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26 novembre 2011

La saisie du modèle

 

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Le musée Rodin propose une étourdissante exposition de 300 dessins d'Auguste Rodin sous le beau titre de La Saisie du modèle. Évitons la paraphrase inutile et reprenons mot à mot pour une fois le texte de présentation de l'exposition qui pose très clairement le contexte de l'exposition : " A partir de 1890, Rodin réalise, de façon indépendante de ses sculptures, des dessins qu'il exécute d'après le modèle vivant. Puis en 1896, il entame une véritable carrière de dessinateur, s'adonnant quotidiennement à des dessins de nus. Ils les fait figurer en nombre dans des expositions qu'il organise à partir de la fin du siècle dans les capitales européennes. [...] La passion du sculpteur pour le dessin d'après modèle vivant aboutit à une moisson d'environ 6000 feuillets, parmi lesquels 4300 sont rassemblés au musées Rodin grâce à la donation de l'artiste à l’État en 1916."

L'accrochage, chrono-thématique, est très réussi et aménage des effets spectaculaires. L'érotisme est le point de départ de tous les dessins. Il fournit l'impulsion ensuite transformée par les recherches formelles et l'intention poétique. Ces feuilles déconcertent par leur expressivité et leur inventivité. On découvre par ailleurs, ce que l'affiche de l'exposition montre très bien, le talent de coloriste de Rodin.

On regrette cependant (comme souvent) que l'exposition ne propose pas une remise en contexte artistique plus large grâce à des parallèles avec la production d'autres artistes de son temps. Nous aurions aimé pouvoir comparer les dessins de nus de Rodin avec ceux de Klimt par exemple ou de Degas. On regrette également l'absence de photographies contemporaines des séances de pose ou montrant ces danseuses cambodgiennes qui captivèrent l'artiste.

L'exposition est structurée par une quinzaine de sections. La dernière est peut-être la plus saisissante.

Une remarque : la reproduction photographique ne rend pas du tout justice à ces dessins qui semblent alors fades et répétitifs. Il faut donc voir sur pièce pour redécouvrir que le sculpteur Rodin est aussi, pleinement, un dessinateur.

11 novembre 2011

Le nouvel Orsay

 

 

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Le musée d'Orsay inaugure ces jours-ci son nouveau visage. Il s'agit de l'aboutissement de transformations importantes qui étaient en œuvre depuis plusieurs années notamment au rez-de-chaussée avec le choix de cimaises peintes de couleur intense (L'Olympia de Manet sur un fond rouge met idéalement en valeur le vert du rideau) et des mouvements d'œuvres permettant de nouvelles comparaisons donc de nouveaux discours. Le rez-de-chaussée reste ainsi, avec la confrontation de tant de styles et d'ambitions esthétiques opposées, avec la présence de la sculpture et des peintures de grand format, la partie peut-être la plus passionnante de la visite.

Le parti-pris d'un découpage par "courants" qui structure les autres étages du musée est certes pédagogique mais fait un peu regretter le plaisir des confrontations du rez-de-chaussée. Que peignait-on dans les ateliers académiques en même temps que Renoir entreprenait le Moulin de la galette accroché au 5 étage ? La modernité du second en serait plus sensible, tout comme les qualités de dessinateurs des premiers... Seules quelques sculptures de Rodin viennent par moment apporter un contre-point provoquant.

 

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La galerie des impressionnistes a été entièrement ré-accrochée sur des cimaises et un sol sombres et avec un nouvel éclairage. C'est une célébration sans pareil des peintres qui font la juste fierté du musée et sa célébrité à travers le monde. Les chefs d’œuvre absolus de Manet, Degas, Monet, Renoir, Caillebotte s'exposent pour notre plus grand contentement dans une présentation qui les met pleinement en valeur. La traditionnelle confrontation avant / après est éloquente :

 

 

La galerie des impressionnistes a été entièrement ré-accrochée sur des cimaises et un sol sombres et avec un nouvel éclairage. C'est une célébration sans pareil des peintres qui font la juste fierté du musée et sa célébrité à travers le monde. Les chefs d’œuvre absolus de Manet, Degas, Monet, Renoir, Caillebotte s'exposent pour notre plus grand contentement dans une présentation qui les met pleinement en valeur. La traditionnelle confrontation avant / après est éloquente :

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Ce nouvel Orsay est un grand succès.

On pourra admirer aussi la qualité des vitrines exposant les sculptures de danseuses de Degas ; sans montant aux angles, elles semblent disparaitre. Le mobilier a été particulièrement soigné, à l'image ce très beau canapé des frères Campana.

 

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De sublimes bancs du designer japonais Tokujin Yoshioka ont été installés au centre des salles impressionnistes. D'une valeur de plus de 200 000 € pièce, ils ont été prêtés pour une durée de 5 ans. Malheureusement, ils sont si beaux et si précieux que l'on ne peut même plus les approcher et surtout pas s'asseoir dessus : un cordon de sécurité les entoure et en interdit l'usage.

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"Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid" disait Théophile Gautier. Les bancs du musée d'Orsay sont vraiment trop beaux pour être utiles !


 

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Le musée de la Révolution française à Vizille

 

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Le beau château de Vizille abrite depuis 1984 le musée de la Révolution française. Le site, le bâtiment, les collections, la muséographie, le frisson de l'histoire que l'on y sent passer, font de ce lieu une réussite admirable.

Le musée est installé dans un beau château du XVIIe siècle, ancienne demeure des ducs de Lesdiguières. Il est entouré d'un grand parc dont le réaménagement récent concilie charme et modernité. 

La visite s'ouvre par une série saisissante d'espaces, d'escaliers et de salles creusés dans le rocher.

Y sont présentées plusieurs toiles de grand format consacrées à la Révolution française. Ce sont pour la plupart des dépôts de musées de région ou du château de Versailles. La muséographie est très inventive : les tableaux, souvent des compositions allégoriques, sont précédés d'une sorte de fossé, le béton et la pierre sont laissés bruts. Les cartels sont remplacés par des inscriptions de très grande taille.

La Révolution française étant un sujet immense, avant tout historique, et potentiellement très polémique, le musée a pris l'habile parti de l'histoire de l'art.

On trouvera sur ce site une présentation vidéo du musée par son directeur.

 

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Le château ayant été également la résidence d'été des présidents de la République entre 1924 et 1960, plusieurs œuvres évoquent cette période. Actuellement une exposition est même spécifiquement consacrée au sujet.

Il reste aujourd'hui principalement le très beau fumoir  aménagé dans le style Art Déco en 1927 par l'architecte Charles Halley. Dans une autre salle, se distingue une superbe tenture, Jets d'eau, 1925, d'après Edouard Bénédictus.

 

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Mais on reste surtout saisi par un tableau ovale, titré Jeunesse (vers 1926). L'auteur est une peintre femme bien mal connue, Mlle R.-M. Guillaume (1876-?). L'image évoque irrésistiblement le visage et la silhouette de Louise Brooks telle qu'elle rayonne dans Loulou (Die Büchse der Pandora / La boite de Pandore), film mythique de Georg Wilhelm Pabst (1929).

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Màj. lundi 21 novembre 2011 : on trouve toute une série d'images des collections du musée sur ce blog très recommandable.

 

 


 

 

17:13 Publié dans Musée | Lien permanent | Commentaires (0)

04 novembre 2011

L'idée et la ligne au musée de Grenoble

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Le musée de Grenoble, qui s'était déjà distingué par sa remarquable politique de publication de son fonds de peinture ancienne, a entrepris depuis quelques années l'étude exhaustive des dessins de ses collections. Ce travail, assez considérable, s'organise selon les principales écoles artistiques : l'Italie, la France et les Pays-Bas. La publication prend la forme d'une exposition avec catalogue pour une sélection des plus belles feuilles et en parallèle la mise en ligne d'une base de données répertoriant l'ensemble des dessins pour chacune des écoles. Cette base est en cours d'élaboration et nous ne manquerons pas d'avertir nos lecteurs lorsqu'elle sera accessible sur Internet.

En 2010, l'exposition et le catalogue De chair et d'esprit permettait de découvrir les plus beaux dessins italiens du musée de Grenoble.

Cette semaine vient de s'ouvrir la deuxième exposition, L'idée et la ligne, consacrée celle-ci aux artistes français. L'accrochage est dû au talent de Guillaume Kazerouni qui a su proposer une présentation très claire et très pédagogique permettant de retracer une véritable petite histoire de l'art français. Le catalogue a été coécrit par lui, par Barbara Brejon de Lavergnée et par moi-même, et il s'ouvre par une préface de Pierre Rosenberg.