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14 mars 2015

Les Bas-Fonds du Baroque. La Rome du vice et de la misère

Auparavant présentée à Rome, à la Villa Médicis, la nouvelle exposition du Petit-Palais à Paris explore le côté obscur de la Rome du XVIIe siècle. Elle s'inscrit dans le prolongement, en un certain sens, de l'exposition Bohèmes du Grand-Palais de 2012.

Comme en 2013 pour l'exposition Jordaens du même musée, la scénographie est particulièrement inventive et tout aussi heureuse. Due au scénographe Pier Luigi Pizzi, elle s'ouvre par une spectaculaire et lumineuse présentation de la Rome des Papes, celle des grands travaux d'urbanisme, des palais et des églises, et de l'admiration pour l'art antique. Audacieux parti-pris de commencer le parcours de l'exposition avec son contre-sujet. Mais comme on sait, pour bien définir un concept, il faut avoir des idées tout aussi claires sur le concept inverse.

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Le visiteur pénètre ensuite dans une série de salles plus petites offrant une présentation thématique. La première section est consacrée à Bacchus, figure païenne centrale de la culture du XVIIe siècle. Mais ce sera la seule évocation du monde des immortels car la suite du parcours est une exploration de la vie populaire romaine, par moment un peu fellinienne, sous l'éclairage du naturalisme le plus provocant. D'admirables tableaux sont ainsi regroupés autour des différents aspects de cette vie misérable : les Bentvueghels et la bohème, les bagarres et les beuveries, les trognes d'ivrognes et les concerts dans les tavernes.

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Nicolas Tournier, Concert, avant 1620 Huile sur toile, 115 x 168 cm, Musée du Berry, Bourges

On ne peut manquer de relever le contraste entre la noirceur des sujets représentés et l'excellence de la peinture. Peindre un tableau, surtout des images aussi précises, reste une activité d'un grand raffinement. Ce contraste est parfaitement exprimé dans la dernière salle de l'exposition dont la scénographie évoque l'intérieur d'un palais romain. La peinture de la misère reste un agrément luxueux. On n'aura jamais fini de s'interroger sur le goût de la haute société du XVIIe siècle pour la représentation de la disgrâce, sur la possibilité qu'offre la peinture de se délecter du spectacle d'un monde hideux auquel on échappe.

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