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19 septembre 2012

L'Islam au musée du Louvre

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La presse a largement traité cette semaine de l'ouverture des nouvelles salles du musée du Louvre consacrées (principalement mais pas uniquement) aux arts de l'Islam. Il faut dire que la question de l'Islam est régulièrement depuis les événements du 11-Septembre dans l'oeil du cyclone de l'actualité la plus saillante. L'ouverture de ce nouveau département au musée du Louvre fait d'ailleurs écho à la rénovation des salles d'art islamique du Victoria & Albert Museum (2006), du Metropolitan Museum de New York (2011), sans parler de la construction et de l'ouverture du monumental musée d'art islamique de Doha en 2007 (Qatar). Au moment où le monde musulman s'échauffe une nouvelle fois, entre la destruction des mausolées de Tombouctou cet été et les violences de ces derniers jours, on ne pouvait trouver meilleur contraste, plus beau contre-message. L'héritage de l'art est la face lumineuse de toutes les cultures. L'inauguration ce mois-ci des salles du Louvre tombe ainsi à point nommé. L'enjeu était rien moins qu'anodin, le résultat devait être à la hauteur des enjeux. Et l'on se doit de dire que ces nouvelles salles consacrées aux arts de l'Islam sont enthousiasmantes et constituent désormais pour le Louvre un élément d'intérêt tout à fait remarquable.

Ces nouveaux espaces se déploient au centre de la Cour Visconti (aile Denon), au niveau du rez-de-cour et sur un niveau inférieur. Le principe architectural qui prévaut à la construction extérieure dans la cour est audacieux et saisissant. Avec cette nappe souple qui ondule, ces piliers penchés qui la soutiennent, on pense immédiatement à une tente dressée. C'est une tente de bédouins plantée au milieu de la cour d'un palais. Il fallait oser. C'est parfaitement réussi mais assez culotté, avouons-le !

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L'accès à cet espace se fait des différents côtés au travers de portes qui sont comme des tunnels un peu sombres, en béton noir et lisse. Ces passages forment des articulations assez fortes, presque dures mais qui permettent une découverte spectaculaire des nouveaux espaces dans la cour. L'espace de l'Islam est à la fois clairement distinct des autres salles du musée mais également totalement ouvert sur les autres cultures de la Méditerranée : la Grèce antique, l'Egypte copte. 

Une fois entré "sous la tente", on est frappé par la grande transparence des verres et la totale visibilité de l'espace environnant. L'emprise au sol de la cour est extrêmement subtile et on a l'impression d'être en extérieur, simplement sous le voile de la nappe. On accède au niveau inférieur et principal par un escalier du même béton noir et lisse, et l'on découvre en surplomb l'immense salle souterraine. C'est une impressionnante collection au déploiement vertigineux, presque difficile à saisir dans son parcours. Mais est-ce le but ? La visite de cette salle est aussi le plaisir d'une déambulation savante au milieu de milliers d'objets admirables.

Dans ce foisonnement, une chose nous a semblé particulièrement intéressante, c'est la remise en contexte des arts de l'Islam dans une géographie et dans une histoire, c'est-à-dire au sein de l'Orient méditerranéen, et non comme un art solitaire, sans porosité, isolé dans sa pureté fantasmée. Ainsi, juste aux abords, on découvre une mosaïque antique représentant une amazonomachie et des témoignages de l'art chrétien avec un (superbe) pavement d'église et des mosaïques.

 

Soulignons aussi le bel effort de médiation, en direction des visiteurs curieux : cartes animées, vidéos, bornes interactives.

Mais l'ouverture de ces nouvelles salles au musée du Louvre va au-delà des seules frontières de l'art de l'Islam puisque l'on découvre aussi un ensemble plus large de salles parcourant tout l'orient méditerranéen jusqu'à l'Egypte copte. Ces nouvelles salles sont lumineuses et la présentation des œuvres est irréprochable. On retrouve en outre avec plaisir l'accès à l'église de Baouit. 

 Tout n'est pas réussi cependant dans ces nouveaux espaces et il y a des parties étrangement faibles. Ainsi la mezzanine, sombre et bas de plafond, est un peu ratée. L'articulation des deux sections dévolues à l'Orient méditerranéen avec la contrainte d'un passage souterrain est également peu heureuse. Beaucoup de visiteurs sont perdus.

 

La cour Lefuel adjacente a été restaurée et, le jour du vernissage, on pouvait s'y promener. Il était très plaisant de gravir l'escalier à pente douce destiné aux chevaux de Napoléon III.

 

Ces nouvelles salles sont donc l'occasion de nous réjouir de l'embellissement du Louvre. Nous serions heureux si la peinture occidentale pouvait recevoir une telle attention...

 

10:22 Publié dans Musée | Lien permanent | Commentaires (0)

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