université de Lausanne

M. Thomas Kirchner, Professeur, Université de Francfort sur le Main

M. Olivier Bonfait, Professeur, Université de Bourgogne

M. Christophe Leribault, Directeur du Musée du Petit-Palais à Paris

 

 

Voici un résumé de mon manuscrit :

La progressive prise en considération du « faire » pictural dans la culture artistique du xviiie siècle est l’histoire d’un enrichissement du regard sur la peinture. Cette dernière était décrite jusqu’alors comme une fenêtre ou comme un miroir. Elle devint aussi une matière. Au commentaire d’une image s’ajouta le commentaire d’une surface. Notre étude ambitionne d’expliquer de quelle manière la question de la nature picturale de la peinture devient peu à peu prééminente dans les esprits de l’époque. L’étude est structurée selon une approche chronologie en trois temps : 1670/1720 et les acquis de la Querelle du coloris ; 1720/1760 et la célébration du faire ; 1760/1790 et la discipline du surgissement, et autour de quatre lieux : l’Académie, le Salon, l’atelier, la salle de vente.

La première partie souligne les avancées théoriques des débats autour du coloris. Il apparaît que ce moment important en France de la réflexion sur l’art est resté très en retrait sur la question de la facture. De la couleur à la matière, il n’y a qu’un pas, mais qui fut bien rarement franchi. Pourtant, en prenant la forme d’une révolte contre une vision intellectuelle de l’art, la querelle du coloris a paru mettre le doigt sur une dimension fondamentale de la création artistique : sa nature sensuelle par-delà l’intelligence de l’image, ouvrant vers la dimension du plaisir.

Le deuxième moment, vers le milieu du xviiie siècle, voit le développement d’un vocabulaire attaché à la description de la facture des peintures. Un dialogue s’installe entre les pratiques nouvelles de la peinture contemporaine et les interrogations des critiques du Salon. Il est ainsi question de la visibilité de la touche en fonction de la distance du spectateur, de la vitesse d’exécution, du hasard des coups de pinceau et de la séduction opérée sur le spectateur par l’expression du « feu » de l’artiste. Charles-Nicolas Cochin est l’un des acteurs de cette reconnaissance nouvelle de la surface de la peinture.

Enfin, au tournant du siècle, la revalorisation du sujet et la sévère critique de la peinture rococo accusée d’être fausse et fardée semblent mettre un terme à la célébration de la facture. Les critiques d’art comme les théoriciens manifestent de la méfiance face à l’excès d’attention envers l’exécution. En revanche, les artistes – et comment pourrait-il en être autrement ? – continuent  de créer des œuvres dont le faire est toujours aussi savant même s’il s’appuie sur des effets moins visibles. L’imitation des marbres antiques n’est pas qu’une question de contour et d’un rendu lisse des formes. C’est aussi l’expression d’une densité. La touche n’est plus un ornement final mais une structuration progressivement englobée par les couches successives.

Méthodologiquement, notre projet de recherche analyse les tensions et interactions entre le discours sur l’art et la pratique de la peinture, de Félibien à David. Textes et œuvres sont étudiés dans leur diversité en examinant comment ils s’emparent de cette question et pour quels usages. Ils sont rassemblés autour de quatre lieux : l’Académie et l’ensemble des textes théoriques ; l’atelier et le témoignage des pratiques, aussi bien les documents écrits que les œuvres ; le Salon et la critique d’art ; la salle de vente et le vocabulaire des catalogues de vente. Sur ce dernier lieu, par exemple, la méthode statistique permet de suivre très finement l’évolution chronologique du champ lexical. Chargée de promouvoir les tableaux, cette nouvelle « littérature » artistique n’hésite pas à souligner et à désigner audacieusement les qualités proprement picturales des œuvres.

Chardin VLR.jpgJean-Siméon Chardin, Pipes et vases à boire, détail, Paris, Musée du Louvre

Photographie en lumière rasante par le C2RMF

 

 

24 novembre 2014

Un Noël-Nicolas Coypel inédit

La période est faste pour notre cher Noël-Nicolas Coypel ! Après le chef d’œuvre annoncé à New York pour janvier 2015 (voir ce billet), un tableau représentant Vénus et Cupidon passe très bientôt en vente chez Aguttes à Drouot, le 24 novembre 2014, lot 112, sous l'attribution à Gabriel François Doyen. Christophe Leribault, directeur du Petit-Palais à Paris, grand connaisseur de la peinture française du XVIIIe siècle, a su reconnaitre une œuvre non pas de Doyen mais de Noël-Nicolas Coypel.

vénus et cupidon.png

Le tableau est en assez mauvais état. La toile à l'origine ovale a été coupée puis marouflée sur panneau (59,5 x 50 cm). La peinture nécessiterait un allègement du vernis pour lui restituer son coloris d'origine. Le tableau appartient à une série dont font également partie deux autres toiles ovales, datées de 1734, de sujet tout similaire, propriétés du musée du Louvre mais aujourd'hui en dépôt à l'ambassade de Turquie à Paris, L'Innocence et l'Amour et Une Nymphe et l'Amour (P.59 et P.60 de mon catalogue Arthena). On peut supposer qu'il existe un quatrième tableau ovale complétant la série.

Noël-Nicolas Coypel avait déjà traité un sujet comparable dans sa toile aujourd'hui perdue mais connue par la gravure (par Pierre-François Beaumont) représentant deux femmes allumant un flambeau par le feu du soleil dit aussi L'Origine du Feu (*P.40 de mon catalogue).

P40gravure.jpg

Le thème était assez répandu au XVIIIe siècle, comme métaphore de l’embrasement amoureux.

08 octobre 2014

Réapparition d'un tableau de Noël-Nicolas Coypel

Un tableau important de Noël-Nicolas Coypel vient de réapparaître sur le marché de l'art. On ne connaissait jusqu'alors son existence que par une apparition furtive lors d'une vente au Dorotheum de Vienne, le 12 septembre 1957 (n°26). L’œuvre était reproduite dans le catalogue mais l'image en noir et blanc était médiocre.

Il s'agit de Vénus et ses compagnes, huile sur toile de 81 cm de haut sur 65 cm de large.

n-n coypel.jpg

Ce tableau est présent dans ma monographie consacrée à l'artiste (éd. Arthena, Paris, 2004) sous le numéro P33.

La composition est admirable par sa franchise et son élégance. L'exécution est remarquablement sensible et la touche de l'artiste se reconnaît immédiatement.

On soulignera le naturalisme de la représentation des corps féminin, celui debout mais aussi celui de la jeune femme allongée en bas à droite. Très caractéristique également est l'accord chromatique du drapé que tient Vénus, superposant sur une base rose des reflets jaune-orangé.

L'état de conservation semble excellent et visiblement la toile a été récemment restaurée.

La silhouette de Vénus est préparée par un dessin conservé à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris (inv. n°715), pierre noire, sanguine et rehauts de craie sur papier gris.

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Le tableau sera proposé à la vente chez Sotheby's New York, le 29 janvier 2015. Nous remercions vivement Nancy Bialler, Senior Vice President chez Sotheby's New York (Old Master Paintings) pour la communication de cette information.

17 avril 2014

Ouverture d'un MASTER Recherche en Histoire de l'Art à l'ICP

L'Institut Catholique de Paris (ICP) ouvre l'an prochain un master de recherche en histoire de l'art. Toutes les informations sur cette formation se trouve ici.

J'aurai le plaisir d'animer un séminaire dès la rentrée 2014 et de diriger les travaux des étudiants intéressés par la recherche en histoire de l'art pour la période XVe siècle - XVIIIe siècle.

Une réunion d'information aura lieu mardi 29 avril à 12h. Je présenterai à cette occasion quelques pistes et quelques unes de mes attentes pour les sujets de Master de recherche.

 

17 mars 2014

Festival d'histoire de l'art

Comme chaque année maintenant depuis 2010, le château et la ville de Fontainebleau accueille le Festival d'histoire de l'art.

Le pays invité cette année est la Suisse et le thème retenu est "Collectionner". Le festival se tiendra les 30, 31 mai et 1er juin 2014.

Pour plus d'information, cliquez ici.

Bon festival à tous !

festival d'histoire de l'art.png

 

 

 

 

23 avril 2013

Parcelles d'or pour Parrocel

Un collectionneur privé nous a récemment contactés pour nous permettre d'étudier de près un tableau de Joseph Parrocel en sa possession. Nous ne connaissions cette œuvre jusqu'alors que par une photographie. Il s'agit d'un Passage du Rhin que nous pensons pouvoir situer à l'extrême fin de la carrière du peintre. Le tableau porte le numéro P.101 dans notre monographie de 2006.

 

Joseph Parrocel, Le Passage du Rhin, Huile sur toile. H. 0,84 ; L ; 1,21. Collection particulière.

Le rectangle blanc localise la photographie suivante.

 Comme à chaque fois avec Joseph Parrocel, l'observation rapprochée de la couche picturale est une expérience très plaisante, car elle plonge le spectateur au cœur de la picturalité la plus libre.
Nous avons pu remarquer, sur un pan du manteau du roi, des parcelles d’or qui viennent en rehausser le coloris. À notre connaissance, cet usage de l’or véritable est une pratique qui n’appartient en France qu’à Joseph Parrocel et qu'il n'employa lui-même que pour ses tableaux les plus importants.

 Détail du précédent avec l'indication de l'emplacement des parcelles d'or

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21 mars 2013

Peintures du XVIIe et du XVIIIe siècles pour le décor du château d'Eu

La Société de l'Histoire de l'Art français est une société savante fondée en 1872 avec pour mission la promotion de l'étude de l'art français en particulier par la publication d'archives et de documents administratifs inédits comme les procès-verbaux de l'Académie royale ou les Comptes des Bâtiments du roi.

La Société édite également un Bulletin qui fait paraître annuellement les travaux des chercheurs consacrés à l'art français du Moyen Âge à nos jours.

Dans le numéro de 2011 (qui vient de sortir), rassemblant les travaux présentés à l'assemblée de la Société en 2010, se trouve un article écrit par mes soins et consacré au décor de l'appartement de l'aile de Bresle au château d'Eu sous Louis-Philippe.

Le château d'Eu fut édifié en 1578 par  Henri de Lorraine, duc de Guise, dit « le Balafré ». Lorsque Louis-Philippe hérite du château et du domaine d'Eu à la mort de sa mère en 1821, il confie à l’architecte Pierre Fontaine la charge des travaux de restauration. Le château devient alors une résidence royale pour la famille d’Orléans qui y réside régulièrement. Fontaine construit également en 1827-1828 un bâtiment un peu en retrait, en contrebas le long de la Bresle.

 

Ce bâtiment, qu'on appela aussi l’aile des Ministres ou « aile des vingt-deux chambres », abritait une salle du Conseil ainsi que des logements pour les ministres, ambassadeurs, médecins et généraux lorsque le roi et la famille royale résidaient à Eu. Jean Vatout, le principal historien ancien du château, précise ainsi la fonction et le décor de cette aile : « Les appartements du château étant devenus insuffisants pour loger toutes les personnes à qui le roi accorde l’honneur de l’accompagner dans ses voyages à Eu, S. M. a fait construire sur la Bresle, annexés au pavillon des bains, des appartements nouveaux décorés avec élégance. Les tableaux qu’on y a placés ne font pas suite à la collection de portraits qui est le caractère distinctif de la décoration du château d’Eu ; ce sont presque tous des sujets mythologiques. Ces nouveaux appartements ont nécessité, pour tous les services domestiques, de grands travaux qui font honneur au talent de M. Fontaine » L’aménagement de cette aile date de 1838.

 

Résidence. Recueil de plans. Eu. 1831-1848

 (Archives des musées nationaux cote : 39 DD 2). Salle D.

 

On trouve aux Archives des musées nationaux un recueil de planches donnant une description précise des élévations de chacun des murs des huit chambres de cet appartement, permettant ainsi de connaître le détail de la répartition des tableaux. Ces derniers avaient été prélevés dans les collections royales et provenaient d’anciens décors, fragments dispersés ornant à l’origine les pavillons de Marly, de la Ménagerie, du Grand Trianon, du rez-de-chaussée de Versailles ainsi que d’anciens cartons de tapisseries. Chaque composition fut ensuite transposée sur une nouvelle toile puis entourée par un faux cadre doré.

Noël-Nicolas Coypel, Vénus, Bacchus et l’Amour, Paris, musée du Louvre.

Aujourd’hui H.  2,68 sur L. 1,79, mais à l’origine H. 2,35 sur L. 1,38

Anonyme, Fleurs dans un vase de bronze enrichi de bas-relief

Fontainebleau, musée national du château


À la chute du régime de la Monarchie de Juillet, la plupart des tableaux sont envoyés au musée du Louvre ou en dépôt au château de Fontainebleau. Les œuvres considérées comme appartenant à Louis-Philippe lui sont rendues. Elles sont vendues à Londres en 1857. Sur les 144 tableaux qui ornaient jadis l’appartement de l’aile de Bresle, nous en avons retrouvé 118 dont notre article dresse l'inventaire détaillé. Un grand nombre de ces toiles ne sont plus aujourd’hui exposées et ne trouvent nul usage. On pourrait imaginer la reconstitution d'une ou deux salles de ce décor aujourd'hui démantelé.

18 mars 2013

Colloque d'Histoire de l'art à l'ICP

Nous organisons à l'ICP les 5 et 6 avril 2013 un colloque international d'histoire de l'art intitulé : L’œuvre d’art entre ambition identitaire et aspiration à l’universel.

 

L’œuvre d’art porte en elle une tension : elle est tout à la fois le symbole d’une identité particulière et elle mène chacun vers un message d’ordre universel. Ce colloque aura pour ambition d'explorer cette double dimension de la création artistique à travers des communications couvrant un large champ géographique et chronologique.

Le programme se trouve ici (cliquez pour agrandir) :

ICP-Programme.jpg

Et le détail des participants ici :

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L'accès est libre dans la limite des places disponibles.

04 mars 2013

Outil de recherche en histoire de l'art

La bibliothèque d'histoire de l'art de l'INHA vient de mettre en ligne la numérisation de catalogues de vente pour les années 1676-1763.

C'est un outil qui facilitera considérablement le travail des chercheurs en histoire de l'art pour l'étude des provenances mais aussi pour l'histoire du goût.

Ainsi, nous venons de trouver une indication intéressante dont nous n'avions pas connaissance au moment de la publication de notre thèse sur Joseph Parrocel (Arthena, 2006).

Elle se découvre dans le catalogue d'une vente de dessins et d'estampes qui se tint à Paris le 22 février 1759. Au n°45, une série de vingt-six estampes de Joseph Parrocel appartenant à sa série sur la Vie de Notre Seigneur Jésus-Christ est proposée à la vente avec le commentaire suivant : "dans le goût de Rembrandt".

Cette expression assez fréquente sous la plume des auteurs du XVIIIe siècle est une manière très intéressante de qualifier une pratique de la gravure  attentive au clair-obscur mais aussi très libre dans son dessin, sans contour ni dureté. Les rapprochements entre l'art du grand maître hollandais et la pratique de Parrocel permettent ainsi de mieux saisir l'esthétique de ce dernier.

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17 janvier 2013

Un dessin inédit de Joseph Parrocel

Après la feuille inédite découverte en mars de l'an dernier, un nouveau dessin de Joseph Parrocel (1646-1704) est réapparue sur le marché de l'art.

Ce Passage du Rhin est passé en vente à l'Hôtel Drouot, salle 10, le 21 décembre 2012, étude Gros & Delettrez, lot n°12. Il s'agit d'un dessin à la plume et encre brune, lavis brun et gris et avec des rehauts de gouache blanche. H. 35 cm ; L. 38 cm. Il présente quelques usures mais hormis cela il est en très bonne condition. Les empâtements de gouache blanche en particulier sont magnifiques. Ce dessin est très caractéristique par sa liberté d'écriture et la richesse de sa technique du travail graphique de Joseph Parrocel.

Mais l'oeuvre est également très importante car il s'agit de l'étude préparatoire pour le tableau de même sujet commandé par la Surintendance des Bâtiments du Roi en 1699 pour le décor du château de Marly. Ce tableau est aujourd'hui conservé au musée du Louvre (cf. ma monographie publiée chez Arthena, Paris, 2006, P93, repr.).

Parrocel-Louvre.jpg

Le dessin présente une composition plus développée en largeur que sur la toile du Louvre mais rappelons que cette dernière a été découpée et raccourcie à gauche et à droite au XIXe siècle. On peut donc maintenant, grâce au dessin, se faire une idée de ce que devait être la composition d'origine du tableau, en particulier de sa disposition horizontale et non pas verticale.

L'oeuvre graphique de Joseph Parrocel étant numériquement assez modeste, en particulier pour les dessins profanes, cette feuille est un élément précieux pour la connaissance du style tardif de l'artiste. Elle a été acquise par la Galerie Jean-François Baroni.

[Mise à jour 11 décembre 2013 : le dessin est entré dans les collections du musée du Louvre en septembre 2013 grâce à la Société des Amis du Louvre]

 

14 janvier 2013

Louis XIV sur le champ de bataille

Versalia, la revue de la Société des Amis de Versailles, publie ce mois-ci son 16e numéro annuel :

 

J'ai écrit pour ce numéro un article (p.71-90) intitulé :

 

"Louis XIV sur le champ de bataille :

l'invention d’un héroïsme royal entre textes et images"

 

dont voici le résumé :

 

   Avec la naissance de l’État moderne, le roi de France ne peut plus se battre. Pris dans le conflit entre l’idéal chevaleresque et les nouvelles exigences de l’absolutisme, Louis XIV chercha cependant sans relâche à éprouver la guerre dans sa chair, à en vivre les fatigues et en braver les dangers. Il était à la recherche d’un héroïsme qui lui était interdit.

   Après avoir rappelé les enjeux de la représentation du roi à la guerre entre langage allégorique et langage naturaliste, nous chercherons à mieux cerner l’attitude de Louis XIV sur le champ de bataille, l’emplacement où il se tenait, ce qu’il y faisait.

   Outre une iconographie louis-quatorzienne plutôt bien étudiée (récemment entre autres par Peter Burke, Thomas Kirchner, Gérard Sabatier et Marianne Cojannot-Le Blanc), nous nous sommes appuyés pour notre étude sur des textes d’auteurs pas ou peu sollicités par les historiens et les historiens de l’art mais qui se révèlent cruciaux pour notre problématique : le marquis de Dangeau, Jean Donneau de Vizé, Henri Philippe de Limiers et le marquis de Quincy.

29 octobre 2012

Prisonniers de guerre à Nancy

 

L'université Nancy 2 et le Centre de Recherche Universitaire Lorrain d'Histoire organisent sous la direction de Laurent Jalabert, Maître de conférences, un colloque international sur le thème :

 LES PRISONNIERS DE GUERRE (XVe - XIXe siècles) :

 entre marginalisation et reconnaissance


 Le colloque se tiendra du 5 au 7 novembre 2012. A cette occasion, je prononcerai une communication intitulée :

 

L'ICONOGRAPHIE DU CAPTIF DE L'ANTIQUITÉ À L'ÉPOQUE CLASSIQUE

 OU

 LA LENTE ÉMERGENCE D’UN SCRUPULE

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 Pierre de Franqueville, Captifs provenant du décor du piédestal de la statue équestre d 'Henri IV sur le Pont Neuf, 1614-1618, Paris, musée du Louvre. Fondus et ciselés par Francesco Bordoni. Monument détruit en 1792 sauf les Quatre Captifs

 

16 mai 2012

La Méduse Murtola de Caravage

 

Caravage est devenu avec les années un de ces noms singuliers de l'histoire de l'art qui, à peine cité, déclenchent immédiatement l'excitation médiatique. Comme pour Léonard de Vinci, toute réapparition d'une nouvelle œuvre est un événement quasi-planétaire. Les enjeux financiers devenant de fait considérables lorsque ces œuvres appartiennent à des collectionneurs privés, les enquêtes autour de la question de l'attribution prennent des proportions inédites. Ce fut ainsi le cas pour le beau portrait féminin de profil dit La belle princesse attribué récemment à Léonard de Vinci. Des analyses scientifiques précises ont naturellement été entreprises mais l'enquête a également pris la forme d'un livre, d'un documentaire télévisuel, de sites Internet, le tout sous le regard des médias. Parfois, souvent, cette excitation est plus nuisible qu'autre chose. On le voit actuellement avec les vaines tentatives de retrouver sous les fresques de Vasari au Palazzo Vecchio, la fameuse Bataille d'Anghiari de Léonard, au risque de malmener les peintures de Vasari.

Le culte de l'artiste, de ces quelques artistes particuliers, de ces élus, atteint parfois des niveaux insensés avec par exemple les efforts entrepris pour retrouver les ossements de Caravage. Le nom de l'artiste acquiert presque une dimension sacrée. Dès lors, les questions d'attribution débordent du cercle des spécialistes et des connaisseurs ; on se souvient de la vaine agitation médiatique en 2006 autour de deux médiocres copies d'après Caravage conservées à Loches mais qui avaient été présentées comme des originaux par le maire de la ville.

Au milieu de tant de passions et d'enthousiasmes contradictoires, il est une œuvre tout à fait singulière que nous voudrions présenter. Il s'agit d'une Méduse (50 sur 48 cm) attribuée à Caravage et qui semble bien être la première version du célèbre tableau du musée des Offices à Florence.

Caravage.jpg

 

Caravage, Méduse Murtola, Milan, collection particulière

La première fois que nous avons entendu parler de cette peinture et que nous en avions vu une (mauvaise) photographie, notre sentiment quant à l'attribution était plutôt mitigé. La comparaison avec la version de Florence nous semblait en défaveur de celle-là et nous ne comprenions pas que Caravage ait pu peindre une seconde version identique dans ses moindres détails.

Mais face à l’œuvre, l'effet est tout autre. L'impression un peu désagréable de la forme du visage tel qu'on le voit sur la photographie trouve son explication dans la courbure de la surface qui naturellement tord les proportions. En revanche, en présence de l’œuvre, cette déformation s'évanouit instantanément. La qualité de l'exécution s'impose de surcroît comme une évidence. Et l'on reconnaît bien alors le style puissant de Caravage.

Mais ce qui fait définitivement pencher la balance en faveur de l'attribution c'est que la réflectographie à infra-rouge dévoile le dessin préparatoire et les ébauches sous la couche picturale visible. On découvre ainsi les recherches et les tâtonnements de l'artiste pour trouver l'emplacement définitif des éléments du visage. Les difficultés rencontrées à cause des déformations de la perspective dues à la convexité de la surface ont entraîné des changements importants dans le placement des yeux et dans la forme de la bouche.

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Réflectographie


La présence de ces modifications du dessin préparatoire sous-jacent plaide assez naturellement pour l'hypothèse suivante : cette Méduse-ci est la première version. Le tableau du musée des Offices est donc une seconde version, de la main de Caravage également, réalisée cette fois sans tâtonnement grâce aux acquis de la première version et sur un bouclier de dimensions sensiblement plus grandes.

En outre, l’œuvre comporte une "signature" (si c'en est bien une) : "Michel A f.” (pour Michel A[ngelo] f[ecit]) tracé avec le sang de la Méduse. Presque trop beau pour être vrai...

Le surnom Méduse Murtola provient d'un madrigal composé par Gaspare Murtola en l'honneur du "bouclier de la Méduse, peinture de Caravage" qu'il aurait ainsi vu à Rome lors de son séjour dans la ville entre 1600 et 1602 (la version des Offices se trouvait à Florence depuis 1598).

On pourrait s'attarder longuement sur tous ces aspects techniques, historiques et artistiques passionnants. Une étude détaillée et approfondie sur cette "Première Méduse" a été publiée récemment en 2011.

 

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07 mai 2012

Les représentations d'enlèvement à travers les arts

 

Les Libres cahiers pour la psychanalyse viennent de faire paraître leur nouveau numéro, dédié aux Vies amoureuses. J'ai publié dans ce volume un article intitulé :

"Images d'une pulsion. Les représentations d'enlèvement à travers les arts"

Comme il s'agit d'une revue qui n'a pas pour usage de publier des illustrations, cet article est malheureusement sans images. Je profite donc de ce blog pour montrer les œuvres que je cite dans le corps de mon texte. 

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Emmanuel Frémiet, Gorille enlevant une femme, 1887, Nantes, musée des Beaux-Arts

 

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 Alexandre Cabanel, Nymphe enlevée par un faune, 1860, Lille, palais des Beaux-Arts

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Bernin, Enlèvement de Proserpine, 1622, Rome, Galleria Borghese

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Corrège, Enlèvement de Ganymède, vers 1532, Vienne, Kunsthistorische Museum

 

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Michel-Ange ?, Enlèvement de Ganymède, 1533, Cambridge (Mass.), Fogg Art Museum

 

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Enlèvement de Ganymède, copie romaine d'un original grec, Venise, Museo archeologico

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 Pierre et Gilles, Ganymède, triptyque, 2001, Collection François Pinault

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 Titien, Enlèvement d'Europe, 1562, Boston, Isabella Stewart Garner Museum

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 Giambologna, Enlèvement d'une Sabine, 1583, Florence, Loggia dei Lanzi

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Rubens, Enlèvement de Proserpine, vers 1615, Paris, muse du Petit-Palais

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Rubens, L'Enlèvement des filles de Leucippe, 1616, Munich, Alte Pinakothek

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attribuée au Peintre de Salting, Borée enlèvant Orithye, œnochoé à figures rouges, vers 360 avant J.-C., Paris, musée du Louvre