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11 avril 2018

Les collections de la Villa Médicis en ligne

Colbert (6).JPGCréée en 1666, l’Académie de France à Rome a pour mission principale d’encourager les arts par l’accueil à Rome de pensionnaires pour des résidences de relatives longues durées. Cette mission est désignée au sein de l’Académie comme la « mission Colbert », du nom du principal acteur de la fondation de l’institution.

Après les événements de mai 1968 et face à l’épuisement du mode de fonctionnement traditionnel des arts, une importante réforme de l’Académie fut mise en œuvre par André Malraux, alors ministre des affaires culturelles. Cette réforme ouvrit les portes à d’autres formes artistiques comme la littérature et l’écriture de scénario, mais elle introduisit surtout une nouvelle catégorie de pensionnaires : à côté des créateurs, les artistes, il y eut ceux qui étudiaient la création, les historiens de l’art et les restaurateurs. Ainsi, une seconde section « Histoire de l’art et restauration » vit le jour en 1970. Les travaux de ces pensionnaires d’un genre nouveau furent encadrés par un Chargé de mission pour l’histoire de l’art.

L’autre transformation fondamentale de cette réforme fut l’instauration d’une mission de diffusion culturelle, qu’on appela « Mission Malraux ». Le décret n° 71-1140 du 21 décembre 1971 précise ainsi que l’Académie « organise des expositions, des concerts, des projections cinématographiques, des colloques ou séminaires sur des sujets relevant des arts, des lettres et de leur histoire. » Dans le décret n° 2002-537 du 18 avril 2002, cette mission est précisée en indiquant que l’Académie de France à Rome « peut diffuser ses travaux, notamment sous forme de publications, y compris sur support électronique ».

En 2012, l’Académie se voit confier (décret n°  2012-823 du 26 juin 2012) une nouvelle mission : « conserver, restaurer, faire connaître et mettre en valeur la Villa Médicis, ses jardins et dépendances, ainsi que les biens culturels qui y sont conservés et dont elle a la garde. » C’est ce que l’on baptisa la « mission patrimoine ».

Pour répondre à ce nouvel objectif, l’appel à candidature publié en janvier 2015 pour le nouveau chargé de mission pour l’histoire de l’art plaçait en tête des objectifs du poste la gestion du patrimoine mobilier de l’Académie. À la dimension universitaire traditionnellement privilégiée pour ce poste, s’adjoignait désormais une dimension pour ainsi dire muséale de gestion des collections.

Si le monument et ses décors (fresques de la Renaissance, reliefs antiques, la grande Dea Roma) de la Villa Médicis avaient été étudiés et restaurés, les collections mobilières de l’Académie (tableaux, sculptures, objets d’art) attendaient encore, pour la plupart, de recevoir les mêmes soins. En trois ans, de 2015 à 2018 une campagne de restauration sans précédent a pu être menée. Près de cinquante tirages en plâtre, vingt-sept portraits de pensionnaire, huit autres huiles sur toile, dix-neuf médailles et plaquettes, un grand nombre de meubles avec ou sans assise, deux grandes statues antiques, ont été restaurés avec le plus grand soin.

Un nouvel inventaire des œuvres de l’Académie fut ouvert, avec la mise en place des opérations de marquage des collections. Le récolement, l’inventoriage et le marquage sont encore en cours. Les 630 tirages en plâtre et les 498 tableaux ont été traités, mais il reste encore un fond graphique considérable à côté du reste des sculptures, tapisseries, instruments de musique, meubles, etc.

Le travail du département d’histoire de l’art s’appuie désormais sur un nouvel outil informatisé de gestion des collections : la base de ses collections, dite base d’Antin. Elle tient son nom du Surintendant des Bâtiments du Roi, Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, Duc d’Antin, qui fut le premier à envoyer des œuvres d’art appartenant à la Couronne pour embellir le siège de l’Académie situé alors au Palais Mancini. (cf. Pierre Arizzoli-Clementel, « Les Envois de la couronne à l'Académie de France à Rome au XVIIIe siècle », Revue de l’Art, 1985, n°68, p. 73-84).

Cette base n’est pas qu’un inventaire des collections : elle a pour capacité de recueillir toutes les informations (historiques, techniques) relatives aux œuvres de l’Académie. Créée à partir de l’automne 2015, elle compte aujourd’hui plus de 3700 notices d’œuvre. À terme, en particulier lorsque sera inclus le fonds graphique, la base devrait comporter plus de 8000 notices.

Le 4 avril 2018 a été mise en ligne sur le site internet de la Villa Médicis une interface publique de la base donnant accès aux informations principales pour chaque œuvre.

image: Eugène Guillaume, Jean-Baptiste Colbert, bronze, 1902-1903, Villa Médicis

09:23 Publié dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)

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